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La campagne 2005 de Renault est historique à plus d’un titre (deux en fait, Pilotes et Constructeurs), mais en parvenant à solutionner la quadrature du cercle, le losange sera probablement victime de son succès dans les deux années qui viennent.
Renault a fait très mal à Ferrari et McLaren en 2005 en coupant la trajectoire des flèches d’argent et en tapant dans le mille des deux cibles mondiales, mais aussi en devenant la première écurie à faire trébucher l’ennemi juré de Ron Dennis, le cheval cabré de Maranello, qui était invaincu au championnat Constructeurs depuis 1999.
Le patron de la formation de Woking a très tôt fomenté sa revanche, sous la forme d’un contrat que le nouveau champion du monde, Fernando Alonso, ne pouvait refuser, prisonnier de son carcan financier et sportif Renault n’ayant aucun projet immédiat pour contrer McLaren Mercedes. Disposant du 6è budget de fonctionnement du plateau, l’écurie anglo-française est, à ce jour, dans l’impossibilité de confirmer sa présence dans le championnat du monde de Formule Un 2007, et devra attendre la 9 février prochain, date de l’officialisation de la politique stratégique de Renault par son nouveau président, Carlos Ghosn, pour savoir de quoi demain sera fait. En attendant, Enstone et Viry-Châtillon sont figés et ne travaillent que sur le court terme.

Avec Alonso et Vodafone, Ron Dennis prive chacun de ses deux principaux rivaux d’une pièce maîtresse et espère retrouver le chemin de la gloire, qui fuit McLaren depuis la fin du dernier millénaire. Avec le natif d’Oviedo (dont la maturité et la gestion du championnat furent exemplaires cette saison), Dennis espère également s’affranchir de ce qu’il pense être une certaine fragilité psychologique de ses deux pilotes actuels. « Fernando et Renault ont fait un travail excellent en 2005 » reconnaît le patron de la formation de Woking dans les colonnes du Guardian, « tout le crédit leur en revient. »
« Ils ont produit un package compétitif et fiable dès la première course et ont fait du bon travail pendant que nos pilotes avaient une réaction psychologique démesurée dès la première manche du championnat du monde et n’ont pas répondu à la pression. »
« C’était assez frustrant pour nous car dans la plupart des cas 10 victoires sont suffisantes pour décrocher la couronne mondiale assez tôt dans la saison. Le problème est que cette fois-ci aucune autre écurie ne prenait de points à Alonso et Renault lorsque notre voiture ne parvenait pas à rallier l’arrivée. »
Sur la piste en 2005, ni Räikkönen ni Montoya n'ont semblé craquer psychologiquement, mais au moment des agapes de fin d'année, il leur faudra digérer et comprendre les propos d'un patron qu’ils espèrent aussi exigeant avec Mercedes – dont la fragilité de cristal des blocs propulseurs est devenue proverbiale – qu’envers eux. |