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Pour la première fois depuis 3 ans, Fernando Alonso sent l’odeur de la couronne mondiale. Tous ses sens en éveil, le chasseur de records a réactivé certaines fonctions qui étaient en sommeil en lui depuis l’époque Renault et ses deux chevauchées royales (2005/06) au sein d’une écurie qu’il savait lui être entièrement dévouée – par opposition à McLaren qui a eu l’outrecuidance de ne pas couper les ailes et le talent d’un néophyte devenu champion du monde dès sa 2è année de présence dans la catégorie reine du sport automobile. Alonso a commencé par saper l’aura de Massa en interne puis a tenté – et réussi – de centrer la politique de la Rossa sur sa personne.
Une semaine après sa victoire historique de Monza qui lui a permis d’entrer dans le livre d’or des rouges et des tifosi, l’Asturien est animé d’une détermination farouche ; il a haussé d’un cran sa saine agressivité sur et en dehors de la piste et il harangue son écurie pour mieux la galvaniser. L’opposé d’un Räikkönen qui avait réussi l’exploit de devenir champion du monde à l’issue de sa première saison en rouge en ne faisant parler que son coup de volant.


Après une mauvaise passe qui l’avait vu basculer dans le mode Grincheux, Alonso s’est transformé en Joyeux et rêve de devenir le Prof de l’année 2010. Le zéro pointé de Silverstone, l’accident de Spa-Francorchamps et la menace de sanction d’Hockenheim ont été jetés dans les oubliettes de sa mémoire sportive. « Je savais que ce serait dur mais je n’ai jamais perdu la foi ces derniers temps. Lorsque je suis arrivé à l’usine, à Maranello, la semaine avant la course, j’avais confiance que nous fassions ce qu’il faut pour réactiver nos chances au championnat. Maintenant, quelques jours après ces instants de bonheur à Monza, nous pouvons dire que nous avons fait un pas en avant, en grand ! » s’enflamme le pilote Ferrari.
A Monza, Alonso a bâti un succès qui fera date dans son histoire personnel, dans celle de Ferrari et peut-être dans celle du championnat du monde 2010. Son triomphe s’est articulé sur un pit stop irréprochable au contraire de celui de Button (lire toutes les données dans notre article ‘Le timing et la durée des pit stops ont décidé de l’issue de tous les duels’). Le volant dans une main, la calculatrice dans l’autre, Alonso souligne « Malgré le fait de n’avoir pas marqué de points en Belgique où le premier tour a pesé très lourd dans la balance, j’ai marqué plus de points que n’importe qui dans les quatre dernières courses. »


« Ça nous rend encore plus confiant et le fait que ces résultats aient été obtenus sur des pistes aux caractéristiques très différentes les unes des autres confirme que notre voiture est polyvalente » note l’Espagnol en faisant les comptes : 68 points au compteur contre 59 pour Webber, 42 pour Vettel, 37 pour Hamilton et 32 pour Button. Les perspectives et conclusions sont dans la même lignée que le dernier bilan, « Notre écurie est forte, nous avons une voiture superbe et un formidable esprit. Nous pouvons faire le travail [remporter le championnat du monde] si nous restons calmes et constants lors des 5 dernières courses. » |