Giancarlo Fisichella est au pied du mur. Pour la première fois de sa carrière il a la douloureuse expérience de voir un jeune équipier le dominer en qualifications et en course. Alex Wurz avait également fait mordre la poussière au Romain en 1998, lorsqu’ils faisaient équipe chez Benetton, mais la comparaison entre deux jeunes loups était alors moins vitale et Giancarlo était en phase ascendante après une difficile année 1997 où la cohabitation avec Ralf Schumacher avait été houleuse (l’Allemand avait sorti l’Italien manu militari en Argentine pour monter sur le podium).
Fisichella rêve aujourd’hui de piloter une Ferrari, et passe pour l’un des pilotes les plus doués de sa génération. Il ne peut se permettre de ne pas battre à plate couture son jeune équipier. Qu’il laisse Massa le dominer encore quelques courses et il sera difficile de remonter la pente et de convaincre un top team, à commencer par Ferrari, mais aussi (et surtout ?) par Williams, qui avait fait mine de s’intéresser à lui.
Giancarlo invoque sa difficulté à piloter la C23, une des rares monoplaces du plateau qui ne soit pas équipée de la direction assistée. Chaussée de pneus Bridgestone plus larges qu’en 2003, la direction de la C23 est très dure et ne convient pas au style du Romain. La dernière-née de Sauber devrait bénéficier de la direction assistée à Imola. Giancarlo n’aura alors plus d’excuse…
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