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Fernando Alonso et la Scuderia Ferrari ont renoué avec la victoire qui se refusaient à eux depuis la manche d’ouverture, à disputée à Bahreïn il y a 4 mois. Alonso a bénéficié d’une consigne de course pour déborder Felipe Massa qui avait mystifié son équipier et le poleman, Sebastian Vettel, à l’extinction de la rampe des feux. Un an jour pour jour après son accident gravissime du Hungaroring, le Brésilien est le vainqueur moral de l’après-midi Allemande. 3è, Vettel encaisse le camouflet de sa perte de 2 places avec le sourire grâce à la contreperformance de Webber qu’il rejoint à la 3è place du classement général. Grâce à la ‘Real Politik’ de la Scuderia Ferrari, Fernando Alonso se repositionne dans le sillage du tandem de Red Bull Racing.
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Massa se rappelle au bon souvenir de tous
A 14h heure locale, tous les yeux étaient tournés vers la 1ère ligne de la grille de départ du 57è Grand-Prix d’Allemagne. Spectateurs et observateurs rêvaient d’un duel Vettel/Alonso, deux des 3 ou 4 pilotes dont la cote est au firmament à la bourse des as du volant. A l’extinction de la rampe des feux, tout a été question d’impair : 1) Celui commis par Vettel qui n’est pas parvenu à faire passer au sol la puissance de son RS30 – l’Allemand avait été trop agressif dans le réglage de son embrayage à Silverstone où il avait patiné et a été trop loin dans la prudence à Hockenheim – et qui a tenté de barrer la route à Alonso en ne se méfiant pas de la concurrence qui venait de derrière. 2) L’impair rouge n°7 qui voit un boulevard s’ouvrir devant ses roues et vire en tête.
En prenant la tête du GP d’Allemagne, en la conservant avec autorité après les pit stops et en signant plusieurs records du tour, en tenant également en respect Fernando Alonso et Sebastian Vettel, Felipe Massa a écrit une belle page de son histoire. Un an jour pour jour après son grave accident du Hungaroring (Felipe avait été percuté par le ressort de la suspension de la Brawn GP de Barrichello et avait été plongé dans un coma artificiel), le symbole était fort. Il s’agissait d’une double résurrection pour le Brésilien, à la fois pour cette date anniversaire mais aussi pour se rappeler au bon souvenir de tous après un début de saison problématique au volant d’une F10 qui n’épouse pas les contours de son pilotage.
Real Politik
Real Politik est un terme d’origine Allemande et comme un clin d’œil à l’histoire c’est donc à Hockenheim qu’il ressurgit dans le vocabulaire des professionnels de la F1. Ironiquement, depuis trois jours Automoto365 propose à ses Internautes de se prononcer sur la Real Politik. Notre questionnaire ne comprend pas Ferrari à dessein : Felipe Massa était de toute évidence devenu le n°2 de la Scuderia Ferrari bien avant que le cheval cabré ne cavale en tête du Grand-Prix d’Allemagne. Souvent emprunté et encore plus fréquemment dominé par Fernando Alonso, le Pauliste ne représente plus une chance de titre mondial pour l’écurie de Maranello qui a décidé de donner sa préférence à l’Espagnol.
Ferrari a donc fait sienne cette Real Politik en demandant à Felipe de s’effacer au profit de Fernando au 50è tour. « Fernando est plus rapide que toi. Peux-tu confirmer que tu as bien compris ? » a demandé Rob Smedley à son pilote. 20 tours auparavant, l’ingénieur de la Rossa avait encouragé le Pauliste. « L’écart est de 3 secondes, il faut que tu le maintiennes. Tu peux gagner ! ». Sous-entendu : « Si tu ne maintiens pas l’écart nous devrons agir » ? Les deux jockeys du cheval cabré venaient de se battre à coups de records du tour et si Felipe avait eu le dessus initialement, Fernando avait réduit l’écart à moins d’une seconde. L’Ibérique au sang chaud avait les hématies bouillonnantes en sentant le goût de la victoire et il ne fait aucun doute qu’il aurait tenté de porter une attaque sur son équipier, ici ou là. Plutôt que d’avoir à pleurer des points perdus et à gérer une catastrophe façon Red Bull Racing à Istanbul, Ferrari a préféré gérer les critiques du public en sachant que l’intelligence de Massa évitera que l’écurie soit la proie de la zizanie.
McLaren limite les dégâts, Red Bull Racing non
A Hockenheim, McLaren a respecté à la lettre sa feuille de route qui s’intitulait ‘Limitation des dégâts’. Hamilton a profité de sa vitesse de pointe (les hommes de Martin Whitmarsh avait réglé leur MP4-25 pour la course et avaient délibérément obéré leurs chances en qualifications) pour bondir sur la 4è place au départ et ne plus la lâcher. Button a quant à lui user de sa finesse pour effectuer le plus long relais des gros bras. Le Britannique est ainsi parvenu à dépasser Webber et à se placer dans les échappements de son équipier.
A l’opposé, Red Bull Racing est la grande perdante du week-end Allemand et Vettel a eu bien tort d’arborer un grand sourire sur le podium. Sebastian et Mark ont perdu chacun 2 places entre le départ et l’arrivée. Une rétrogradation qui n’est jamais bon signe et qui fait rarement plaisir à un prétendant à la victoire et au titre. Vettel était heureux de revenir à la hauteur de Webber au championnat mais sa campagne du Bade-Wurtemberg est globalement un échec. Si l’Australien fut l’ombre de lui-même sous le soleil retrouvé d’Hockenheim, c’est que son moteur menaçait de le trahir. La consommation d’huile de son bloc inquiétait son équipe qui lui a demandé de freiner fort et tard pour faire mieux circuler l’huile. Webber s’est exécuté et a ménagé son V8 en vue des prochaines courses où la qualité et le nombre de moteurs restant à chaque pilote pourraient être des facteurs limitant. A Hockenheim, Alonso et Massa ont pioché dans leur réserve et utilisait leur 6è moteur quand les pilotes Red Bull Racing et McLaren disposent d’un propulseur supplémentaire.
Hormis la consigne de course de Ferrari pour laquelle Smedley s’est excusé auprès de son pilote, « Désolé » et qu’il a remercié une fois la ligne d’arrivée franchie « Felipe Massa est de retour aux affaires ! », la 57è édition du GP d’Allemagne fut assez fade. Redressant la tête après des qualifications catastrophiques, Mercedes GP a lentement mais sûrement conquis le top 10 au détriment de Williams qui se sont délitées. Pas de quoi pavoiser pour Rosberg et Schumacher qui ont concédé un tour au vainqueur. Pour la firme à l’étoile, la fessée est sévère dans sa propre arène d’Hockenheim et le combat est ailleurs : Mercedes GP souhaite ouvrir le débat sur l’autorisation de rouler en essais privés afin de pouvoir valider ses développements et donner l’opportunité à Schumacher de se débarrasser de l’épaisse couche de rouille accumulée depuis 3 ans.
A Budapest dans une semaine, les qualifications seront cruciales sur un circuit réfractaire aux dépassements. Les Red Bull Racing excellent en la matière mais il leur reste à renforcer leur maillon faible, la course. Elles se sont élancées 10 fois depuis la pole position et ont un taux de réussite de 50% en course. |