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24 Mai - 16:35
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Button Über Alles

Jenson Button a rajouté à son palmarès le Grand-Prix le plus médiatisé et le plus prestigieux du calendrier du championnat du monde de Formule Un. Le Britannique fait honneur aux propos élogieux de son patron, Ross Brawn, qui a amorcé une comparaison Button/Schumacher. Il prend également un ascendant majeur sur ses rivaux en comptabilisant plus du double de points que son plus proche poursuivant (hormis Barrichello), Sebastian Vettel qui, en partant à la faute à Monaco, a rappelé à chacun qu’il était encore un peu tendre pour enfiler la combinaison de favori. Le cheval cabré redresse la tête avec son premier podium de la saison, signé Räikkönen. A l’opposé de la hiérarchie, BMW Sauber, Toyota et McLaren Mercedes se sont cassées les dents et la réputation sur le Rocher.

 

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Monaco 14h04, les 20 pilotes du championnat du monde prennent place sur la grille de départ. Extinction des feux rouge. Button s’arrache impeccablement de la pole position pendant que son partenaire de 1ère ligne, Kimi Räikkönen, cherche désespérément l’adhérence. Barrichello déborde le Finlandais… 14h05, Game Over !

 

Le Grand-Prix de Monaco s’est comme très souvent joué en qualifications et au premier freinage. Le cru 2009 n’a pas eu la vivacité de certains grands millésimes. Brawn GP a une nouvelle fois triomphé sur le plan de la stratégie, toujours au service d’une compétitivité hors pair. En confiant des gommes tendres à ses pilotes pour le premier relais de la course, l’écurie de Brackley espérait contrer le KERS des Ferrari. Mission réussie, et même mieux. C’est en mordant à pleine dans le bitume Monégasque que les pneus à épaulement vert ont collaboré à l’envol fructueux de Rubens Barrichello. « Comme à Barcelone, j’ai pris un excellent départ » récite Rubens avec une impression de déjà-vu dans le départ comme dans l’arrivée qui a vu les Brawn GP signer leur 3è doublé de la saison, toujours dans l’ordre Button/Barrichello. Il s’agit du 2è doublé en 2 Grand-Prix depuis le retour de la F1 sur le vieux continent. Un véritable pied de nez à ceux qui espéraient que l’arrivée sur le sol Européen s’accompagne d’une redistribution des cartes.

 

« J’ai dépassé Kimi et mon rythme était excellent » poursuit Barrichello. Mais en voulant coller au train de son équipier – voulait-il éviter les critiques de Barcelone où Jenson l’avait taxé de pilote lent en début de course ? – Rubens a creusé sa propre tombe. « En fait, j’étais trop près et j’ai détruit mes pneus arrière » reconnaît Rubens en essayant de se rassurer, « Mais en fait, lorsque vous y regardez bien, la course s’est jouée hier, car lorsque vous partez en tête ici, vous êtes animé par une force psychologique très forte. »

 

Bien protégé par un Barrichello en perte de vitesse, Button a vu son avance sur Räikkönen grimper à 11,4 secondes au 14è tour. Ferrari a senti la course lui filer entre les doigts et a devancé le ravitaillement de Räikkönen. Peine perdue, Brawn GP a calqué sa stratégie sur celle de sa rivale du jour. Après Toyota, BMW Sauber et Red Bull Racing, c’était au tour de Ferrari de passer à la moulinette Brawn GP ! « Ce n’est pas la 1ère fois que je suis 2è sur la grille et que je me fais avoir au départ » souffle Räikkönen en dédramatisant l’évènement, « Ça glissait et j’avais des pneus durs et donc moins d’adhérence. Ce n’était pas agréable à vivre mais je n’y pouvais rien. J’ai essayé de rester au contact, finalement mon 2è relais était le plus long et je ne sais pas ce qu’il s’est passé au pit stop mais nous avons perdu du temps. Il faut savoir se montrer philosophe, je suis personnellement déçu mais ce résultat est bon pour l’équipe.»

 

Les rétroviseurs de Räikkönen ont rapidement perdu leur teinte bleue. En délicatesse avec des pneus tendres qui ont vu leur santé se dégrader en l’espace de 5 tours, Vettel a effectué son premier pit stop au 8è passage. Reparti le couteau entre les dents, l’Allemand a été l’une des victimes des rails de Monaco, avec Kovalainen et Nakajima. Rosberg et Massa ont remplacé Vettel dans la chasse à la 3è marche du podium. L’Allemand a fait un sort au Brésilien lorsque ce dernier s’est laissé emporter par sa fougue et son KERS à la chicane du port, mais le pilote Ferrari a aisément repris son bien par la suite et a fait la jonction avec son équipier. En fin de course, les deux bolides rouges avaient à leur tour à composer avec les pneus tendres, mais le dépôt de gomme sur la piste a adouci le caractère ombrageux des enveloppes Ultra Tendres de Bridgestone et la hiérarchie n’a pas varié. Pourtant, devant les deux jockeys du Cavalino Rampante, Barrchello n’avait pas la partie facile… « Mes ceintures se sont desserrées pendant le 2è relais et je bougeais énormément dans le cockit. J’avais du mal à être précis sur la pédale de frein et je bloquais les roues. C’était assez compliqué ! » explique Rubens.

 

Oublieux de la remarque de son partenaire de podium, Räikkönen s’est concentré sur l’essentiel, « On a encore du pain sur la planche pour être en mesure de se battre pour la victoire. La 1ère place est hors de notre portée mais après un début de saison difficile, les choses rentrent dans l’ordre. Nous avons bien amélioré l’auto et nous continuerons. »

Jenson Button aussi continuera. A dominer les débats à la façon d’un Michael Schumacher. 5 victoires en 6 Grand-Prix et 51 points contre 23 pour Vettel, avec le même Barrichello pour fidèle lieutenant. Comme Schumacher en son temps, Button a pourtant expliqué que la course n’avait pas été facile. On aimerait le croire… « Le GP a été long et difficile. J’ai pris un bon départ mais on a eu des problèmes avec les pneus arrière. Moi sûrement moins que Rubens. Plus on avance dans la course et plus on a l’impression que les rails se rapprochent, que la piste se rétrécie, c’est de plus en plus dur » explique le vainqueur du jour et leader du championnat. « Une partie de votre esprit gambade et se demande ce que ça va faire de gagner à Monaco, mais il faut rester concentré et se focaliser sur l’essentiel. Je savais qu’il ne pouvait rien arriver à la voiture, alors j’ai essayé de respecter mon rythme. »

 

Le championnat du monde a basculé dans son deuxième tiers à Monaco. Le prochain rendez-vous, l’Istanbul Park et ses grandes courbes en appui, sera un nouveau test vérité pour la BGP 001 qui pourra mesurer les progrès de la concurrence sur un circuit plus naturel que Monaco. Sérieusement, qui doute du fait que le nouveau protégé de Ross Brawn sera à la hauteur en Turquie ? Puis en Grande-Bretagne, puis en… Le championnat 2009 est entré dans une nouvelle phase, mais Button est encore en position de force. Son adversaire ne sera plus différent à chaque rendez-vous (Ferrari et Red Bull Racing seront probablement ses plus sérieux rivaux, sans enterrer McLaren Mercedes), mais leurs pilotes se partageront les points. Pendant ce temps, Jenson Michael Button engrange et capitalise sur un package véloce, extrêmement fiable, sur des stratégies de course ciselées et sur un équipier modèle.

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