|
Jenson Button et Brawn GP sont les nouveaux champions du monde de Formule 1, à l’issue de la 1ère saison de l’écurie sous son nouveau patronyme. L’exploit est sans précédent dans l’histoire de la discipline. Jenson a profité d’un carambolage au 1er tour pour remonter au classement puis a distillé quelques coups de génie qui font honneur à son titre. Vettel et Barrichello se sont lentement mais sûrement noyés sous le soleil retrouvé d’Interlagos.
Météo : Soleil et nuages
Air : 25-28°C
Piste : 30-42°C
Vent : 2-6,8 m/s
Humidité : 55-79%
Jenson Button est le 31è champion du monde de l’histoire. Accablé Vendredi et en qualifications, cherchant désespérément l’adhérence dans la fraîcheur et sous la pluie, le Britannique a vu le sort et les conditions météorologiques lui sourire au meilleur moment du week-end, au seul instant où ils pouvaient créer la décision finale. Le premier tour, chaotique, a boosté le moral du leader du championnat, perdu sur la 14è place de la grille de départ et subitement propulsé en 9è position sans avoir d’effort à fournir. L’allié inattendu et indirect de Button ? Mark Webber, qui devait être l’homme lige d’un autre prétendant au titre, Sebastian Vettel !
En forçant Kimi Räikkönen à effectuer un hors piste dans la ligne droite amenant les pilotes sur le second secteur, quelques secondes après le départ où le Finlandais avait été flamboyant en se portant de la 5è à la 3è place, l’Australien a mis le feu aux poudres. Une crevaison et un aileron avant arraché ont rendu le cheval cabré fou. Un léger louvoiement et Sutil, surpris, tente de se frayer un chemin sans endommager sa Force India. Contrairement au jeune Allemand, Trulli et son expérience n’ont pas résisté à la pression. L’Italien a perdu le contrôle de sa monoplace en se ruant sur Sutil. Alonso était une victime collatérale du Maelström signé Webber. A la fin du premier tour, Button était un solide 9è ragaillardi par les évènements de course et réchauffé par le soleil retrouvé de Sao Paulo. Jamais le tarmac du circuit José Carlos Pace n’avait permis au thermomètre des incursions dans la fenêtre des 40°C jusqu’à aujourd’hui. La montée des Bridgestone en température ? « Piece of cake ! » a dû penser Jenson dans la langue de Shakespeare. Button a délaissé l’armure pesante de l’outsider pataud et enfilé son costume de leader du championnat pour pourfendre coup sur coup Grosjean et Nakajima et s’inviter dans les points.
En tête, Barrichello faisait le chemin inverse. Ses enveloppes Nipponnes ne lui apportaient pas entière satisfaction et le Brésilien se faisait mystifier par Webber et Kubica pendant les premiers ravitaillements. Avec une voiture alourdie en carburant, Rubens ne reconnaissait pas sa fidèle monture. « Mais qu’est-ce qui est arrivé à cette auto ? » demandait le Brésilien par radio en volant à Button sa réplique préférée des derniers Grand-Prix. Les rôles étaient inversés chez Brawn GP ! Une crevaison lente, provoquée par un léger contact avec Hamilton en fin de course, alors que le titre était déjà hors de sa portée, a fini de faire dégringoler Rubens de son petit nuage des qualifications. 5è à l’arrivée, Jenson Button a célébré son titre en dehors du podium mais ce ne sera pas un regret pour l’Anglais qui a tant tremblé depuis la reprise du championnat après la pause estivale, et qui avait déserté le podium depuis longtemps, hormis à Monza.
Sur la plus haute marche, Webber pouvait exulter. Son bonheur tranchait avec la tristesse de Vettel dont le rêve venait de s’envoler, « Je savais qu’il fallait que j’aligne quelques tours rapides pendant le ravitaillement de Rubens pour pouvoir le doubler Rubens. Ça s’est très bien passé, après ça c’était confortable, notamment pour gérer les attaques de Robert Kubica, mais ce n’était pas vraiment difficile ! C’est un grand jour pour moi. Il y avait quelques décisions à prendre, notamment pour les stratégies, mais c’est un bon jour au cours duquel nous avons su faire les bons choix. On n’est pas champion du monde mais nous avons fait une très belle saison et j’inclus Renault dans cette mention spéciale. »
Aux côtés de Mark Webber, Robert Kubica était un dauphin interloqué par le brio de sa performance et de sa monoplace. « C’est une saison difficile pour BMW mais ce résultat est fabuleux. On a fait une grande partie du travail en qualifications où nous avions gardé un set-up pour piste sèche en anticipant une météo plus clémente » explique le Polonais, auteur du seul podium de l’écurie Alémanique en 2009 « J’ai été surpris que Mark et Rubens ne soient pas très rapides en début de course car je pouvais les suivre facilement. J’étais d’autant plus surpris que j’avais un problème de température et que mon moteur n’était pas à son régie maximum pendant le plus clair de la course. Dans ligne droite, je devais même me décaler pour faire respirer mon moteur. A la fin j’ai surtout pris soin de préserver mes pneus et de contenir Rubens. »
Le triomphe de Brawn GP est total avec la couronne Constructeurs qui vient compléter celle coiffée par Button au niveau individuel. A Abou Dhabi dans 2 semaines, le 31è champion de l’histoire devra se mettre sur son 31 pour définitivement convaincre les sceptiques et fêter son sacre par un podium et le champagne qui sied aux champions.
|