La pénultième manche de Champ Car n'a pas déçu. Suspense, rebondissements et surprises étaient au rendez-vous de la course de Surfers Paradise, qui mériterait pour l'occasion d'être rebaptisée French Paradise ! Sébastien Bourdais y a décroché son 3è titre de rang dans la discipline - il rejoint Ted Horn dans l'histoire, couronné de 1946 à 1948 - Nelson Philippe y a remporté son premier succès Champ Car.
Sébastien Bourdais était quelque peu frustré à l'arrivée d'une course dans laquelle il se classe en 8è position, et soulignait que son 3è titre coïncidait avec l'un de ses plus mauvais résultats dans la discipline. Auteur d'un début de course prudent derrière le Poleman et héros local Will Power, le désormais triple champion commettait une bévue peu avant la mi-course en portant une attaque sur l'Australien.
En se déportant sur le côté sale de la piste, Sébastien prenait un risque qui ne payait guère. Dans la poussière et en rebondissant sur une bosse, sa roue avant gauche se bloquait dès qu'il touchait les freins et la "gourmande" Lola McDonalds terminait sa manoeuvre de dépassement dans l'échappatoire, non sans avoir heurté et plié la bielette de direction gauche de Will Power. Le pilote Australien peut nourrir des regrets. Sans l'attaque de Sébastien - qui lui vaudra un drive through - la victoire lui était promise, sur ses terres.
Tout à sa joie, Sébastien voulait parachever son titre sur un feu d'artifice. Car triple champion il l'était déjà depuis le 21è passage et l'abandon de son unique rival au championnat, AJ Allmendinger. L'Américain a connu le pire des week-ends de course de l'année, et il est tout à son honneur qu'il soit venu saluer Sébastien juste après l'arrivée pour le féliciter de son sacre. A la suite de la première neutralisation, au 15è tour, AJ s'engouffrait tout naturellement dans les stands pour ravitailler. La suite fuit moins logique : Allmendinger s'arrachait de son emplacement en emportant une partie du tuyau de ravitaillement et en mettant le feu à la réserve de methanol de son écurie Forsythe. Revenu sur les lieux de ses 'exploits' un tour plus tard, il ne parvenait pas à s'extirper des stands immédiatement et perdait de nombreuses places.
Reparti 15è, AJ faisait feu de tout bois mais se laissait emporter par sa fougue sur un circuit qui ne demande qu'à piéger tout pilote trop zélé : bosses et murs de protection au ras de la piste se chargent de distribuer les sanctions. Allmendinger écrasait sa monoplace contre le béton au tiers de la course, et cimentait le 3è titre de Sébastien Bourdais par la même occasion.
En tête de la course, Oriol Servia ne résistait pas longtemps au Français Nelson Philippe, puis se faisait déborder par toute la meute (Tagliani, Tracy, Junqueira, Dominguez) en l'espace de deux tours. Le Français ne goûtait pas longtemps aux joies du leadership, qu'il devait céder à Antonio Pizzonia, le Brésilien ayant choisi de décaler sa stratégie de course, seul espoir pour l'ex pilote F1 de décrocher un bon résultat dans une course où il sombra dans les profondeurs du classement la plupart du temps. Nelson remplissait les rétroviseurs du pilote RocketSports mais son capital 'Power to pass' était épuisé. La délivrance intervint lorsque l'Amazonien entrait dans la jungle des stands, à 7 tours du but.
Nelson résistait alors admirablement à la pression que lui appliquait l'un des vieux briscards du Champ Car, Mario Dominguez, et franchissait la ligne d'arrivée en brillant vainqueur, donnant des couleurs aux noirs de l'écurie HVM. Le titre pour Sébastien, la victoire pour Nelson, on vous l'a dit, aujourd'hui c'était French Paradise !