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La Scuderia Ferrari estime que McLaren Mercedes a trahi sa confiance. A la lumière d’un rapprochement entre les deux entités voulu par l’écurie de Woking mais qui n’aurait pas été respecté par cette dernière, la formation de Marenello pense avoir été roulée dans la farine par sa rivale au championnat du monde. Pourquoi ? Comment ? Jean Todt, directeur de Ferrari, livre sa version des faits.
« Je suis un peu amer : ce qui s’est passé est sérieux. D’un côté un verdict de culpabilité a été rendu, de l’autre aucune sanction n’a été donnée. Je ne comprends pas. Lors de la réunion de Vendredi, les patrons de McLaren, sans exception, ont admis que leur designer en chef avait obtenu depuis Mars dernier, avant le GP d’Australie, des documents fournis par Nigel Stepney. Certaines de ces données ont été utilisées pour préparer une demande de clarification de la réglementation déposée auprès de la FIA qui nous visait. Lors du week-end de Melbourne, le patron de McLaren et ses plus proches collaborateurs ont effectué une déclaration dans laquelle ils exprimaient leur doute sur ‘d’autres voitures’. En conséquence, de telles informations ont été utilisées pour obtenir un avantage par rapport à nous : pas en améliorant leurs performances, mais en limitant les nôtres. Il est important de souligner que ces informations utilisées pour nuire à Ferrari via la FIA ne sont peut-être qu’une petite partie des informations dont disposaient McLaren. Dans le but de justifier ses agissements, McLaren a tenté d’utiliser l’immunité dont bénéficie celui qui a soulevé l’affaire. Mais il doit être noté qu’à l’ordinaire ce dernier se rend devant les autorités compétentes pour dénoncer quelque chose alors que dans ce cas il a approché le principal rival de Ferrari qui, et ce n’est pas nous qui l’avons déclaré mais la FIA, a pris soin de ne pas divulguer que les informations avaient été acquises de cette manière. »
« McLaren a confirmé qu’elle avait dû installer un pare-feu pour éviter que d’autres informations émanant de Stepney ne soit transmise à l’écurie. De plus, il a été demandé à Coughlan de dire au même Stepney d’arrêter de lui envoyer des informations. Il est regrettable qu’avant cela Coughlan ait réclamé des données sur notre système de freinage, puis ait été déjeuner avec lui en Espagne, et en soit revenu avec un dossier de 780 pages de dessins, diagrammes et données et bien plus encore – comme révélé par le communiqué de la FIA – autant d’informations reliées au design et au développement de la monoplace de Formule 1 Ferrari 2007. Comme il a été confirmé au cours du Conseil, la violation était établie, de par le simple fait de la possession de ces informations qui constituent en elles-mêmes un énorme avantage dans un milieu comme la F1. Pour Ferrari cela revient à jouer au poker avec un rival qui connaît son jeu. »
« Il est incompréhensible qu’à part la possession de ces documents, nous devions démonter leur utilisation manifeste sur la monoplace de McLaren. Ce sont bien ces faits, sur la base des informations que la FIA a utilisées pour convaincre McLaren de sa culpabilité, qui démontrent que le préjudice repose sur la possession même de ces informations et non sur la preuve d’autre chose. La preuve existe et la FIA a pris sa décision, dont la logique m’est difficile à comprendre. De plus, je dois dire que la preuve de l’utilisation effective de ces informations que réclamait la FIA est impossible à fournir par Ferrari car Ferrari ne dispose bien évidemment pas des données de la voiture de McLaren. »
« Quelques semaines après la course de Melbourne, le patron de McLaren nous a proposé de trouver un accord devant permettre de poser les bases d’une meilleure relations entre les deux écuries, afin d’éviter d’autres dénonciations aux autorités sportives. J’avais répondu que cela me paraissait impossible car en plusieurs occasions nous avions vu que certaines implications avaient été rejetées par McLaren. Il y a eu un échange de points de vue et, croyant en leur bonne foi, j’ai accepté de signer cet accord le 9 Juin dernier. Depuis lors et même avant, McLaren était parfaitement au courant des évènements, non seulement des e-mails envoyés par leur informateurs de notre entreprise, mais aussi du fait que son designer en chef était resté en contact avec lui, avait reçu des informations, et avait continué à être en possession d’une certaine quantité de données techniques qui nous appartiennent. Donc, d’un côté ils sont venus vers nous pour nous dire ‘ayons confiance l’un dans l’autre’ et de l’autre ils nous cachent des faits graves tels que ceux que j’aie mentionnés plus haut et ne font aucun effort pour nous informer comme cela aurait dû être le cas selon les termes de cet accord. »
« Enfin, il doit être noté que la réunion du Conseil Mondial n’était pas une comparution devant un tribunal, mais une réunion du Conseil Mondial de la FIA, à laquelle seule McLaren a dû répondre à des accusations et où nous n’étions que des témoins. Nous n’avions donc aucune possibilité d’avoir un rôle actif comme nous l’aurions souhaité. On m’a seulement demandé quelques questions, mais nous n’avons jamais pu présenter notre affaire ni produire des documents. »
« Cette décision reste décevante et surprenante. Il est inacceptable de créer un précédant dans une affaire aussi importante et dont verdict de culpabilité, pour violation des principes fondamentaux du sport, ne soit pas automatiquement corrélé à une sanction. Pour ce qui nous concerne, nous poursuivons nos actions en justice en Angleterre et en Italie et nous n’excluons pas d’entamer d’autres actions en justice. » |