Briatore met les contre-performances d’Alonso sur le dos de la R24
Après une première année en jaune et bleu dans l’ombre des pilotes titulaires, passée à limer le bitume en solitaire en essais privés afin de revenir en Grand-Prix dans les meilleures conditions, Fernando Alonso a éclaboussé le plateau F1 de son agressivité et de sa détermination en 2003. Une victoire en Hongrie acquise de main de maître (même si grandement facilitée par le bouchon Webber), quatre podiums et deux Poles Positions plus tard (dont une flamboyante en Malaisie qui lui valut de devenir le plus jeune Poleman de l'Histoire), le pilote d’Oviedo se posait comme l’un des grands talents en devenir de la Formule Un.
2004 l’aura fait redescendre d’un piédestal sur lequel il était monté trop tôt. Jarno Trulli a pris la mesure de son coéquipier qui, sous pression, est parti à la faute à plus d’une reprise, la plus spectaculaire étant sa sortie de route sous le tunnel de Monaco en voulant déborder Ralf Schumacher trop tôt, de peur de laisser filer Jarno. Sans l’éviction du pilote de Pescara de l’écurie Renault, Alonso aurait terminé l’exercice 2004 derrière son coéquipier, ce qui aurait été du plus mauvais effet pour un futur champion déjà annoncé en grandes pompes.
Son manager, protecteur et patron Flavio Briatore pense cependant que les contre-performances enregistrées par Alonso sont essentiellement le fait d’une monoplace rétive. « Notre voiture 2004 était beaucoup plus difficile à conduire que le modèle précédant, ce qui l’a mis hors course à plusieurs reprises » affirme Briatore, qui attend beaucoup de son duo de pilotes 2005.
« Je confesse qu’il paraît illogique d’embaucher à nouveau Giancarlo après l’avoir laissé partir en 2001. Mais notre désaccord de l’époque était purement financier » explique Briatore, qui avait refusé d’exercer l’option que Renault possédait sur Fisichella à la fin 2001, afin d’éviter de le payer 2 millions de dollars de plus que l’année précédente... « Ce sera enfin sa véritable occasion, la dernière de faire quelque chose de grand ! »