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Bob Bell, directeur châssis Renault, détaille la philosophie de la R26, agressive et en droite ligne de la R25 championne du monde...
Bob, la R26 a-t-elle été conçue autour d’une philosophie spécifique ?
La R26 est un développement agressif basé sur une philosophie de conception éprouvée et couronnée de succès. La R25 n’avait aucune véritable faiblesse, ce qui s’est traduit par notre victoire au championnat. La tâche, pour 2006, était d’évaluer l’impact du changement de règlement moteur sur le châssis, d’intégrer les nouveaux défis à relever, et de poursuivre le développement en accord avec un règlement châssis stable. Nous avons cherché à gagner du poids, à faire plus rigide et à améliorer la voiture dans tous les domaines.
Quel a été l’impact de l’apparition des V8 sur la conception des monoplaces ?
Le plus évident concerne le ‘packaging’ des voitures. Le moteur V8 est sensiblement plus court qu’un V10. Il a fallu évaluer de nouveau l’architecture mécanique de la voiture avant de prendre des décisions importantes. Par exemple, il nous a fallu intégrer les vibrations externes plus prononcées du V8 lors du dessin des éléments périphériques et des joints afin d’être certains qu’ils puissent supporter ce nouvel environnement opérationnel. Enfin, pour la première fois chez Renault, nous avons dû adapter la configuration mécanique de la voiture à une architecture à 90°, un angle plus ouvert que celui du moteur précédent.
Ce changement de règlement moteur a-t-il été très sensible au niveau du design du châssis ?
Pour être franc, le changement d’architecture moteur ne crée pas de différence énorme. Il y a une continuité dans le règlement châssis, et le dialogue entre les équipes d’Enstone et de Viry est efficace. Cela nous a permis de garantir l’installation optimale du moteur dans le châssis. Je pense qu’une voiture qui était rapide en 2005 le sera encore en 2006.
Quelles sont les plus grandes différences entre la R26 et son aînée ?
Visuellement, le package aérodynamique est complètement nouveau. Ce qui frappe, ce sont les pontons plus petits : ils prennent en compte les demandes de refroidissement moindres du V8. De plus, aucune pièce de carrosserie de la R25 n’a été reconduite sur la R26. Sous cette peau, la différence majeure concerne l’utilisation d’une boîte de vitesses à 7 rapports en titane. Une première pour nous. Les moteurs V8 disposent de moins de couple que les V10 : passer à une boîte 7 nous permettra d’exploiter avec efficacité les caractéristiques de puissance et de couple du nouveau moteur.
En 2005, vous avez développé la voiture jusqu’à la dernière course. Le programme sera-t-il aussi ambitieux en 2006 ?
Absolument. Nous avons déjà prévu d’apporter des développements prometteurs sur le court terme et le moyen terme. Cela inclut une remise à niveau aérodynamique majeure avant les premières courses. La voiture que nous utiliserons à Bahreïn sera très différente de la machine que nous utiliserons en essais.
Enfin, la R26 devra défendre les titres mondiaux acquis en 2005. Pourra-t-elle y parvenir ?
Nous le pensons. Cette année plus que jamais, le véritable niveau de compétitivité entre les équipes ne sera pas connu avant les premiers roulages sérieux lors de la première course. Par conséquent, il sera inutile de conclure quoi que ce soit avant ce rendez-vous. Nous savons qu’après une bonne saison, il est parfois difficile de conserver son élan. Nous n’avons pas été trop confiants et notre approche n’a pas été conservatrice. Même chose pour Viry, où l’équipe moteur a fait un travail fantastique en déterminant l’équilibre fiabilité/performance. La R26 illustre l’agressivité sportive de l’équipe : elle confirme que nous devons rester les meilleurs en 2006.
Source : RenaultF1 |