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25 Nov - 06:23
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Barrichello fait des révélations sulfureuses sur l’Autriche 2002

Absent des essais hivernaux, Rubens Barrichello ne fait plus parler de lui sur la piste, mais en dehors. En ouvrant la boîte de Pandore de l’Autriche 2002, le Brésilien est assuré de continuer à faire vivre son nom dans les paddocks. L’espace d’une intersaison…

 

Après 271 présences en Grand-Prix et 16 années d’activité en Formule 1, Rubens Barrichello disparaîtra peut-être du paysage de la plus haute distinction du sport automobile. Dans la froidure de l’hiver et par la petite porte. Privé de jubilé comme l’autre vétéran du plateau 2008, David Coulthard, qui s’est offert des adieux de marque même si passablement écourtés en course par un accrochage dans le premier tour du Grand-Prix du Brésil.

 

Rubinho n’a pas été convoqué par Honda aux essais de Barcelone et ne devrait pas faire partie du voyage de Jerez de la Frontera, du 9 au 11 Décembre. Deux compatriotes passent des entretiens d’embauche in situ et ne rêvent que de lui montrer la porte de sortie. Bruno Senna et Lucas Di Grassi ont tous deux l’argument de la jeunesse à faire valoir et le premier nommé dispose d’un atout maître dans son jeu : son patronyme. Reconstituer le tandem Honda/Senna a de quoi frapper l’imaginaire collectif, tant au sein du directoire du constructeur Nippon que dans le cœur du public.

 

Être tenu à l’écart des traditionnelles pistes dévolues aux essais hivernaux chagrine Barrichello, lui qui n’avait pas manqué de préparation à une saison de Formule 1 depuis 1993. Être une page que l’on tourne sans marque de reconnaissance, prendre conscience qu’il ne sablera plus le champagne sur les podiums les plus vus dans le monde, est au-dessus des forces du Pauliste. Barrichello a la sensation d’être délaissé. Pire, il vit sa quarantaine comme une injustice qu’il a envie de crier au monde entier. Comme pour mieux faire bouger ce colosse au cœur froid qu’est la F1. Si se rappeler au bon souvenir de tous ne peut passer par des exploits en piste, sortir des squelettes du placard a toujours de quoi hanter les principaux intéressés et ravir le public toujours friand des vérités des coulisses ; la manœuvre permet également de faire vivre le nom de Barrichello dans les gazettes F1. Le temps d’une intersaison…

 

   

 

Ceux qui ont toujours voulu tout savoir sur l’épilogue du Grand-Prix d’Autriche 2002 sans jamais oser le demander ont le fin mot de l’histoire, version Barrichello. Pour mémoire, Rubens, qui menait la course alors que l’arrivée était en vue, avait laissé Schumacher s’imposer, par le truchement d’un ralentissement ostentatoire dans le dernier virage. Une manœuvre qui incitera la FIA à interdire les consignes de course l’année suivante. Une directive qui a encore court aujourd’hui, et que Lucas Di Montezemolo souhaiterait voir jeter dans les oubliettes de la F1, afin d’en finir avec l’hypocrisie.

 

Les cloches de Sao Paulo avait tinté la semaine dernière lorsque Barrichello avait annoncé « Le public ne sais pas la moitié de ce que j’ai vécu chez Ferrari. Peut-être qu’un jour il pourra lire la vérité dans un livre. »

Rubinho n’a pas attendu la parution d’un livre. Aussi, malgré les 9 victoires et 55 podiums que lui a apporté la Scuderia Ferrari, malgré le plaisir de s’accomplir professionnellement en pilotant les plus belles machines de leur génération, Barrichello n’hésite pas à poignarder Ferrari en déclarant à la télévision Brésilienne, lors de l’émission Fantastico, « A huit tours de l’arrivée, la discussion avec les stands a commencé. Ils m’ont dit : ‘Derrière toi, il y a Michael, tu sais à quel point c’est important pour le championnat.’ Plus les tours ont passé, plus la conversation est devenue intense. Pourquoi ne l’ai-je laissé passer que dans le dernier virage ? Parce que j’étais arrivé à l’entrée de l’avant-dernier en étant déterminé à ne pas le laisser me dépasser. Mais ils m’ont dit que, si je ne le faisais pas, ils allaient revoir mon contrat. Pour moi, c’était un ordre : il vaut mieux que ce soit toi qui lève le pied, sinon ils vont finir par te renvoyer à la maison. »

 

   

 

Barrichello avoue qu’il a longuement négocié, et qu’il aurait notamment voulu pouvoir demander à Schumacher s’il était au courant de ce qui se tramait dans les dernières boucles de ce Grand-Prix d’Autriche 2002, « Je voulais savoir s’il avait connaissance de tout ce qui se passait, parce que ça n’était pas juste de faire cela devant tout le monde. Ils m’ont dit que ça n’était pas à lui de décider. Mais, chez moi, j’ai des documents qui contiennent toutes les preuves qu’il avait conscience de tout ce qui se passait. »

 

Le son des cloches de Maranello est tout autre. Par l’intermédiaire de Luca Colajanni, son attaché de presse, la Scuderia Ferrari à sobrement répliqué à l’agence Dire : « S’il a vraiment dit ça, ces mots n’ont aucun sens. »

 

Les mots de Barrichello ont un sens très clair. Reflètent-t-il la vérité ? Au moins celle de leur auteur. Une autre vérité est que Rubens a avalisé la consigne en obtempérant en 2002 et qu’en dénigrant son employeur 7 ans plus tard il se dénigre également. Le dilemme était certainement cruel entre loyauté à son employeur, politique d'entreprise et honneur personnel, mais Rubinho aurait pu s’inspirer d’un précédent. René Arnoux avait refusé de laisser passer son équipier, Alain Prost, au GP de France 1982, dans un cadre encore plus sulfureux puisqu’il avait accepté les consignes avant la course.

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