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26 Mai - 07:23
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Des stratégies et erreurs de la Scuderia Ferrari

Ferrari était arrivée en Principauté de Monaco pour entrer dans l’Histoire par la grande porte. Elle en est repartie par la petite. Erreurs de son management, de ses pilotes et caprices du ciel ont délavé son potentiel.

 

Au soir des qualifications du Grand-Prix de Monaco, la Scuderia Ferrari était dans la meilleure position qui soit pour effacer 6 ans de disette en Principauté et la lourde défaite de 2007, où le tandem Alonso/Hamilton avait balayé la concurrence. L’écurie de Maranello a 100 fois sur le métier remis son ouvrage, et s’était spécifiquement préparée au Grand-Prix de Monaco. Au point d’intégrer l’évènement marketing et commercial numéro 1 de l’année dans la conception de sa dernière création, la F2008, dont la principale rupture avec sa devancière championne du monde est l’empattement, raccourci pour mieux convenir au tourniquet Monégasque.

 

Pour la première fois depuis 1979 le cheval cabré avait placé ses deux poulains sur la 1ère ligne de la grille de départ. Il lui restait à capitaliser sur sa domination des qualifications, tout en sachant que le facteur clef de la course serait indépendant de son approche scientifique de la course. « Nous devrons être aussi bien préparés que possible à tous les scénarii qui pourraient se développer, surtout si l’on considère que la pluie a de fortes chances de tomber en course » prévenait Luca Baldisseri, directeur technique de la Rossa après l’exploit de ses duettistes, Samedi dans la soirée.

 

Mais toutes les leçons du passé n’ont pas été totalement intégrées dans les feuilles de route de la Scuderia Ferrari, et c’est peut-être à Monaco et dans le domaine des stratégies que l’on pourrait déceler le vide laissé par le départ de son ancien stratège, Ross Brawn, dont l’intuition a permis à Rubens Barrichello de retrouver les points du championnat du monde de Formule 1 pour la première fois depuis Interlagos 2006 ! Lors du dernier Grand-Prix à se dérouler sur piste détrempé (avant Monaco 2008), Ferrari avait été prise en défaut avant même l’extinction des feux libérant la meute : A Fuji en 2007, elle s’était fourvoyé dans le choix de ses pneus, et avait chaussé ses deux monoplaces d’un train que la FIA interdisait. Massa et Räikkönen avaient dû repasser par les stands aux 2è et 3è tour de course. Ferrari avait été la seule prise en défaut.

 

Rebelote hier au pied du Casino Monégasque. Ferrari a été la seule des 10 écuries à ne pas respecter le délai imparti par la réglementation sportive du championnat du monde pour le montage des trains de pneus avant la procédure de départ. La Rossa devait avoir terminé son opération 3 minutes avant le début de la procédure de départ. Il lui a manqué une poignée de secondes. Avant même de s’élancer dans la course, Räikkönen savait probablement qu’il devrait observer une pénalité et qu’il lui serait certainement impossible de gravir le rocher de Monaco en tête.

 

 

   
 

 

A la bévue de la Scuderia se sont rajoutées les erreurs de leurs pilotes. Comme en Australie, le phénomène boule de neige a englouti une grandes partie du potentiel des deux F2008. Massa n’a effectué qu’un écart de trajectoire, sans conséquence pour la mécanique, mais Räikkönen est parti deux fois à la faute, et a par deux fois dû changer son museau endommagé. L’ultime erreur de Kimi est la marque de fabrique du pilote instinctif qui refuse les calculs, le revers de la médaille de ses formidables qualités. Beaucoup lui sera pardonné car Kimi est Kimi, mais que n’aurait-t-on entendu si Massa avait commis le même impair !

 

« Nous sommes très déçus par ce résultat qui se situe largement en-dessous de nos attentes » concède Luca Baldisseri, directeur technique de la Scuderia, « Nous avons fait des erreurs que nous devrons analyser afin de nous assurer que nous ne les reproduirons pas et nous avons également fait quelques choix stratégiques qui, bien considérés, ne se sont pas avérés être les bons même s’il est facile d’être intelligent a posteriori. »

 

Les problèmes stratégiques rencontrés en course ne sont en revanche pas des erreurs en tant que telles. Les caprices de la météo ne peuvent pas être anticipés lorsque le climat est aussi instable. Le retour de la pluie était attendu par la plupart des stations météorologiques. En accord avec ses convictions, Ferrari a braqué les ailerons des F2008 lors de leur pit stop, et a probablement joué avec la pression des pneus. Mais au lieu de prêter son asphalte aux averses, la piste de Monaco a flatté le thermomètre : une hausse de 20 à 24°C dans la dernière partie de course.

 

« Nous devons simplement tirer les bonnes conclusions de ce week-end, sans laisser nos émotions dicter notre jugement. Nous avons démontré que nous étions compétitifs sur une piste qui ne nous réussissait pas généralement, mais nous n’avons pas été au niveau de nos standards habituels. »

 

La prochaine étape sera l’occasion pour la Scuderia Ferrari de refaire son coup de Sepang, où elle avait atomisé la concurrence après avoir subi une déroute en Australie. En 2007 le circuit Gilles Villeneuve et ses bordures avaient sévèrement châtié la F2007 et son aérodynamique léchée qui ne supportait pas la moindre déstabilisation. Ferrari a travaillé pour corriger ce 2è point faible qui l’avait également handicapé à Monza, devant les tifosi. « Dans moins de deux semaines nous devrons relever le même type de défi à Montréal, où nous avions rencontré des problèmes en 2007. Nous voulons vraiment effacer la déception de Monaco » poursuit Baldisseri.

 

La conclusion et la palme de l’optimisme reviennent à Stefano Domenicali  « A la fin du premier tiers de la saison, elle est toujours positive. Nous avons gagné 4 des 6 courses, nos statistiques sont les mêmes pour les qualifications et nous sommes toujours solidement installés en tête du championnat Constructeurs. Kimi et Felipe sont dans le coup dans le championnat Pilotes. »

Hamilton avait remporté son 1er succès à Montréal l’année dernière. Le nouveau leader du championnat arrivera dans la belle Province avec une certaine dose de confiance et sans aucun doute le statut de numéro 1 avoué, maintenant que Kovalainen est relégué à 23 points de son équipier. Ferrari devra déployer prochainement de nouvelles stratégies…

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