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Fernando Alonso a déplacé son curseur sur 22, le nombre de ses victoires en Grand-Prix. En s’imposant à Bahreïn pour la 1ère manche de la saison 2010, l’Espagnol a réitéré l’exploit de l’homme qu’il a remplacé chez Ferrari, Kimi Räikkönen, vainqueur en Australie en 2007 pour sa 1ère course en rouge. Il reste à Alonso à imiter le Finlandais dans 9 mois et coiffer la couronne mondiale…
Le triomphe de la Scuderia est mathématiquement total grâce au doublé assuré par Felipe Massa, mais Sebastian Vettel et Red Bull Racing n’ont capitulé que sur trahison d’un échappement. L’usure des pneus n’a pas été prépondérante dans l’issue du 1er Grand-Prix d’une nouvelle ère marquée par l’interdiction de ravitailler et malgré les espoirs de la FIA, les dépassements se sont opérés au compte-goutte.
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- Est-ce que vous pouvez y faire quelque chose ?
- Négatif, c'est mécanique !
La réponse de l'ingénieur à son pilote, Sebastian Vettel, est tombée comme un couperet sur le cou de la victoire qui se dessinait pour le jeune Allemand. Le son rauque émis par la RB6 n°3 ne laissait aucun espoir : échappement cassé, les cv se sont lentement mais sûrement évaporés comme pour faire honneur à leur patronyme, chevaux vapeurs.
Cet espoir, l'Allemand l'avait pourtant fait naître d'une pole position magistrale, la première de la nouvelle ère de la Formule Un où la pole récompense à nouveau (enfin !) le tandem pilote/voiture le plus rapide. Cet espoir avait grandi à l'instar de son auteur, sorti grandi de ce premier week-end de course. Oublié les prises de position hâtives d'il y a 12 mois lorsque Sebastian avait résisté plus que de raison à Kubica. Du haut de ses 22 ans et malgré le saut dans l'inconnue que représentait le premier Grand-Prix 2010, celui marquant le retour des courses d'endurance (interdiction des ravitaillements oblige) en F1 pour la première fois depuis 29 ans.
A Bahreïn, Vettel a frôlé la perfection : départ propre depuis la pole position, premier tour sûr et solide, il s'est bâti l'avance nécessaire et suffisante pour se mettre à l'abri d'un retour des deux Ferrari qui l’avaient pris en chasse à la faveur des pit stops. Comme souvent dans ce cas, l'écurie fut à l'image de son héros, irréprochable: 4.0 secondes pour changer les 4 pneus (22.2 secondes passées dans l’allée des stands), record de Bahreïn. Mais comme trop souvent l’année dernière, la mécanique de Sebastian n’a pas été à la hauteur de l’homme. Vettel s’est laissé glisser derrière les Ferrari sans opposer de vaine résistance puis a perdu la trentaine de secondes d’avance qu’il comptait sur la seconde locomotive de tête avec maestria et parcimonie, en ne perdant qu’une position supplémentaire au profit de Lewis Hamilton et en parvenant à sauver les points de la 4è place malgré le retour du wagon Rosberg/Schumacher/Button/Webber.
« C’est dommage mais que pouvais-je faire ? » constate Vettel avec dépit, « Globalement ce fut un week-end positif… hormis cette casse. Tout se passait en douceur mais j’ai perdu de la puissance à environ 20 tours de l’arrivée. Heureusement, j’ai pu continuer et terminer à la 4è place, mais nous aurions dû gagner ! »
Devant, le TGV Fernando Alonso n’a donc eu qu’à se baisser pour ramasser sa première victoire sous les couleurs Ferrari. Mais l’Espagnol s’est assuré d’envoyer un message fort à la concurrence en signant coup sur coup 3 records du tour d’excellente facture une fois la voie débarrassée du taureau rouge encombrant. Fernando a profité de la surchauffe du moteur de Massa et d’un problème de dérive de la seconde F10 mais le symbole est fort : l’Asturien a battu le Pauliste dans son jardin, le circuit de Sakhir où il s’est imposé par deux fois, en 2007 et 2008.
« C’est un jour très spécial pour moi. Revenir en haut du podium est toujours particulier mais encore plus au volant d’une Ferrari, avec l’histoire de cette écurie et les attentes qu’un pilote nourrit » avoue Alonso, « Il n’y a pas de meilleure manière de commencer une relation. Je suis dans la meilleure écurie au monde. Premier et deuxième, ce résultat est celui que tous les membres de l’équipe méritent. »
9è met du baume au cœur de Force India qui a perdu toute chance de bénéficier de la stratégie décalée d’Adrian Sutil – 10è sur la grille, l’Allemand avait été le seul à se qualifier avec des pneus durs. Arrivé dans le deuxième virage, Adrian Sutil était percuté par un Kubica en perdition derrière la Red Bull Racing de Webber qui avait opté pour la tactique du poulpe : noyer ses adversaires dans un panache d’encre de boîte. 10è, Barrichello offre un point à Williams qui repart de Bahreïn déçue mais moins que Sauber qui espérait être l’outsider n°1 de la saison.
Le premier Grand-Prix 2010 était une boîte noire qu’il fallait décrypter, dont il fallait anticiper les paramètres et plus particulièrement l’usure des pneus. Heureusement pour les stratèges, le circuit de Sakhir a perdu 14°C entre les qualifications et la course. De 41°C au départ du Grand-Prix, le tarmac a chuté à 33°C à l’arrivée (36°C au moment des pit stops). Les Bridgestone n’ont pas souffert d’une usure prématurée, pas non plus d’un graining trop prononcé. En ce sens, la saison n’est pas totalement lancée : il faudra attendre de voir quels seront les verdicts de Melbourne et Sepang où le thermomètre devrait encore grimper haut et où le bitume peut être plus abrasif.
En modifiant la donne technico-sportive de la Formule Un, la FIA espérait stimuler les dépassements. De ce point de vue, Bahreïn est un constat d’échec. « Il est impossible de dépasser ici et c’est le genre d’action à laquelle il faudra s’attendre dans ce genre d’environnement et de stratégies » a expliqué Michael Schumacher dans une première analyse qui, malheureusement, risque de faire autorité cette saison. |