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2009 fut une année unique dans l’histoire de la Formule Un. L’année de sa création – qui, il est vrai, ne partait pas d’une feuille blanche mais d’une structure aux fondations solides – une écurie a remporté les deux championnats du monde (Constructeurs et Conducteurs). Honda Racing est mort, vive Brawn GP ! Mais le Roi de la saison passée à passé la main à son tour en vendant la majorité de ses parts à Mercedes. Il en allait de sa survie et de sa capacité à faire honneur à ses deux titres mondiaux. « J’avais des sentiments mitigés sur certains aspects de ce sujet » reconnaît Ross Brawn dans les colonnes du Telegraph, « Mais c’était une excellente opportunité de consolider l’équipe et d’aller de l’avant. Nous nous devons d’être une écurie qui sera encore bien présente. »
Fraîchement récompensé par la remise du trophée Colin Chapman, Ross Brawn fait honneur au génial inventeur qui a fondé Lotus et dont les percées techniques ont contribué au succès de son écurie ainsi qu’à l’évolution de la F1. Le succès de Lotus est souvent venu d’innovations spectaculaires telles que le premier châssis monocoque, un moteur arrière parfaitement intégré aux spécifications du châssis, les F1 à jupes coulissantes (effet de sol). Le Britannique avait 10 ans d’avance sur ses pairs lorsqu’il initiait le projet des suspensions actives, au début des années 80, avant qu’une crise cardiaque l’emporte.
Les similitudes entre Chapman et Brawn sont tangibles. Dans un cadre technique ressemblant à un carcan destructeur de créativité, Ross a su trouver l’astuce ultime – le diffuseur double – et le magnifier au contraire de Toyota et Williams qui, malgré une utilisation précoce de l’appendice aérodynamique, n’ont jamais réellement tiré avantage de l’atout technique n°1 en 2009. En Février 2009, personne n’aurait parié un Kopeck sur Brawn GP. 10 mois plus tard, l’écurie de Brackley régnait sur le toit du monde de la F1. 2010 sera l’année de tous les dangers. Celle où de prestigieux patronymes – Brawn, Schumacher – et où les nouvelles flèches d’argent n’auront pas le droit à l’erreur. La pression monte et Ross la ressent, « On doit s’attendre à ce que McLaren et Ferrari soient fortes. La saison prochaine sera encore plus difficile que la précédente ! » |