| Une fois encore, la 18ème course de la saison a procuré une illustration parfaite des capacités de l’Espagnol à ne jamais relâcher son effort. Explications.
Le Grand Prix du Brésil a été l’un des plus animés de la saison pour Fernando Alonso. La course a commencé avec un véritable risque, et s’est terminée avec une quatrième position finale au championnat des pilotes après une course défensive admirable… et complexe.
Pat Symonds l’a dit après le Grand Prix : la décision de s’élancer avec des pneumatiques pour sol sec a été difficile à prendre à cause des conditions de piste précaires. En Italie, il y a quelques semaines, il était clair que le circuit séchait rapidement et serait praticable pour les pilotes partant en pneumatiqes pour le sec. Ce n’était pas le cas à Interlagos le week-end dernier. L’asphalte était très glissante et la plupart des monoplaces ont choisi de s’élancer en gommes intermédiaires. La plupart… sauf les Renault. Dans les premiers tours, cette stratégie n’a pas payé : Fernando naviguait à 26 sec de leader après trois tours, et est même sortie de la piste dans le tour de formation !
A l’issue du tour n°4, cependant, la Renault n°8 a commencé à réaliser des temps prometteurs dans le deuxième secteur, là où l’adhérence est primordiale. Puis, d’un coup, Fernando s’est mis à tourner 4 secondes plus vite que le reste du plateau. Il a gagné des places, au détriment des autres pilotes qui rentraient au stand pour changer de pneumatiques. En choisissant de ne rentrer que dans le tour n°6, Barrichello a par exemple perdu la course…
BAR MOY RSC RAI ALO
1 88.172 91.891 92.235 88.172
2 83.037 82.27 84.099 82.752 92.784
3 82.378 81.833 83.493 83.144 83.871
4 82.105 83.209 88.743 83.452 79.488
5 83.088 87.327 PIT 87.658 77.692
6 87.716 PIT 78.196 PIT 77.674
7 PIT 75.969 77.55 76.733 75.653
8 78.117 73.727 75.892 74.123 73.854
9 75.338 73.3 74.221 73.36 73.317
Le risque du début de course a payé dans le tour n°7 : la Renault était alors en tête et pouvait déployer sa stratégie à deux arrêts. Cependant, le profil de la course a changé à la fin du tour n°19. Lorsque la Renault de Fernando a repris la piste après son premier ravitaillement, en effet, ses pneumatiques avant, tendres, ont commencé à souffrir de grainage. L’Espagnol à tourné dès lors en 1’13’’, là ou ses rivaux approchaient 1’11’’. Fernando n’est pas revenu dans la cadence des 1’’12 avant le tour n°38.
A ce moment, la Renault cravachait derrière Juan Pablo Montoya (Williams) et Kimi Raikkonen (McLaren) et pensait mener une course défensive avant tout, histoire de protéger sa position. Avec ses rivaux immédiats (Ralf Schumacher –Williams- et Takuma Sato –BAR-) disposant de stratégies à la synchronisation décalée, l’équipe disposait alors d’une fenêtre cruciale de 10 tours qui allait décider de la position finale de Fernando. C’est la distance qui séparait son dernier arrêt de celui de ses rivaux. Dès lors, une décision s’imposait : fallait-il utiliser des pneumatiques neufs au risque de connaître encore du graining tôt dans le relais, avant de retrouver de la performance ? Fallait-il au contraire conserver les pneumatiques avant afin de maintenir le même niveau de performance en début de relais, sachant que les choses se compliqueraient ensuite, mais que la vitesse de pointe de la R24 rendrait la vie difficile à ses adversaires (la 2ème du plateau sur la ligne) ?
Le Renault F1 Team a choisi la deuxième option. Fernando s’est arrêté au tour n°48. Il a été imité par Ralf Schumacher, qui est resté derrière. Sato s’est quant lui arrêté dans le tour n°55 et est sorti de la voie des stands devant Fernando. Celui-ci l’a passé dans ce tour, sachant qu’une 4ème place à l’issue de la course lui garantissait la 4ème position du championnat des pilotes. Il a ensuite engagé une course défensive qui l’a vu se battre contre ses pneumatiques avant, histoire de garder de l’adhérence. Le secteur n°2 ne comportant aucune possibilité de dépassement, les poursuivants ne pouvaient que rester derrière. Or, la voiture de Fernando avait été réglée pour privilégier la vitesse de pointe. La Renault décroche uniquement le 9ème meilleur temps en course, mais c’est performance ne signifie pas grand’ chose. L’important était de maintenir la concurrence derrière, pas de réaliser les meilleurs tours sur la piste. Les risques que prenait alors Fernando étaient calculés.
En ce qui concerne Jacques, la course s’est décidée dans les premiers tours lorsque, pilotant des pneumatiques Michelin pour le sec sur une piste humide pour la première fois, il a perdu du terrain sur Fernando. A la fin de la course, le Québécois était niché derrière les deux Sauber, en 10ème position. Son meilleur tour en course n’est qu’à 0.1 sec de Fernando. Même chose pour son tour idéal, somme des trois meilleurs secteurs en course pour chaque pilote. Dommage : cette bonne cadence a été masquée par les conditions difficiles du début de course…
| |
 |