|
Ferrari a définitivement identifié son talon d’Achille 2007 : le manque de fiabilité. La vertu première de la Rossa pendant tant d’années est devenue son ennemi sournois, capable de frapper n’importe lequel de ses pilotes et n’importe quand. Le premier signe avant coureur était finalement peut-être la casse du moteur de la 248 F1 de Michael Schumacher au Japon. Que le septuple champion du monde laisse filer un 8è sacre sur une casse mécanique était tout un symbole.
Au Nürburgring hier, la F2007 a enregistré son 4è pépin mécanique en 10 week-ends de Grand-Prix. Dans le même temps, les McLaren Mercedes – dont la fragilité de cristal était devenue proverbiale depuis 2004 – n’ont enregistré qu’une défaillance de la mécanique, aux qualifications du Grand-Prix de France.
En Australie, la boîte de vitesses de Massa avait contraint le Brésilien à s’élancer du fond de la grille. A Barcelone Räikkönen avait été trahi par un circuit électrique alors qu’il briguait une place sur le podium. En Grande-Bretagne le système de départ de la F1 2007 n°5 s’était mis en berne au moment du départ et Massa avait dû s’élancer des stands. Au Nürburgring, c’est l’hydraulique de la boîte de vitesses de Räikkönen qui a interdit toute sélection de rapport au Finlandais au 34è tour. Quatre pannes d’origines différentes qui laissent à penser que si Ferrari apprend de ses erreurs, son package est plus instable – plus perfectionné donc plus fragile ? – que celui de Woking.
Le passif est énorme pour la Rossa. Les mésaventures de Massa lui ont fait perdre, au bas mot, une dizaine de points. La perte de Räikkönen s’évalue, dans les estimations les plus optimistes, à 12 unités. Alors que le championnat a basculé dans sa 2è moitié depuis le GP de Grande-Bretagne, la fiabilité de la F2007 sera l’une des clefs de l’issue des deux championnats, Pilotes et Constructeurs. Paradoxalement et à cause de ce manque de fiabilité en début d’exercice, Ferrari sera contrainte de prendre encore plus de risques à l’avenir si elle veut que l’un de ses pilotes au moins soit en position de coiffer la couronne mondiale au matin d’Interlagos, dernière halte du championnat 2007.
Avec un retard de 18 points sur le leader du championnat, Räikkönen doit marquer plus de 2,5 points de plus par Grand-Prix qu’Hamilton pour le coiffer sur le fil. Contrairement à 2005 ou 2006 où les duels Alonso/Räikkönen et Schumacher/Alonso occultaient les autres protagonistes, en 2007 ils sont 4 à pouvoir se battre pour la victoire à chaque week-end de course. La tâche de Räikkönen semble donc moins ardue qu’il y a deux ans, mais encore faudra-t-il qu’il puisse compter sur une monture irréprochable pour parvenir à ses fins.
« Je ne pense pas que ce résultat change quoi que ce soit » affirme Jean Todt, patron de la Scuderia Ferrari, « Je ne pense pas que l’on puisse dire que nous avons choisi une approche facile pour chaque course depuis le début du championnat. Nous essaierons de faire le même travail, d’améliorer les performances de la voiture et, bien sûr, de résoudre nos problèmes de fiabilité lorsque nous savons sur quoi mettre l’accent. »
« Nous avons connu un problème de fiabilité au Nürburgring et nous devons analyser ce qu’il s’est passé. C’était un problème d’hydraulique et la voiture de Kimi s’est arrêtée. Nous pensons avoir expérimenté le même type de problème aux essais libres de Magny-Cours. » |