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13 Sept - 16:15
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Brawn GP par KO !

Brawn GP a signé son 4è doublé de la saison en Italie, avec sans surprise Barrichello dans le rôle du leader et Button dans celui d’outsider impuissant et admiratif. Le carton plein des hommes de Ross Brawn est un hommage au patron et stratège de l’écurie qui a mystifié les monoplaces équipées du KERS grâce une tactique élaborée dès les qualifications.

Le KO est double avec la sortie de piste d’Hamilton dans le dernier tour alors que l’Anglais tentait de subtiliser la 2è place à Button, et la Berezina de Red Bull Racing à Monza (Vettel marque un point, grâce à l’accident de Lewis). Pour faire barrage à la marche victorieuse de Brawn GP, Red Bull Racing doit désormais marquer plus de 10 points que l’écurie de Brackley dans chacune des 4 dernières épreuves. Jusqu’à présent, elle n’y est parvenue qu’une fois dans l’année…

3è devant les tifosi et devant un impeccable Sutil, Räikkönen monte sur son 4è podium consécutif et devient une menace pour les pilotes Red Bull Racing au championnat Conducteurs.

 

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Méfiez-vous d’un fauve blessé, telle pourrait être la morale du Grand-Prix d’Italie 2009. Honnie en Belgique où elle avait enregistrée son premier résultat vierge de la saison, Brawn GP a répliqué de la plus belle manière qui soit en remportant le duel sportif et tactique du GP d’Italie pour mieux assommer à la fois Red Bull Racing et Lewis Hamilton.

 

Toujours prompte à brûler ce qu’elle a adulé, depuis le Grand-Prix de Grande-Bretagne où Jenson Button avait fait faux bond à son public, la presse Britannique remplissait ses colonnes de critiques acerbes à l’endroit de son ex future idole. Comme si le pilote du Somerset était du genre à craquer sous la pression ou à perdre sa maestria sous l’effet du succès. Confronté à des conditions de course qui ne flattaient pas son talent – dont l’expression, car particulièrement fine et pointue, est plus exigeante que celle d’un Barrichello –, Button attendait patiemment son heure, en limitant les dégâts. La marque des pilotes intelligents qui savent faire passer leur orgueil au second plan et se contenter des accessits dans l’optique d’un championnat. La seule rature dans la copie rendue par Button ? Avoir subi la domination de Barrichello en qualifications alors que son réservoir contenait 1,5kg d’essence de moins que celui du Brésilien. Rubens, dont le retour en grâce se confirme après un début de saison chaotique, a virtuellement gagné la course le Samedi après-midi en prenant le meilleur sur Button. Les deux hommes ont fait la même course et sans une erreur en piste ou aux stands, sans un pépin mécanique, il était logique que le plus incisif au départ croque dans la victoire. Un caprice de la BGP 001 ? Barrichello n’en est pas passé loin ! « Nous ne savions absolument pas où en était notre boîte de vitesses. Elle avait eu une fuite d’huile à Spa, mais elle a tenu le choc et elle a fait ses 4 GP. J’en suis le 1er surpris ! » jubile Rubinho.

 

Sur le papier, le favori n°1 de l’épreuve s’appelait Kovalainen. Singulièrement alourdi en qualifications par rapport à son équipier et poleman, à Sutil et à Räikkönen, le pilote de Suomussalmi s’était attiré la faveur des pronostics du paddock. Chez McLaren Mercedes, a posteriori on regrettait même de n’avoir pas inversé les stratégies des deux flèches. Kovalainen et sa stratégie à un seul ravitaillement – contrairement aux 2 du tiercé de tête de la grille de départ – avait un avantage chronométrique théorique. C’était oublier que le Finlandais n’est pas du genre pit bull. Mordu par Barrichello dès l’extinction des feux (malgré son KERS !), Kovalainen a laissé Button lui rogner une position dès le premier tour, puis s’est encore fait grignoter par Liuzzi et Alonso. Heikki a certainement rajouté des croix dans la colonne des inconvénients à la reconduction de son contrat McLaren Mercedes. « J’ai pris un bon départ et même si Kovalainen arrivait assez vite dans le premier virage j’ai pu me défendre et conserver ma place en sortant un peu large » explique Barrichello. « Il fallait prendre le dessus sur les voitures équipées du KERS au départ ; ce n’était pas facile mais Kovalainen était en difficulté et j’ai réussi à le passer » renchérit Jenson Button.

