| Keith Saunt est responsable de la production à Enstone. Une tâche qui lui impose de gérer l’urgence et de prévoir l’imprévu. Portrait.
Une usine de F1 est une ruche dont l’activité ne s’arrête jamais. Keith Saunt, dans son bureau d’Enstone, doit superviser la production des 3000 pièces qui composent un châssis de F1. Au moment de l’entrée en piste d’une nouvelle monoplace, son service ne baisse jamais la cadence. Entre la réalisation du stock, la production de pièces prototypes à destination des essais et la fabrication rapide d’éléments à rectifier, ce département travaille à plein régime depuis la fin de la saison dernière.
Entre la F1 et Keith, c’est une histoire d’amour. Premier coup de foudre à l’âge de six ans : le film « Grand Prix » passe a la télévision. Révélation. « Je croyais que tout était réel…. », sourit-il aujourd’hui. Keith est le plus jeune d’une famille de cinq enfants. Sa passion, alors est le football. Il dévore tout ce qui se lit sur le sujet et jette un coup d’œil, de temps à autres, sur les magazines de sport automobile que ses deux frères aînés laissent traîner un peu partout dans la maison. Il se prend au jeu. « Je mettais également un point d’honneur à les battre au Scalextric… », rit-il.
Quelques années plus tard, la F1 devient un quotidien pour Keith, lorsqu’il rejoint l’équipe Lotus, assistant à son premier Grand Prix à Hockenheim en 1988. Il avait quitté son emploi au sein de l’administration locale pour se consacrer dans un premier temps à un projet personnel, une société de consulting en gestion de projet. Puis, une opportunité se présente avec l’équipe Lotus : il n’a pas laissé passer sa chance. « Depuis ce jour, je n’ai jamais regardé en arrière. », dit-il. Au sein de l’équipe britannique, il est en charge de l’adoption d’un système d’achats. Il coordonne ce secteur pour les véhicules de course. Un job à plein temps.
Keith se donne aujourd’hui sans compter pour le challenge Renault F1. « La compétition, l’envie de gagner et le travail d’équipe sont ma motivation quotidienne. », confesse-t-il. Au jour le jour, son rôle ne laisse aucune place à l’improvisation. « Il commence dès le moment où nous commençons à concevoir une nouvelle voiture. », explique-t-il, « Je réalise le planning de production pour toutes les pièces de la monoplace. Des réunions régulières avec les ingénieurs nous aident à progresser dans ce domaine. Une fois que les dessins sont disponibles, je m’assure que les quantités de pièces disponibles sont suffisantes pour l’assemblage de la première voiture, puis pour les essais et les courses à venir. »
Améliorer la productivité et l’efficacité de l’usine font également partie des responsabilités de Keith, qui vient d’écrire un livre sur le sujet : « Dynamic Programme Management : Managing projects the Formula One way », chez l’éditeur Gower. Cet ouvrage sera publié l’année prochaine. L’essentiel de l’activité de Keith y est résumé. Les problèmes à résoudre y sont également évoqués. « Mon rôle est surtout de venir à bout de situations difficiles. », confirme-t-il, « Tous les jours, il faut prendre des décisions dans un environnement en évolution permanente. En fait, dans ce métier, le changement est une constante. »
Le but reste celui de toute l’équipe : obtenir une voiture sans cesse plus rapide. Dans ces conditions, rien ne reste en place bien longtemps : aller de l’avant est une obligation. Un exemple ? Au moment où la R25 est prête à s’envoler pour Melbourne, plus de 50,000 pièces ont déjà été produites rien que pour elle. Vous avez dit vertigineux ?
Source : RenaultF1
| |
 |