Une fois n’est pas coutume, Ferrari n’a pas occupé le devant de la scène en ce dernier dimanche de course de l’année. Un rouge s’est immiscé sur le podium alors qu’il voulait viser la victoire ; un arrêt aux stands un peu tardif et des pneus Bridgestone parfois en retrait – Rubens ne pouvait monter des pneus secs au même moment que les partenaires Michelin - ont signé le glas de ses espoirs.
Rubens Barrichello s’est octroyé le plaisir de gravir la troisième marche devant son public mais le Brésilien est légitimement un peu déçu, au vu du potentiel de la F2004 et de l’écrasante domination du cheval cabré cette saison. Partant de la Pole Position, le Brésilien espérait faire basculer la foule bigarrée dans l’allégresse sous le drapeau à damier comme il le fit en début de course.
En troquant ses gommes intermédiaires pour des slicks deux tours trop tard, Rubens perdait le leadership de la course et concédait d’un coup plus de 10 secondes sur Montoya et Räikkönen et ressortait des stands derrière Ralf et Sato et devant Coulthard et Villeneuve. Malgré une superbe série de tours rapides, la course venait de filer entre les doigts de Rubinho, qui a la consolation de ne pas repartir d’Interlagos les mains vides et de mettre enfin un terme à une série noire sur ses terres. Michael Schumacher termine à la 7è place, un résultat décevant même s’il faut tenir compte de sa position de grille, 18è. Après seulement deux boucles le septuple champion du monde frappait à la porte du Top 10.
Sans rien à perdre et sonnant la charge sans retenue, Michael est cependant, selon le même scénario aperçu à Suzuka, parti à la faute dans le esse de Senna et fortement compromis sa remontée, qui butait en fin de course sur un petit train Alonso/Sato/Ralf, l’Espagnol bouchonnant ses trois adversaires grâce à une excellente vitesse de pointe et grâce à Sato, dans ses roues dans l’infield mais pas assez véloce dans les bouts droits.
Rubens Barrichello (3è à 24 secondes) : Je suis très fier de toute l’équipe et je veux les remercier ainsi que tous les fans qui m’ont soutenus aujourd’hui. Les circonstances de la course, en terme de pluie, ne nous ont pas favorisés et je n’aurai pas pu faire mieux. Ainsi, je peux partir d’ici la tête haute, même si actuellement j’ai mal au cou car il a été très secoué et j’admets être très fatigué. Peut être que c’est le stress du week-end dans son ensemble. Notre stratégie a bien fonctionné aujourd’hui, mais le résultat final est un peu décevant car j’avais imprimé le rythme tout le week-end. J’étais confiant en course, m’étant qualifié avec une certaine charge d’essence. Nous sommes les meilleurs sous la pluie et sur le sec, mais si nous avons un point faible c’est dans ces conditions humides que nous avons dû gérer pendant quelques tours, quand nous savons que ceux qui courent avec une autre marque de pneus peuvent facilement rouler en pneus secs. La météo n’a pas joué en notre faveur mais je suis content d’être sur le podium, même si je n’ai toujours pas gagné ici…
Michael Schumacher (7è à 50.6 secondes): Nous pouvons être très fiers de ce que nous avons accompli cette saison en tant qu’équipe. Nous avons emporté de nombreuses victoires et les deux titres. Il n’y a aucune réelle raison d’être déçus, aujourd’hui, même si je suis désolé pour Rubens. Concernant ma propre course, quand j’ai réalisé qu’il avait plu, je me suis d’abord dit que ce serait une bonne opportunité pour moi. Mais pour être honnête, elle n’était pas assez humide et je pense que s’il avait plu plus fortement et plus longtemps, cela aurait été un avantage pour nous. Je me sens bien et prêt à piloter mais je sais que maintenant, la chose la plus importante est de faire un break avant de préparer la saison prochaine !
Jean Todt : Ce ne serait pas juste de se plaindre d’avoir terminé la course troisième et septième pour Rubens Barrichello et Michael Schumacher, sachant que ce résultat intervient au terme d’une saison extraordinaire pour nous. Evidement, nous voulions gagner, aujourd’hui, comme à chaque fois que nous nous rendons sur un Grand-Prix. Pour attendre cet objectif, nous savions que nous ne pourrions compter que sur une voiture, celle de Rubens pour y parvenir, vu que Michael partait de la 9è ligne. La météo a modifié le scénario et certainement pas à notre avantage, mais, quoi qu’il en soit la vrai raison, c’est que deux voitures étaient plus fortes que nous. Nous avons une fois de plus démontré que nous avions un excellent niveau de fiabilité avec quatre moteurs Ferrari finissant dans les neuf premiers. Cette journée met fin à la plus longue saison de l’histoire de la Formule Un et ferme un chapitre extraordinaire de l’histoire de la Scuderia. Sur 18 courses, la victoire nous a échappé en trois occasions et à chaque fois pour s’offrir à une équipe différente. Cela montre combien il est difficile de gagner même si ça paraît simple vu de l’extérieur. Je veux remercier l’équipe, les pilotes et tous nos partenaires commerciaux et techniques pour leurs efforts. Une mention spéciale pour Bridgestone et Shell qui ont joué un rôle important dans notre succès.
Ross Brawn : Ce fut un scénario difficile pour nous en début de course. La piste n’était pas suffisamment humide pour les pneus pluies. Du coup, nous savions que nos devions rapidement faire un arrêt au stand. Ensuite, nos pneus ont mis du temps pour chauffer et les pilotes ont eu du mal. Je pense que nous avons vraiment manqué une opportunité de gagner la course. Nous sommes vraiment bons en sec, très bons sur piste mouillée mais entre les deux, ce n’est pas génial. Cependant, si vous prenez la saison dans son ensemble, les pneus Bridgestone ont été fantastiques. Je crois que Rubens a fait un boulot remarquable spécialement après le retard pris suite au premier arrêt au stand. Il a passé Ralf, Alonso et Sato. Nous avons fait tout ce que nous pouvions lors des arrêts au stand et la voiture a été rapide. |
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