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Les sports mécaniques sont plus que n’importe quelle discipline sportive soumis aux aléas du climat. L’adhérence est en toute circonstance un facteur clef dans la performance des bolides qui défient l’asphalte et lorsque les intempéries et/ou le thermomètre s’en mêlent, l’adhérence s’emmêle. La qualité d’exploitation des pneumatiques est à ce point cruciale en F1 qu’elle détermine parfois l’issue d’un championnat. 2008 pourrait en être l’incarnation parfaite.
Qui dit adhérence dit surface de contact avec le sol et dit donc pneumatiques, le seul élément à faire la transition entre la montagne de technologies embarquées sur une monoplace de Formule Un et le bitume brut de réaction. Pour une même monoplace, cette transition peut être synergique ou catastrophique selon les caprices du ciel.
L’exploitation des pneus revêt donc une importance particulière et pour être optimale elle doit tenir compte des 4 dimensions. Tirer la quintessence des Bridgestone est une affaire de température de fonctionnement à la surface et dans les couches externes mais elle doit aussi s’inscrire dans le temps. Les tourments de Kimi Räikkönen en qualifications viennent du fait que le Finlandais ne parvient pas à chauffer ses gommes suffisamment rapidement pour être à l’optimum du potentiel de ses Bridgestone sur un tour lancé unique. A l’opposé, d’autres pilotes ont une fâcheuse tendance à cacheter leurs enveloppes Nippones d’un poinçon brûlant. Dans les deux cas, les vertus et les lacunes de chacun sont exacerbées par les caractéristiques du biotope : température et taux d’hygrométrie.
Le fait n’est pas nouveau et l’enterrement de la hache de guerre des pneumaticiens n’a pas simplifié l’équation. En 2003, dans la canicule d’Hockenheim, Juan Pablo Montoya et ses Michelin avaient humilié sa Majesté Schumacher et son cheval cabré ferré de Bridgestone au point de leur prendre un tour. Quelques semaines plus tard, le manufacturier du soleil levant prenait une revanche éclatante dans des conditions opposées : la pluie d’Indianapolis. En 2008, le championnat pourrait se jouer plus sur les pressions atmosphériques que sportives. Aux mains de Räikkönen, la Ferrari F2008 atteint sa plénitude dans la fournaise et sa courbe de performance est inversement proportionnelle au thermomètre. Si Iceman est dans son élément sous une chaleur de plomb, les flèches d’argent dévient souvent de leur trajectoire en fin de relais lorsque le mercure prend de la hauteur. Entre les deux : Felipe Massa, d’humeur toujours égale en qualifications et qui parvient en toutes circonstances ou presque (la pluie peut être son ennemi) à déjouer les lubies du ciel.
Chez McLaren Mercedes on a pris conscience du phénomène mais le côté imprévisible de la météorologie prévient toute anticipation. « Je pense que Ferrari était contente que le soleil brille Dimanche à Valence car je suis sûr qu’elle se sent bien quand il faut chaud, c’est alors que leur voiture est au meilleure de sa forme » rappelle Martin Whitmarsh, directeur de McLaren Mercedes. « Nous entrons dans une phase extrêmement intéressante où nous ne saurons jamais avec certitude quelles seront les températures que nous aurons lors des prochaines courses : il fera probablement chaud à Monza, beaucoup moins à Singapour, mais les courses de Spa, Fuji, Shanghai et du Brésil peuvent aussi bien se dérouler sous des pluies torrentielles qu’être caniculaires. Indépendamment de ça, nous continuerons d’apporter des changements à notre voiture jusqu’au Brésil. » |