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Nick Heidfeld entamera à Melbourne sa 8è année de présence en Formule Un. Huit ans pour 1 pole position et 5 podiums. Le format de poche de Mönchengladbach a rarement eu l’occasion de faire étal de son talent, mais envisage toujours de faire en F1 ce qu’il a réussi dans les formules de promotion (Formule Ford, F3, F3000) : être champion. Heidfeld passe aussi et surtout pour un homme très secret. Il lève une parte du voile sur sa vie privée…
Vos fans sont-ils importants pour vous ?
Très ! Je pense que nous avons l’un des meilleurs fan-club. Il y a une bonne atmosphère. Nous faisons du karting ensemble, je rencontre la plupart de mes fans lors des courses en Allemagne, ce que j’apprécie énormément, tout comme le soutien qu’ils me témoignent. De ce point de vue je suis déçu que nous n’ayons plus qu’une fois en Allemagne, mais il faut aussi se dire que c’était fantastique d’avoir jusqu’à présent deux Grand-Prix en Allemagne. Les fans sont toujours le reflet d’une mentalité et d’une culture d’un pays. Les Asiatiques par exemple, sont timides individuellement parlant. Mais une fois en groupe – 2 ou 3 personnes suffisent – ils commencent à vous solliciter. On peut rapidement arriver à un chaos, mais ça peut être très amusant.
Votre amie, Patricia, n’a pas assisté à beaucoup de courses en 2006. Est-ce qu’elle vous manque ?
Bien sûr. J’aime toujours être entouré de ma famille, surtout de Patricia, lorsque je me rends sur les circuits. Je n’ai pas de temps à leur consacrer dans la journée, mais les soirées sont faites pour ça et elles permettent de vous échapper mentalement. On peut parler de choses et d’autres, ce qui est important. Depuis la naissance de notre fille, Juni – qui aura 2 ans en Juillet – notre priorité s’est tournée vers elle. On ne peut pas voyager sans cesse avec un bébé ; elle ne serait pas à sa place dans un paddock. Lorsque Patricia et Juni m’accompagnent, la grand-mère de Juni vient avec nous et prend soin d’elle, à l’hôtel.
Appelez-vous votre domicile pour faire un résumé de chaque séance d’essais ?
Non. Seulement si j’ai eu un accident, pour les rassurer. Mais je n’embête pas Patricia à lui dire quel aileron arrière me convient mieux dans tel virage. Nous nous téléphonons souvent, mais nous évoquons d’autres sujets, nous parlons de Juni. Le vidéophone est fantastique ! J’ai ainsi pu être le témoin des premiers pas de ma fille, même si je n’étais pas chez moi.
La F1 a changé depuis vos débuts en 2000. Avez-vous changé votre style de pilotage en conséquence ?
Les modifications techniques influencent votre style. Avec le V8 par exemple, moins puissant, il faut prendre les virages différemment qu’avec un V10. Les moteurs doivent être plus endurants, et il faut donc parfois couper la puissance moteur. Mon pilotage s’est affiné tout au long des années. En karting j’étais connu pour froisser de la tôle, mais dès mes années en Formule Ford j’ai appris à mieux traiter le matériel et les pneus. C’est toujours le cas. Mon approche globale de la F1 est plus cool. Une autre chose qui a changé est que je ne reste pas dans le paddock aussi longtemps qu’avant le soir. Je suis toujours l’un des derniers pilotes à partir, mais auparavant je restais souvent jusqu’à minuit, à étudier les données. Mais au final on n’en tire pas grand-chose et votre sommeil en souffre.
Que signifie la sécurité pour vous ?
La sécurité privée signifie d’avoir une famille en bonne santé et suffisamment d’argent pour vous permettre de dormir sur vos deux oreilles. Dans le privé comme en sport automobile, la sécurité absolue n’existe pas. Les voitures et les circuits sont devenus bien plus sûres au fil des ans, mais il y a toujours une part de risque. Lorsque les roues se touchent ou si la visibilité est mauvaise lors d’une course sous la pluie, le danger guette. Chacun doit décider quels sont les risques qu’il peut se permettre de prendre, ou non. |