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L’intervention de la voiture de sécurité, le week-end dernier au 15è tour du Grand-Prix de Singapour, a indirectement redistribué les cartes de la course. Auteur du meilleur tour en course une boucle avant la neutralisation, Kimi Räikkönen a perdu ses atouts maîtres qui ont subitement trouvé place dans le jeu d’Alonso. Le timing de l’entrée en piste de la voiture de sécurité ne pouvait pas tomber plus mal pour le champion du monde en titre, qui a dû patienter derrière Massa avant de ravitailler.
Autre population de pilotes dont le scénario de course a subi un lifting involontaire : celle ayant opté pour un premier pit stop précoce qui était planifié dans la fenêtre de tours où l’allée des stands était fermée. Une ineptie de la réglementation sportive dont tous les acteurs du championnat du monde réclament la tête, jusqu’à présent sans succès. Parmi les adeptes du ravitaillement hâtif, deux pilotes ont cependant connu deux destinées diamétralement opposées.
Nico Rosberg et Robert Kubica ont tous deux effectué un pit stop proscrit, pendant qu’Alexander Wurz, aux commandes du safety car, montrait la voie aux 19 concurrents. Ils ont tous deux été fauchés par les fourches Caudines de la FIA et ont dû observer une pénalité ‘stop and go’. Avant la neutralisation, Kubica pointait au 4è rang, Rosberg au 9è à 25 secondes du pilote BMW Sauber. Leurs sanctions respectés, le Polonais avait chuté à la 17è et dernière place, l’Allemand avait pris l’ascenseur vers la 3è ! La différence ? Nico était ressorti des stands devant la lanterne rouge du championnat, Giancarlo Fisichella, qui a involontairement permis à Rosberg de se ménager une avance de près de 20 secondes sur Kubica. Dans l’opération, le pilote de Cracovie a perdu une brouette de secondes et de places, mais aussi ses dernières chances de disputer la couronne mondiale à Hamilton et Massa. « Ça a ruiné les chances de Robert à un moment crucial du championnat » regrette Mario Theissen en fustigeant la réglementation sportive et en laissant entendre que son pilote aurait pu s’imposer à Singapour. Il aurait alors été à la tête de 74 points, 3 longueurs derrière Massa et à 9 points d’Hamilton qui aurait franchi la ligne d’arrivée en 4è position.
« Je ne sais pas si nous avons perdu la 2è place car Robert devançait le futur vainqueur, Alonso. Je suis très déçu que la réglementation qui régit les neutralisations nous ait à nouveau frappé de plein fouet » conclut le directeur de BMW Sauber en évoquant la perte de places vitales de Nick Heidfeld en Espagne.
Peter Sauber se montre encore plus direct dans son propos en tranchant net « Cette réglementation est regrettable, pour rester poli. » |