Le directeur exécutif de l'ingénierie Renault évoque la course d'hier et explique la course du Renault F1 Team.
Pat, les deux voitures ont connu des courses perturbées hier mais l'équipe a marqué six points. Comment avez-vous vécu de Grand Prix ?
Nous avons été plutôt occupés du premier au dernier tour ! Lorsque vous rencontrez autant d'incidents, il faut vous adapter en permanence. Le pitwall a donc travaillé assez dur hier. Finalement, à la lumière des incidents rencontrés, notre troisième place est un bon résultat.
Que s'est-il passé avec Fernando ?
Il a perdu son déflecteur antérieur droite et celui-ci s'est logé sous sa voiture. Cela a eu un impact terrible sur la répartition de la charge aérodynamique, repoussée de 8% vers l'arrière. Nous pouvions voir, grâce à la télémesure, que la voiture ne touchait pas le sol de manière normale parce que la température des skid blocks en titane, dans le patin de bois, était beaucoup plus basse que d'habitude. Quelque chose était coincé, nous en étions certains. Cela dit, d'un coup, tout est rentré dans l'ordre. Les temps au tour sont redevenus compétitifs. Il est assez rare de voir une monoplace se réparer toute seule !
Le pilote a-t-il bien réagi ?
Il a mené une course exceptionnelle : la voiture devait être ‘inconduisible’ au moment du problème. Il s'est adapté très rapidement, cela dit, et ses temps au tour s'amélioraient même lorsque le déflecteur était encore coincé sous la voiture. Fernando a montré, une nouvelle fois, tout son talent dans des situations difficiles.
Et en ce qui concerne Jarno ? Il a semblé ne pas pouvoir se remettre des problèmes qu'il a connus lors du deuxième relais...
Jarno menait une course solide au début et, lorsqu'il est sorti des stands après son premier arrêt, il est presque sorti devant Fernando. Malheureusement, il a percuté un morceau de l'aileron arrière de Kimi Raikkonen quelques tours après. Celui-ci s'est logé sous la voiture, comme pour Fernando. Jarno a eu la malchance de connaître ce problème très tôt, lorsque tous ses rivaux étaient très proches. Au moment où il a ravitaillé pour changer l'aileron, il avait déjà perdu du temps et des positions. Il a malgré tout continué à attaquer et, lorsqu'il n'était pas bloqué dans le trafic, ses temps au tour étaient comparables à ceux de Fernando.
Vous disiez, avant la course, que les pneumatiques seraient un facteur clé. Comment avez-vous géré ce secteur ?
Nous avons passé beaucoup de temps à tester à Jerez la semaine d'avant la course afin d'évaluer nos gommes et de voir de quelle manière les protéger. Cela a payé, et nous avons bien géré nos pneumatiques. Hockenheim est un circuit très difficile pour les pneumatiques et, mis à part un peu de bullage pour Fernando avec son second train, nous n'avons rencontré aucun problème.
Source : renaultf1.com