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Il n’a que trois ans, combinaison bleue, petit logo rouge sur la poche et casque foncé, lorsqu’il dispute sa première course de karting, près d’Oviedo, en Espagne. Des cales sous chaque pied afin d’atteindre les pédales, Fernando Alonso se frotte à des enfants de cinq ans ses aînés. Des grands. Sur les quinze tours prévus au programme, le petit Espagnol en boucle six. Il adore.
Dix-neuf ans plus tard, à Budapest en 2003, « Gonzo », comme l’appellent ses mécaniciens, retient ses larmes. Mais c’est sur la première marche du podium qu’il ôte sa casquette et écoute l’hymne espagnol. A vingt-deux ans et vingt-six jours, il devient le plus jeune vainqueur de l’histoire du de la F1. Pour la plupart des observateurs, le succès de l’Espagnol n’est pas une surprise. Dans toutes les catégories par lesquelles il est passé en sport automobile, il était le plus jeune. Et il s’est imposé.
Aussi loin qu’il puisse se rappeler, volant, baquet et pédales font partie de son environnement. « Je n’ai que 24 ans, mais j’ai plus de 19 ans d’expérience… », sourit-il, comme gp2006.com le soulignait en fin d'année dernière. Le sport automobile ? C’est une activité, avant tout. « Etre pilote, c’est un métier et c’est un immense privilège. », dit-il.
Le phénomène Alonso est à l’origine d’une nouvelle passion de l’Espagne : la F1. Avant lui, rien n’existait en dehors du football et de la moto. Pour parvenir à cette situation, les sacrifices n’ont pas été rares.

Il y a dix ans, Fernando s’envolait pour l’Italie, loin d’Oviedo, où vivaient ses parents, sa sœur aînée et sa grand-mère. Apprentissage de la vie. Il doit apprendre l’Italien. Partage un appartement avec un mécanicien. Gagne son premier salaire à l’âge de quinze ans et a toujours vécu, depuis, de la course automobile. Fernando suit des cours par correspondance et met un point d’honneur à passer ses examens de retour au pays.
La victoire de 2003 allait marquer le début d’une éclosion. Rapide sur un tour, constant en course, capable de dépasser les adversaires les plus coriaces et de fédérer les 800 membres de son équipe, l’Espagnol muscle peu à peu son jeu et développe un talent naturel rare.
Il remporte trois courses consécutives en début de saison 2005 et, impressionnant de maîtrise, vise le titre mondial. Sachant attaquer lorsqu’il le faut et jouer les points lorsque la victoire est hors de portée, hermétique à la pression, il coiffe la couronne à Sao Paulo puis termine la saison en beauté avec une victoire à Shanghai. Aujourd’hui, Fernando il est le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1.
A quelques semaines de la première course du championnat 2006, Fernando tient à ne pas perdre de vue l’essentiel : gagner des courses, accumuler points, podiums et victoires. « Ma motivation reste inchangée : j’adore me battre, que ce soit sur la piste, au tennis, peu importe ! » s’enthousiasme-t-il. En 2005, il a accompli son rêve. Mais l’objectif pour 2006 n’a pas tardé à se présenter : rééditer !
Source: RenaultF1 |