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28 Mai - 08:30
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Dennis dément favoriser Alonso contre Hamilton... et pourtant !

Nier l’évidence et tenter d’enfumer les spécialistes et passionnés de sport automobile est l’une des spécialités que Ron Dennis a forgé depuis son arrivée à la tête de l’écurie fondée par Bruce McLaren, au début des années 80. Le patron de la formation de Woking ne s’y adonne pas par malice, mais il sait se situer au-dessus de la mêlée et n’entend pas qu’une voix discordante venue de l’extérieur puisse générer la moindre onde négative en interne. En maniant la langue de bois, Ron a pourtant toutes les chances d’alimenter la rumeur.

 

Dennis a cette année décidé d’agir avant tout pour le bien de son entreprise. Le choix est pragmatique et inévitable pour le cartel anglo-allemand qui cherche à retrouver son lustre d’antan, qui a connu une saison 2006 calamiteuse et qui court après un titre mondial depuis le début du millénaire. Mais la real politik est difficilement avouable pour un puriste !

 

Alors, Ron Dennis dresse un écran de fumée en espérant détourner l’attention et masquer la réalité derrière l’aveu indolore d’une consigne que personne ne saurait condamner : le principe de précaution à Monaco.

 

En Principauté, la consigne de course de McLaren Mercedes – un pacte de non agression entre Lewis et Fernando à l’extinction des feux – est légitime. Le contraire aurait été une faute professionnelle grave et qui aurait pu être lourde de conséquence.

 

« Nous ne favorisons jamais un pilote au détriment d’un autre » affirme Dennis à la BBC avec un certain aplomb, « J’ai été vivement critiqué par le passé de ne pas l’avoir fait et d’avoir gâché des opportunités de titre. Mais nous ne le ferons jamais, qui que ce soit. Nous ne l’avons jamais fait et ne le ferons jamais. »

 

« Il y aura des circuits où ils seront libres de courir, mais Monaco n’était pas le cas car un pilote en poussant un autre peut provoquer une erreur, et vous vous retrouvez avec une voiture hors course. Tout le monde dirait alors ‘quel idiot ce patron de McLaren de permettre à ses deux pilotes de se battre au point que l’un d’eux se retrouve dans un rail’. Ce n’est pas la meilleure manière de procéder. »

 

 

   

 

 

Le grief que d’aucuns pourraient faire à Dennis est tout autre ! Depuis le tout premier Grand-Prix de la saison 2007, McLaren Mercedes contraint Lewis Hamilton à s’élancer à l’assaut du chronomètre en qualifications avec une surcharge en essence par rapport à Alonso. Au motif que le Britannique sait mieux exploiter et ménager les pneus Bridgestone que l’Espagnol. Pour quel bénéfice pour Lewis ? Aucun. Une dizaine de kg d’essence supplémentaires ne permettent pas de décaler une stratégie de course. Le déclenchement d’une averse ou la sortie du safety car entre les pit stop d’Alonso et d’Hamilton – distants de 3 tours en moyenne – sont hautement improbables et ne sont d’ailleurs pas le dessein de McLaren Mercedes.

 

Quel préjudice pour Lewis ? Une hémorragie de centièmes de seconde dans ses tours qualificatifs, qui ne peuvent que faire échouer la tentative du néophyte de devancer l’un des maîtres des qualifications, double champion du monde de son état. L’issue d’un Grand-Prix étant grandement décidée par l’ordre de la grille de départ – à voiture égale et avec la même stratégie de course – Lewis est donc interdit de victoire par McLaren. Ce fut le cas en Malaisie, et à Monaco hier. Non pas au départ de la course, mais la veille.

 

La chance de Ron Dennis est que Lewis sait lui devoir beaucoup, et qu’il est d’une éducation irréprochable. Hamilton est beaucoup trop intelligent pour mordre la main qui le nourrit. Il voit à plus long terme, avec sagesse : la domination de McLaren devra lui être profitable. Son heure viendra. Peu importe les tables trigonométriques de McLaren, Lewis sait aujourd’hui qu’il est capable de faire jeu égal avec Alonso. Avec un double champion du monde. C’est déjà la plus belle des victoires pour le Britannique ! En 2008 McLaren ne favorisera plus Alonso. D’autant moins si l’Espagnol est entré dans l’histoire en offrant un titre aux Gris. En attendant, Dennis peut nourrir son écran de fumée, jusqu'à ce que Ferrari prenne les devant et se prononce sur l'identité de celui - le mieux placé de Massa et Räikkönen - qui sera chargé de briguer la couronne mondiale. Dennis pourra alors embrayer sur le mouvement de la Scuderia, en se drapant dans l'innocence.

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