Le petit monde de la F1 retient son souffle. BMW a convoqué la presse internationale dans ses quartiers généraux, à Munich, à 10h heure de Paris (4h heure de Montréal). L’ordre du jour n’a pas été dévoilé mais l’ampleur de la convocation ainsi que l’identité des personnes qui siègeront sur l’estrade principale – Mario Theissen (directeur de BMW Motorsport, Klaus Draeger, directeur du développement de BMW et Norbert Reithofer, président général du directoire de BMW – suggère qu’une annonce capitale sera effectuée et qu’elle concernera le département sportif de la marque à l’hélice.
Le timing de l’annonce est d’autant plus inquiétant que les nouveaux Accords Concorde doivent être prochainement signés et que l’on peut imaginer que leur officialisation couperait l’herbe sous le pied du constructeur Bavarois, qui pourrait recentrer ses activités sur l’endurance – un projet 24h du Mans le chatouille depuis quelques années – ou encore quitter le championnat du monde des voitures de tourisme où il est mis sous l’éteignoir par Seat depuis deux saisons et pour lequel elle a exprimé les plus vives réticences après le revirement de la FIA dans les règlementations techniques 2009. Beaucoup craignent que l’annonce concerne la F1 mais ce serait oublier que Mario Theissen chapeaute également le projet BMW en WTCC.
Le retrait de BMW serait à la fois surprenant et logique. Le constructeur Allemand a racheté l’écurie Sauber en 2005 et a mis deux ans pour la façonner à son image et la rendre productive en vue d’une accession au titre mondiale. Elle a tutoyé les sommets l’année dernière et ce ne sont pas les contreperformances de 2009 – principalement dues à coup de Jarnac de la FIA qui, l’hiver dernier, a autorisé aux uns ce qu’elle a refusé aux autres sous une forme légèrement différente : un diffuseur multiple. Autre argument en faveur de la pérennisation de BMW en F1, le rythme du développement de la F1.09, jamais ralenti malgré les échecs répétés. Autre piste plausible : un changement majeur à la tête de BMW Motorsport. Mais BMW a très souvent manifesté son hostilité aux orientations prises par la F1 ces dernières années, et en tant que petit constructeur, il subit plus la récession que son compatriote Mercedes.