Tout en gravitant autour du Champ Car et de la Formule Un, Neel Jani se permet de jouer les électrons libres de luxe en A1GP. A Sepang, l’ex pilote essayeur Toro Rosso a planté le drapeau rouge à croix blanche au sommet de la feuille des temps des qualifications. Une première pole position pour la Suisse en se ménageant au passage une avance de près de 3 dixièmes de seconde sur la All Black de Johnny Reid (Nouvelle Zélande).
Sûr de son coup à l’issue des trois premières séances, Jani s’est permis de ne pas participer à la dernière phase des qualifications (seuls les meilleurs temps de deux séances sont additionnés pour former la grille de départ). « C’était plus ou moins ma première qualification de la saison après les évènements de Beijing et décrocher la pole position à cette occasion est particulièrement satisfaisant ! » explique Jani.
« En fait, l’équipe est nouvelle : mécaniciens, ingénieurs, tout est nouveau depuis l’année dernière. La température a grimpé dans le rouge alors que nous nous apprêtions à nous élancer dans la quatrième séance qualificative. J’avais déjà signé deux très bons tours et nous avons donc pensé qu’il était plus sage de faire l’impasse. »
Meilleur performeur des essais libres, Nico Hülkenberg a doublement failli. En ne pouvant rivaliser avec les deux premiers cités tout d’abord, en partant à la faute en second lieu, lors de la première séance qualificative. Avec son statut de favori, le pilote de 19 ans devait, il est vrai, gérer une pression particulièrement élevée, contrairement à celle atmosphérique: une dépression accumulait de gros nuages lourds au dessus de Kuala Lumpur, qui choisissaient le meilleur timing pour déverser leurs grandes eaux : à 15 secondes du début de la première séance qualificative ! Avec plus de vingt pilotes en piste, tous partis le couteau entre les dents pour signer un temps avant que la piste ne soit détrempée, l’incident guettait à chaque plaque d’humidité. Hülkenberg en fut la première victime, emportant dans sa chute l’infortuné Irlandais Michael Devaney. Une collision dont l’Allemand fut tenu responsable par le collège des commissaires, qui estime par ailleurs que Nico aurait pu éviter le contact.
La direction de course a décidé, après moult visualisations des images, d’annuler le meilleur temps de l’Allemand lors de cette session. Hülkenberg ayant été suffisamment véloce par ailleurs, il conserve sa position à l’intérieur de la deuxième ligne de la grille de départ de la manche malaise du championnat A1GP.
« Nous étions tous deux dans un tour rapide et il est allé loin à l’extérieur à la sortie du premier virage ; je pensais donc qu’il me laissait passer, mais ce n’était finalement pas le cas ! » plaide Hülkenberg. « C’était un petit choc et il n’y avait aucun dégât à déplorer. »
Championne en titre, la France n’est pas parvenue à tirer son épingle du jeu, et décroche in extremis une place dans le top 10.