L’avis d’Oncle David comptait déjà beaucoup au sein de l’écurie Red Bull Racing et dans le paddock, le pilote écossais étant à ce jour le Britannique ayant marqué le plus de points au championnat Pilotes et l’un des fous du volant les plus expérimenté en F1. Beaucoup le croyaient fini à la fin de la saison dernière, Coulthard ne parvenant pas à s’adapter au nouveau format de qualifications et donc à la discipline dite moderne. Il s’est rappelé au bon souvenir de tous en signant l’un des meilleurs temps en course lors du Grand-Prix d’Europe et aurait pu se battre pour le podium si une pénalité n’avait brisé ce doux rêve. Inutile de le dire, David ne fait pas parti du décor secondaire en cette saison 2005 et, peut-être libéré d’un certain poids chez McLaren, il n’hésite pas s’exprimer dans la presse, les boucles sur le Nürburgring dimanche ayant donné encore une fois matière à réflexion.
Les derniers tours du Grand-Prix d’Europe ce week-end n’ont en effet pas été de tout repos, lorsque la MP4-20 de Kimi Räikkönen a volé dans le décor après plusieurs kilomètres sur le fil du rasoir. La roue avant du Finlandais vibrait excessivement à la suite d’un plat sur la gomme Michelin, consécutif au dépassement de Villeneuve, et le pneu a finalement fait céder la suspension, entrée dans un cycle de raisonnance physique qu’elle était incapable de supporter plus longtemps. Kimi s’en est miraculeusement sorti indemne, évitant de quelques centimètres la BAR Honda de Jenson Button.
Le choc avec le pilote Britannique aurait pu être dramatique, et la sortie à haute vitesse de la McLaren a illustré les doutes qui peuvent se poser par rapport au règlement pneumatique, toute chose étant égale par ailleurs : certes Michelin n’est pas coupable au premier chef de la sortie de route du Finlandais, et Kimi aurait pu éviter cet accident en passant par les stands pour changer de pneu, mais quelle écurie de F1 sacrifierait une chance de remporter la course ?
Le pilote Red Bull Racing, David Coulthard, n’a pas caché que cette nouvelle situation inquiétait les pilotes, même si grâce à ce règlement les courses sont plus intéressantes.
« C’est un problème, la FIA dit que c’est au pilote de décider quand il doit s’arrêter. Ils nous demandent aussi de sacrifier notre course et prendre le risque calculé que nous ne serons pas victime d’une crevaison et que nous ne nous ferons pas de mal. D’un côté c’est bien, cela aide les dépassements et le spectacle. Mais c’est sans aucun doute un scénario plus dangereux. »