|
Ron Dennis a, dès le soir du sacre de Fernando Alonso, lancé une pique au nouveau champion du monde de Formule Un, sous la forme d’un défi : « Il doit maintenant élever le niveau de son jeu pour nous défier et tenter de nous battre dans les prochaines courses » prévenait le patron des flèches d’argent Dimanche soir.
L’Asturien n’a en effet plus l’excuse de devoir assurer quelques points pour remporter le titre mondial. Il sera attendu au tournant dès le Grand-Prix du Japon, au début du mois d’Octobre. Alonso devra se livrer sans retenue et tenter de devancer les deux pilotes McLaren, qui sont une fois de plus restés largement hors de sa portée au Brésil malgré la validation du nouveau package Renault (évolution moteur et châssis, couronné par la Pole Position).
« Nos pilotes ont certainement un meilleur package mais personnellement je pense qu’ils sont également meilleurs qu’Alonso » affirme Ron Dennis à Autosport, dans une allocution à la fois flatteuse pour ses pilotes et acide pour le pilote Renault. « On pourrait croire que je suis amer en déclarant ceci, et que je veux lui enlever quelque chose, mais non, c’est simplement mon intime conviction » poursuit Dennis. Une conviction légitime, Juan Pablo, Kimi et Fernando faisant partie avec Jenson et Felipe de la génération la plus douée depuis l’ère Prost/Senna/Piquet/Mansell.

L’idée est cependant répandue dans le paddock : le fait que Fernando ait joué la carte de la fiabilité (pouvait-il faire autrement avec son package et l’ascension des MP4-20 ?) a masqué le talent du nouveau champion du monde. Oui, Fernando a fait montre d’une maturité étonnante par rapport à l’année précédente, oui le natif d’Oviedo ne commet quasiment aucune faute, oui Alonso est très rapide et a mis Fisichella sous l’éteignoir. Tenter d’aller chercher les McLaren Mercedes alors que son package en était incapable était l’erreur que ses adversaires espéraient qu’il commettrait. En ne tombant pas dans le panneau et en refreinant son instinct, Fernando a prouvé qu’il est inspiré, réfléchi, et sait écouter les précieux conseils de son entourage.
Mais il traîne une casserole : il ne s’est plus imposé depuis le Grand-Prix d’Allemagne, victoire qu’il n’avait eu qu’à ramasser après les déboires des deux sociétaires de l’écurie de Woking. « Nous ne saurons réellement que maintenant à quel point il est fort car il a roulé avec une marge de sécurité lors des dernières courses » estime le patron du Groupe McLaren.
Si l’avis de Ron Dennis sur la valeur respective des pilotes est compréhensible, le patron de McLaren a raison sur un point : Fernando devra faire honneur à son titre à Suzuka et Shanghai. Il disposera pour cela de nouvelles évolutions, qui devraient être validées cette semaine par Franck Montagny, sur le circuit de Jerez de la Frontera. |