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Bernie Ecclestone a une conception toute personnelle de la Formule Un et de sa communication. Dans la même intervention, le grand argentier de la F1 fustige la manière dont Ron Dennis a unilatéralement annoncé l’enrôlement de Fernando Alonso par McLaren sans se préoccuper de Renault ni Briatore (directeur de RenaultF1 et manager d’Alonso), et affirme que Kimi Räikkönen viendra grossir les rangs de Ferrari dans un proche avenir, alors que ni l’écurie de Maranello ni celle de Woking n’ont pour l’heure communiqué sur le sujet !
Une forme de représailles à peine déguisées vis-à-vis de Ron Dennis, qui a subtilement mis Renault et Flavio Briatore – un proche d’Ecclestone – dans la panade, avec pour objectif premier de renforcer son écurie, sportivement, commercialement et sur un plan marketing, et qui n’a de leçons à recevoir d’aucune personne étrangère à son entreprise quant à la direction de cette dernière. « Je suppose que son nom [Alonso] était sur la liste de tous les top teams. En plus, McLaren sachant que Räikkönen ira chez Ferrari, elle a fait la bonne opération en recrutant le meilleur sur le marché – qui est Alonso » a dévoilé Ecclestone à la Gazzetta dello sport.
« Oui, je pense que Räikkönen ira chez Ferrari. C’est dans l’intérêt des deux parties, mais il n’est pas certain que ce scénario se concrétise car si Schumacher décide de piloter au-delà de 2006, avec Ferrari, Räikkönen devra trouver une autre chaussure à son pied. Il pourrait bien finir chez Renault ! »
Faisant référence à sa probité – ses F1 utilisaient pourtant un carburant non conforme en 1983 – Ecclestone dévoile comment il avait géré le passage de Lauda de Ferrari à Brabham, à la fin des années 70. « Je me souviens que lorsque j’étais le propriétaire de Brabham, j’avais contacté Lauda lors du Grand-Prix d’Italie, dans le courant de l’été 1977, et lui avait fait une offre pour courir avec moi l’année suivante. Il l’a accepté immédiatement, mais je lui ai dit : ‘Niki, je ne veux pas avoir de problème avec Enzo Ferrari. Tu lui expliques de quoi il retourne, et nous annoncerons la chose pas la suite. »
« Dans le cas présent Alonso a court-circuité Briatore. Je sais comment les choses se sont passées, mais je ne peux en révéler les détails » avance Ecclestone en volant au secours de Briatore. « Flavio a été, comment dirais-je, abusé. Je ne pourrai jamais croire que Flavio ait vendu un de ses pilotes à Dennis. Si c'est le cas c'est qu'il a été en dehors du coup et n'a pu interférer. La décision était celle d'Alonso. La cerise sur le gâteau, Dennis étant le pire ennemi de Flavio, il lui a craché au visage en rendant des choses publiques afin de lui compliquer la vie. Ce n’était pas sympathique, même si voler un pilote à une autre écurie est normal. Dennis et Briatore auraient pu écrire un communiqué de presse commun, ils auraient alors tous les deux fait meilleure figure. L’attitude de Dennis ne fut pas intelligente. » |