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26 Janvier - 10:32
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Fuite des cerveaux chez McLaren : Prodromou oui, Tombazis non ?

La fuite des cerveaux de l’écurie McLaren n’est pas une vue de l’esprit ni une opération de déstabilisation, que certains rivaux de Ron Dennis entretiendraient par calcul. Le départ d’Adrian Newey (qui a pris ses quartiers chez Red Bull Racing au début du mois) est suivi par celui de Peter Prodromou, directeur du développement aérodynamique, comme l’ont confirmé diverses sources, y compris des membres influents de l’écurie basée à Milton Keynes, sans pour autant fixer de date: départ avec effet immédiat ou différé ? McLaren a démenti, et Prodromou devrait rester fidèle aux gris une année de plus, avant probablement de venir grossir les rangs de Red Bull Racing, qui embauche tous azimuts et renforce sérieusement son plus gros point faible à l'heure acuelle: le département ingénierie.

 

Prodromou fut l’un des principaux architectes, aux côtés de Newey, des dernières McLaren, et notamment de la MP4-21. Si le départ de Newey avait été anticipé par l’écurie de Woking, celui de son responsable de l’aérodynamique l’était moins (McLaren a récemment démenti les rumeurs concernant Prodromou et Tombazis) et les hommes de Ron Dennis se retrouvent dans une situation paradoxale où l’écurie se pose sur le papier comme l’une des forces dominantes des années à venir (arrivée de Fernando Alonso et de Vodafone), mais se vide de ses matières grises.

 

Autre cerveau sur la liste des départs potentiels, Nikolas Tombazis est aujourd’hui au centre des débats. L’ingénieur grec qui a effectué ses classes chez Benetton (1992-94) avant d’être promu chef aérodynamicien chez Ferrari (de 1998 à 2003) puis de mettre sa carrière F1 entre parenthèses pour effectuer son service national dans sa patrie, voit cependant une voie royale se dégager devant lui. Newey et Prodromou partis chez l’ennemi, Tombazis a aujourd’hui toutes les clefs en main pour devenir le gourou des flèches d’argent, aux côtés de Neil Oatley (patron de l’ingénierie) et Jonathan Neale (directeur du management). Le verrou Tombazis ne tombera donc probablement pas, mais il appartient à Ron Dennis d’actionner la clef décisive, celle du tiroir caisse, pour conserver les services de Nikolas. Professionnellement comblé, Tombazis ne se fera pas prier pour devenir l’un des maillons forts de McLaren si Dennis le gratifie d’une augmentation de salaire substantielle justifiée et lui donne les rennes du département aérodynamique.

 

Tombazis ne trouvera pas de meilleures conditions chez Ferrari, qui avoue œuvrer au renforcement de son écurie, et Nikolas est aujourd’hui dans une situation confortable pour négocier son avenir avec Ron Dennis, qui possède toutes les cartes en main pour conserver l’un des principaux atouts de son écurie dans sa manche.

 

Le fait que McLaren se vide de sa substance est cependant troublant. Newey était à la recherche d’un nouveau challenge, certes, mais Prodromou n’aurait pas quitté son poste s’il s’y était senti parfaitement à l’aise. Certaines restructurations et conditions de travail auraient semé la zizanie du côté de Woking. Contrairement aux apparences, les errances de 2003/2004 et l’échec de 2005 n’ont pas été totalement digérés et McLaren court toujours derrière une couronne mondiale, qui la fuit depuis 1999.

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