 

   

 

L’épouvantail Kovalainen mis en charpie, la horde de BGP 001 a laissé filer les gazelles pendant le premier relais. Hamilton possédait 7 secondes d’avance sur le duo Räikkönen/Sutil avant son 1er ravitaillement, mais seulement 17 sur Barrichello et 20 sur Button. En ressortant derrière la paire Brawn GP, Hamilton avait une mission : galoper à raison de 0,5 seconde au tour plus vite que les fuyards. Mais au contraire le chasseur est devenu gibier ! Hamilton accusait 10,5 secondes de retard sur Barrichello au sortir de son pit stop, 14,5 au moment de l’unique ravitaillement de ce dernier. Pour le champion du monde en titre, la dernière chance de s’imposer en Italie était de creuser un écart de plus de 24 secondes sur Barrichello avant son dernier passage par les stands. Son avance n’était que de 16 secondes au 34è tour lorsqu’il passait par la pompe. Le tandem de Siamois Räikkönen/Sutil subissait le même échec, 300 mètres derrière l’Anglais. Les fauves de Brawn GP ont sauté sur le festin à la sauce Italienne. Le bonheur est complet pour les hommes de Brackley et seul Button gardait une dent contre le résultat final… « J’aimerais bien être à la place de Rubens mais je dois le féliciter. Je prends 7 points à Vettel et Rubens reste mon rival le plus proche… Dans le dernier relais j’avais le sentiment d’être plus rapide que lui. Mon rythme était bon et Lewis me mettait sous pression en attaquant comme un damné. Il est sorti et j’espère qu’il va bien. Rubens et moi sommes tous les deux compétitifs, on ira jusqu’au bout. »

 

La gazelle grise s’est en effet pris les pieds dans la savane Lombarde. N’ayant rien à perdre car sachant ses chances de conserver son titre infinitésimale, Lewis Hamilton st revenu dans les échappements de Button… puis a perdu l’adhérence dans le second Lesmo. Voiture détruite. Ambition de podium reconstruite pour le héros des tifosi. « J’ai pris un très bon départ mais ça s’est corsé avec Lewis car j’ai dû passer sur le bas-côté, un peu dans l’herbe et c’était assez chaud » raconte Räikkönen sans prétendre qu’il aurait pu être le Roi de la jungle de Monza aujourd’hui, « Mais je ne pense pas que le dépasser au départ aurait changé grand-chose. On récupère la 3è place, c’est un cadeau de dernière minute mais je ne crache pas dessus. On a besoin de points. Bon, il est décevant d’être au maximum et d’être si loin de la victoire, ce n’est pas idéal pour l’équipe ni pour moi mais on fait du mieux qu’on peut avec ce que l’on a et ce podium est agréable également pour les tifosi. J’espère qu’on pourra parfois créer la surprise dans les courses qu’il reste à disputer. »

 

Le taureau rouge ? Aux abonnés absents, comme si l’animal s’était trompé de biotope. Ni gazelle ni fauve, tout juste paresseux agrippé à sa branche, la 8è in extremis grâce à l’accident d’Hamilton. Vettel a sauvé un point, Webber a abandonné dès le premier tour lorsque Kubica lui a tendu un croc-en-jambe. Au championnat Conducteurs, Vettel doit combler un déficit de 26 points pour revenir à la hauteur de Button et Red Bull Racing doit en moyenne marquer 10,5 points de plus que Brawn GP. Jusqu’à présent, elle n’y est parvenue qu’une fois en 13 tentatives. Oui, Brawn GP a gagné par double KO. Le titre Constructeurs ne devrait plus lui échapper et à moins d’un concours de circonstances improbable, celui des Conducteurs se jouera entre Button et Barrichello.

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