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L’intersaison est traditionnellement l’occasion pour les pilotes de course de peaufiner leur préparation pour l’année suivante, loin des circuits. Pour Charles Pic, qui partira à l’assaut du titre en World Series by Renault en 2009 après en avoir été le meilleur débutant cette année, intersaison rime avec illustration : celle du membre de l’équipe de France FFSA Circuits dans l’antichambre de la Formule 1, les GP2 Series, dont il découvrait tout.
Charles, comment et pourquoi avoir eu l’idée de rouler en GP2 alors que vous effectuerez une 2è saison en World Series by Renault en 2009 ?
Ces essais ont été organisés par Eric Bernard et Matthieu Michel et je les en remercie vivement ! L’objectif était de découvrir 4 écuries différentes en 4 jours et de me familiariser avec des méthodes de travail différentes, de découvrir de nouveaux horizons pour enrichir ma formation.
De ce point de vue, le bilan est-il à la hauteur de vos espérances ?
Oui, tout à fait. J’ai roulé avec 4 écuries qui comptent parmi les meilleures des GP2 Series et chacune m’a impressionné par son professionnalisme et sa rigueur. Elles sont toutes différentes, ne serait-ce que par leur culture ou leur mentalité, et il est naturel d’avoir plus d’affinité envers l’une ou l’autre mais j’ai vécu une expérience très enrichissante au sein de 4 écuries excellentes.
GP2 et World Series by Renault sont en concurrence dans la catégorie des écoles de formation pour le plus haut niveau. Comment comparez-vous les deux monoplaces ?
En fait, la différence est bien plus marquée qu’on pourrait le croire. Tout d’abord, la GP2 est bien plus physique. Je pense que ça vient en partie du fait qu’elle a plus de charges aérodynamiques. Peut-être également des réglages. Ce n’est pas forcément facile à cerner mais depuis le cockpit on comprend rapidement que les exigences sont toutes autres ! Les freins de la GP2 sont également plus durs, il faut mettre plus de pression pour arriver au même résultat qu’avec la Dallara de la Formule Renault 3.5. L’accélération est également plus difficile à gérer car la course de la pédale est bien plus petite. Globalement, on retrouve entre le GP2 et la WSbR le même écart qu’entre les Formule Renault 2.0 et 3.5.
Parlons des temps au tour, qui restent la référence numéro 1 en sport automobile. Vous avez attaqué fort à Jerez de la Frontera avec un top 10 le matin avec iSport International suivi du 4è meilleur chrono avec ART Grand Prix.
Pourtant, l’objectif n’était pas de faire des bons temps. Du coup, alors que certains montaient les pneus neufs très tôt dans la séance pour faire un bon temps à la fraîche, nous ne les avons utilisés qu’en fin de matinée lorsque les conditions de piste n’étaient pas optimales. Mon but était d’apprendre et de progresser.
Avez-vous été surpris d’être aussi rapidement dans le coup ?
Oui et non. Non car je pense que les problèmes que j’ai rencontrés cette saison ne sont pas liés à la performance. Je ne m’attendais pas à être aussi rapidement parmi les meilleurs mais je pensais pouvoir bien m’en sortir. Mais il faut dire que je suis tombé sur d’excellents ingénieurs, notamment à Jerez, j’ai suivi leurs conseils à la lettre et ça m’a beaucoup aidé.
Quel est votre programme hivernal désormais ?
Je roule à Valencia avec Tech 1 en World Series by Renault, la semaine prochaine. Puis je m’envole pour la Finlande pour une batterie de tests physiques. C’est un programme que mon préparateur physique a mis sur pied dans un centre d’entraînement et qui me suivra jusqu’en Mars, avant le début de la saison 2009.
Quels sont les points que vous souhaiteriez améliorer avant le début de la saison prochaine ?
La gestion des week-ends de course. Je dois être plus constant et faire moins d’erreur. C’est ce qui m’a manqué cette année car objectivement, en performance j’ai toujours répondu présent.
Avez-vous cerné la raison de cette lacune ?
Oui et non. Elle s’est présentée dans des situations différentes et c’est la raison pour laquelle nous avons eu du mal à trouver la parade pendant la saison. Pour l’instant je me concentre sur les essais de Valencia, puis on fera le point pour trouver des solutions adaptées afin de ne pas recommencer les mêmes erreurs l’année prochaine.
Paul Jackson (directeur d’iSport International) a dit de Charles :
« Charles a eu sa première expérience du GP2 avec iSport le 29 Octobre à Jerez. Il s’est très vite adapté et a rapidement signé des temps au tour compétitifs. Il a surpris l’équipe par sa rapidité d’apprentissage de la voiture et nous a impressionnés par son attitude professionnelle. Nous avons noté qu’il a poursuivi ses progrès le 2è jour de ses essais lorsqu’il roulait avec ART Grand Prix et a fait une excellente impression dans l’ensemble du paddock GP2. Il est encore très jeune et a l’avenir devant lui ; il ne doit donc pas précipiter les choses. Son talent bénéficiera d’un surplus d’expérience et lorsque le temps sera venu je suis absolument certain qu’il sera un champion potentiel.
De plus, nous avons trouvé en Charles un jeune homme charmant, avec un équilibre harmonieux entre confiance et humilité. »
Bilan des essais de Charles Pic en GP2 :
Jerez de la Frontera – Jour 1
1. Pastor Maldonado (ART Grand Prix) 1:24.727
11. Charles Pic (iSport International) 1:25.755
Jerez de la Frontera – Jour 2
1. Kamui Kobayashi (DAMS) 1:25.071
4. Charles Pic (ART Grand Prix) 1:25.329
Circuit Paul Ricard – Jour 1
1. Kamui Kobayashi (DAMS) 1:15.434
5. Charles Pic (Piquet Sports) 1:16.221
Circuit Paul Ricard – Jour 2
1. Roldan Rodriguez (Piquet Sports) 1:27.038
14. Charles Pic (Super Nova Racing) 1:28.400
Source : FFSA |