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Jenson Button est victime de son style de pilotage. Un comble pour le puriste du plateau, l’homme aux trajectoires tirées au cordeau, le pilote qui jamais ne provoque une embardée disgracieuse de sa monture et qui abhorre le survirage si télégénique mais rarement efficace sur le long terme. Le style de Jenson est fin, à l’image de sa fenêtre d’exploitation. Que le mercure soit timide, que l’adhérence soit peu ou prou fuyante, que la piste ait un soupçon de déficit d’adhérence et Button perd de son efficacité. Le décalage n’est pas énorme et passait inaperçu jusqu’à cette saison. En 2009, avec le resserrement des valeurs, la perte de 2 ou 3 dixièmes se traduit pas une chute de plusieurs places sur la grille de départ, et donc souvent en course.
Button serait pardonné d’être nostalgique. Il y a 10 ans, lorsqu’il faisait ses premiers tours de roue en Formule 1, il n’était pas rare que les locataires de deux lignes successives de la grille de départ soient séparés par une demi-seconde… Ce week-end à Singapour, Jenson a constamment et vainement tenté de mettre le doigt sur les bons réglages. Mais entre l’évolution de la piste et une perplexité certaine qui a tendance à le paralyser lorsque des décisions techniques doivent être prises dans l’urgence, Jenson s’est laissé entraîné dans plusieurs voies sans issue. La première d’entre elles fut de marcher sur les traces de Rubens Barrichello. Transférer les réglages de la BGP 001 du Brésilien sur celle de l’Anglais avait été payant à Barcelone ou encore à Silverstone. Mais à Singapour, Button a catapulté son style droit dans le mur. « Jenson était un peu moins rapide que Rubens au début de la séance et ils avaient des réglages différents » nous révélait Ross Brawn entre la dernière séance d’essais libres et les qualifications, « Son équipe a donc copié le set-up de Rubens… mais la situation a empiré. Ça ne convenait pas du tout au style de Jenson et nous avons donc dû faire marche arrière et procéder par petits ajustements. Ça n’a pas vraiment aidé. Il était content de sa voiture Vendredi et lors de son 1er run de la journée, aujourd’hui. Nous devrons donc revenir aux réglages initiaux plutôt que de sauter à bras raccourcis sur ceux de Rubens. »
Deuxième divagation technique, celle des Q2 où Button a confirmé tout le sens du proverbe « Le mieux est l’ennemi du bien. »
Comme nous le rapportons dans notre analyse des qualifications du GP de Singapour, Button avoue « L’auto était bonne en Q1 si ce n’est un léger sous-virage. Nous avons essayé de corriger la chose en Q2 et avons baissé la pression des pneus, mais ça m’a fait talonner et j’ai bloqué les roues, ce qui m’a coûté du temps. C’est décevant. » |