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Jules Bianchi est le premier Français depuis Jean Alesi à prendre le volant d’une Ferrari au cours d’une séance officielle. Le Varois a signé un contrat portant sur plusieurs années avec le cheval cabré et devient de facto l’espoir hexagonal numéro 1 dans la catégorie pilote.
Sans accroc dans son parcours lors des deux ou trois prochaines années – s’il fait montre de la même vélocité et de la même application et de la même progression que depuis ses débuts dans le sport automobile –, le scenario idéal devrait l’amener à prendre place sur les grilles de départ des Grand-Prix avec la Rossa, son écurie de cœur. « Je suis heureux, même si au début, mon cœur battait très fort et j’avais du mal à réaliser que j’allais m’installer dans le cockpit d’une Ferrari », reconnaît Jules, « Il est impossible de décrire exactement ce que je ressens en faisant partie de la Scuderia, même si ce n’est que pour 48 heures.
En attendant de viser plus haut plus fort plus loin, Jules apprend les méthodes de travail de la Scuderia Ferrari, fait connaissance avec son personnel et prend ses marques au volant d’une F1. La première journée, productive, en appelait une autre. Lundi soir, Jules expliquait « Au début, je faisais attention de ne pas commettre de faute, puis une fois en confiance j’ai attaqué un peu plus. L’esprit de l’équipe est incroyable et j’espère avoir fait une impression positive. Je veux faire encore mieux demain ». Sa conclusion aurait pu laisser penser qu’il irait taquiner le chronomètre hier mardi, mais son programme ne le lui permettait pas. En essais privés, la qualité du travail d’un pilote ne dépend pas uniquement de sa feuille des temps… « Je sais que je n’étais pas particulièrement rapide, mais courir en configuration course vous permet d’en apprendre énormément » explique Jules. « Avec l’aide de l’écurie, j’apprends l’auto, surtout son maniement lorsqu’il faut enchaîner des tours constants, ce qui me semble être très positif. »
Si Jules est original dans ses trajectoires, son agressivité contenue et sa détermination, il verse en revanche dans le même créneau que tout jeune pilote qui connaît son baptême de la F1 : le plus impressionnant ? La puissance du moteur et des freins, les passages en grandes courbes. « Rouler avec autant de poids à bord m’a aidé à comprendre ce qui m’attend l’année prochaine : gagner en GP2 est mon objectif, même si je n’oublierai pas cette expérience de sitôt, pas plus que la préparation requise pour entrer dans le monde de la F1. »
Demain, les trois premiers du championnat F3 Italie, Daniel Zampieri, Marco Zipoli et Pablo Sanchez Lopez se relaieront au volant de la seule F60 autorisée à rouler à Jerez de la Frontera. « Aux eux, je leur conseillerai de ne pas chercher la limite immédiatement, mais de se laisser guider par l’équipe car nous, jeunes pilotes, qui avons encore un long chemin à faire, pouvons apprendre énormément d’elle » explique Jules avec la sagesse d’un vieux briscard. « J’ai énormément appris, y compris ce que ça veut dire d’aller en débriefing avec 15 ingénieurs car je suis habitué à parler à une seule personne après mes roulages. » |