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29 Mars - 10:25
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Brawn GP, récit d'un doublé historique

Allocataire de la 1ère ligne de la grille de départ de Melbourne, Brawn GP a signé un retentissant doublé dès sa 1ère participation à un Grand-Prix. Button et Barrichello ont évité l’hécatombe et devancent les 3 pilotes qui se sont élancés derniers, Trulli, Hamilton, Glock ! Pour Ferrari, l’histoire se répète en Australie : la Scuderia enregistre un double abandon.

 

Météo : Soleil

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Un doublé historique

 

A l’instar de Wolf qui avait bousculé la hiérarchie en 1977 en propulsant son unique monoplace et son pilote, Jody Scheckter, sur la 1ère marche du podium de la 1ère manche de la saison, Brawn GP est entrée dans l’Histoire. De manière doublement fracassante. Le premier fracas s’est fait entendre au 18è tour, lorsque Kazuki Nakajima a détruit sa monoplace contre un mur de protection après avoir mordu trop généreusement sur un vibreur. La FW31 a vomi débris et museau sous la violence de l’impact. Logiquement, la neutralisation de la course s’imposait, sans délai. Mais le fracas avait un écho, moins assourdissant sur le coup, mais lancinant, comme toute résonance…

 

Histoire d’une neutralisation retardée

 

Jenson Button était alors un leader incontesté. Parti de la pole position, le Britannique avait viré en tête devant Vettel, qui tenait tête à Massa, Kubica, Räikkönen et Rosberg (profitant de leurs KERS et de pneus tendres, les Ferrari avaient bondi des 6è et 7è places). Barrichello ? Le vétéran a-t-il perdu l’habitude des départs, engourdi par un hiver trop long et handicapé par un laps de temps insuffisant pour une préparation idéale (la Brawn GP BGP-001 a été portée sur les fonts baptismaux moins d’un mois avant le 25è GP d’Australie) ? L’embrayage a patiné et Rubinho a chuté de la 1ère ligne au 7è rang.

 

Au moment où Nakajima a perdu le contrôle de sa Williams, les poursuivants de Button avait tous ravitaillé. Jenson venait d’entamer sa 19è révolution du tracé de l’Albert Park et la voiture de sécurité avait logiquement allumé ses feux, annonçant ainsi une entrée en piste frappée au coin du bon sens. Puis les feux se sont éteints. Jenson a terminé son tour et a ravitaillé. Troublante coïncidence, les feux de la voiture de sécurité se sont rallumés et la neutralisation s’est opérée au moment opportun pour le leadership de Button. Le safety car a laissé passer les Vettel, Kubica, Massa et consorts, et a roulé au ralenti pour attendre Jenson.

 

L’histoire bégaie

 

L’Histoire a bégayé pour Ferrari. 3è et 5è au re-start (24è tour), Massa et Räikkönen n’ont pas vu l’arrivée. Comme en 2008, le Finlandais a mis une roue dans l’herbe (43è tour). Sa F60 a brossé le mur et est rentrée aux stands pour changer de pneus et se refaire une beauté. Elle abandonnera en vue de l’arrivée (Kimi était alors 14è), afin de préserver moteur et boîte d’une nouvelle neutralisation qui martyrise propulseurs et transmissions.

 

Trois tours plus tard, c’était au tour de Felipe Massa d’embrasser le funeste destin du cheval cabré en Australie – toujours aux antipodes de ses espérances. La fumée qui s’échappait de la F60 ne présage rien de bon pour l’ensemble moteur/boîte du Brésilien (chaque pilote dispose de 8 moteurs pour l’ensemble de la saison, les boîtes doivent effectuer 4 week-ends de Grand-Prix).

 

C’est l’histoire d’un mec

 

« C’est l’histoire d’un mec… », disait Coluche dans l’une de ses sorties humoristiques passées à la postérité et qui mettait en scène un ‘loser’ sur un pont. A Melbourne, la (mauvaise) blague concernait 2 mecs ; ils étaient tous les deux sur le pont pour s’assurer la 2è place derrière Button. Vettel en pneus tendres détruits, Kubica en Bridgestone durs et naviguant 1 seconde plus vite que l’Allemand (1:30.170 a 55è passage contre 1:31.092) avec lequel il avait fait la jonction. Ces 2 néo-vainqueurs de GP (ils ont remporté leur 1er succès en 2008) sont tout sauf des losers. Ils ont pourtant perdu gros dans cet accrochage, à 3 tours de l’arrivée. Vettel a pris la trajectoire intérieure en vue du freinage, histoire de protéger sa place avec le peu d’armes qui lui restait. Kubica a choisi l’extérieur. Le Polonais aurait pu attendre 2 virages supplémentaires pour occire le taureau rouge à l’agonie. La bête meurtrie a fait un écart, sabots endoloris et développant un énorme graining. Le contact était inévitable, le double abandon également. C’est l’histoire de 2 mecs, incroyablement talentueux mais encore jeunes, qui apprennent encore de leurs erreurs…

 

Pied de nez à l’histoire

 

Rubens Barrichello a fait un pied de nez à l’histoire. Le 2è fracas de la course, déclenché par les artificiers Vettel/Kubica, a servi les desseins du Pauliste. Sa carrière était au point mort dès le soir du dernier GP du Brésil. Chacun, y compris son employeur de l’époque, Honda, avait tiré un trait sur celui qui ne devait pas faire l’année de trop (les débuts de Barrichello en F1 remontent à 1993). Profitant de l’expérience et de la sagesse qui ont tant fait défaut au couple Sebastian/Robert, Barrichello est lentement mais sûrement remonté au 2è rang pour permettre à Brawn GP de signer un doublé retentissant.

 

Le pied de nez est aussi le fait de trois larrons partis des 3 dernières places : Hamilton sur la grille de départ et les 2 sociétaires de l’écurie Toyota depuis les stands. Les derniers ont été les premiers des autres, derrière les Brawn GP. Une gestion de course admirable, un coup de pouce du destin et le talent ont permis à Trulli, Hamilton et Glock de faire un pied de nez au sort et de convertir leur enfer en paradis.

 

L’histoire en marche ?

 

L’histoire de la domination de Brawn GP est-elle en marche ? Rien n’est moins sûr. Le tracé de l’Albert Park est atypique, la Red Bull Racing RB5 est diablement efficace et ne dispose pas d’un diffuseur miracle avec lequel elle pourrait gagner 0,5 seconde s’il devait être définitivement adoubé par le Tribunal d’Appel de la FIA, le 14 Avril. Le cheval cabré franchira les obstacles et les flèches d’argent auront bientôt le potentiel pour taper dans le mille. Le 60è championnat du monde de Formule 1 ne fait que commencer, et son histoire est belle !

 

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