|
La Scuderia Ferrari n’a pas été prise par surprise par ses contreperformances. La véritable stupéfaction était venue de la victoire de Kimi Räikkönen en Belgique. Un petit exploit que peu de pilotes peuvent se targuer d’avoir réussi dans leur carrière : s’imposer avec une monoplace notoirement inférieure à la concurrence. A Singapour, avec une F60 dont le développement a été figé dès la reprise du championnat à Valence, Ferrari ne pouvait décemment pas demander à Räikkönen de réaliser l’incroyable encore une fois.
La performance du Finlandais se mesure à l’aune de celle de son équipier, distancé de plus d’une seconde à Singapour. Il manquait 27 centièmes au champion du monde 2007 pour s’inviter en Q3. Mais comparativement aux autres F1, la F60 est toujours moins efficace avec peu d’essence à bord. A Monza, Kimi avait réussi à compenser les lacunes de sa machine mais sur le circuit de la Marina Bay où le KERS n’est pas d’une aide suffisante sur un tour de près de 2 minutes, l’entreprise était vouée à l’échec.
Le Cavalino Rampante paie le prix de sa politique et en convient volontiers, notamment par la voix de son directeur, Stefano Domenicali. Comme si le cheval cabré avait déjà la tête ailleurs, en 2010, comme si elle ne souhaitait pas s’appesantir sur le sort de deux pilotes qui ne seront plus ses jockeys officiels l’année prochaine. La Rossa n’évoque d’ailleurs plus son objectif avoué et martelé au début de l’été : la 3è place au championnat Constructeurs.
Kimi Räikkönen (13è, 1:47.177) :
Malheureusement nous n’étions pas assez rapides pour aller en Q3 et on n’y pouvait pas grand-chose. C’est logique car d’autres voitures évoluent et course après course nous paierons un peu plus cher le prix de notre décision d’arrêter le développement de la F60. Demain nous pouvons nous attendre à une course difficile car il est compliqué de dépasser ici. Entrer dans les points sera donc difficile. Il est vrai que tout peut arriver sur une piste comme celle-ci et nous ferons de notre mieux pour saisir chaque opportunité, peut-être serons nous aidés en prenant un bon départ comme nous avons réussi à le faire lors des dernières courses. En ce qui concerne les pneus, je pense qu’il pourrait y avoir un problème demain avec les plus tendres même si la donne pourrait évoluer pendant la course.
Giancarlo Fisichella (18è, 1:48.350) :
Je suis déçu, bien sûr. Je voulais vraiment faire quelque chose de bien mais je n’ai pas encore réussi à trouver un bon niveau de confiance avec cette voiture. C’est comme si elle me pilotait plutôt que l’inverse. Je n’ai pas la confiance nécessaire pour aller à la limite, surtout sur une piste aussi difficile que celle-ci. En partant de la 18è place, je peux m’attendre à une course difficile. J’essaierai de gagner des places au départ. Entrer dans les points serait le maximum que je puisse faire mais même ça ce sera une cible difficile à atteindre.
|