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Alonso est devenu hier le plus jeune champion de l’histoire du championnat du monde de Formule Un, créé en 1950. Genèse d’un pilote hors du commun : Né en 1981, Fernando avait un talent inné, mais surtout cultivé à un age (3 ans !) où une prédisposition se transforme en art, où le cerveau d’un bambin imprime tout, se façonne, où l’instinct et le naturel prennent le pas sur la réflexion, où l’apprentissage se fait sans y penser. Le volant d’un bolide à quatre roues est devenu comme une excroissance de ses mains, comme une raquette de tennis devient chez les plus jeunes une arme redoutable. Certains sont tombés dedans quand ils étaient petits, touts petits, et sont des adversaires injustes pour leurs congénères qui ont eu une démarche plus réfléchie.
Fernando s’apparente presque à un OGM (Organisme Génétiquement Modifié), son pool génique n’a pas été modifié mais totalement dirigé et stimulé dès le plus jeune âge vers une seule fonction : être le plus rapide sur piste : feeling, vision, aptitude à freiner plus tard et à réaccélérer plus tôt que le commun des mortels, maîtrise de la moindre dérobade de sa machine. L’apprentissage d’un pilote de Formule Un est plus cérébral que celui d’un athlète, qui devra développer une masse musculaire ou des appuis au sol. Un exercice purement physique. Maîtriser une monoplace est une première nature pour Alonso, qui a su tourner un volant avant de savoir lire ou écrire.
José Luis Fernando, un expert en explosifs, a très tôt essayé d’inoculer le virus de la course à sa descendance. Sa fille, Lorena, ayant cassé du bois avec le kart artisanalement conçu et assemblé, le patriarche s’est tourné vers son fils de 3 ans. Les pédales ont dû être adaptées au gabarit du poupon. « C’était juste un jeu au début, mais à 5 ou 6 ans il était clair qu’il mettait tous les autres gamins sous l’éteignoir » raconte José Luis.

A 8 ans, Fernando s’émancipe de ses Asturies natales et devient champion de Galice, puis de Navarre. « Nous ne pouvions financer le passage de Fernando dans les catégories supérieures » se souvient José Luis alors qu’en 1991 le petit Fernando devait voyager dans toutes les provinces espagnoles. « Fernando a toujours été conscient des efforts consentis par la famille. J’étais son mécanicien, sa mère devait se passer de lui les week-ends, les seuls instants qu’elle pouvait passer avec son fils... sans parler de l’argent nécessaire. Fernando a alors compris que sa carrière ne pourrait se poursuivre que s’il s’imposait en course. Il n’a pas déçu. »
En 1992, Fernando est autorisée par sa fédération à s’aligner dans le championnat de karting 100cc, une permission exceptionnelle étant donné son âge, qui aurait dû le cantonner aux séries cadets. « J’ai toujours été le plus jeune de ma catégorie, et je suis donc habitué à battre des records de ce genre, raison pour laquelle cela ne m’impressionne pas trop » explique le nouveau champion du monde de F1. Encore un conditionnement remontant au plus jeune age, un formatage aussi naturel pour lui que fêter son anniversaire en famille pour tout autre gamin haut comme trois pommes. Avez-vous vu des larmes couler sur les joues de Fernando hier sur le podium ou à sa descente de voiture ? Non. Son titre est un aboutissement naturel d’une vie entièrement dévolue au sport automobile. Des larmes auraient coulé s’il n’avait pas atteint un objectif aussi naturel et évident pour lui qu’un apprentissage de la lecture. |