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Jenson Button a vidangé son image de golden boy, celle qui lui collait à la peau lorsqu’il a déboulé en Formule Un à l’âge de 20 ans, qu’il jouait les flambeurs et multipliait les conquêts féminines mais pas les félicitations du jury dans sa profession. Jenson aura franchi le cap de la trentaine lorsqu’il s’installera sur la grille de départ du premier Grand-Prix 2010 (Bahreïn, 14 Mars), et il passe aujourd’hui pour être un garçon charmant, auquel quelques écarts de conduite ont été salutaires.
Ce serait mal connaître l’individu et la nature profonde de Jenson, se disent aujourd’hui in petto les membres qui ont sauvé l’écurie de Brackley (Ross Brawn, Nick Fry, Nigel Kerr, Caroline McGrory et John Marsden, respectivement directeur général, directeur commercial, directeur financier, conseiller juridique et directeur des ressources humaines de l’entreprise) de la disparition pure et simple, et qui ont propulsé le Britannique sur le toit de la F1. Passé de zéro à héros en moins de 10 mois, Button aurait-il dû marquer plus de respect et de loyauté envers Brawn GP – aujourd’hui devenue Mercedes ? « Je suis très déçu par la manière dont les choses se sont terminées avec Jenson » avoue Ross Brawn au Daily Express, sans vouloir mettre de l’huile sur le feu.
« Nous lui avons offert la loyauté et avons espéré, peut-être naïvement, qu’il nous paierait en retour » estime pour sa part Nick Fry dans les colonnes du Mirror en laissant entendre que la vengeance est un plat qui se mange froid et que le solde du compte de Button se fera dans 1 an, au sortir de sa 1ère confrontation avec Lewis Hamilton… « Il y a le courage et la stupidité, nous ne saurons que l’année prochaine de laquelle il s’agit dans le cas présent. Nous avons fait une bonne offre à Jenson – il s’agissait de significativement plus que ce qu’il sera payé chez McLaren. Nous sommes tous abasourdis d’apprendre quelle est sa décision. Nous pensons qu’il a été mal conseillé et que les quartiers généraux de McLaren extravagants lui ont tourné la tête. »
La rhétorique des hommes de Brawn GP n’est pas sans rappeler furieusement celle de… la même écurie de Brackley lorsqu’elle s’appelait encore BAR Honda et que Button l’avait trahie en déchirant son contrat (trop tôt !) pour s’engager auprès de Williams. Le patron de l’époque, David Richards, avait évité que l’image de son protégé ne pâtisse de l’affaire mais chacun s’était forgé une opinion sur le personnage. Chassez le naturel il revient au galop ! La première trahison de Button était illégale, la seconde immorale, se dit-on du côté de Brackley.
Aujourd’hui, Ross Brawn doit regretter amèrement d’avoir tout misé sur le cheval gagnant au championnat, et non sur celui qui a été fidèle en toute circonstance sportive, économique et politique, Rubens Barrichello. A moins que Brawn et Mercedes ne parvienne à faire taire leur avarice et à convaincre un Kimi Räikkönen de la qualité de leur projet…
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