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Romain Grosjean avait le chronomètre pour seul adversaire le week-end dernier en Toscane, sur le circuit du Mugello. Auteur de sa première pole position de la saison, le pilote de l’équipe de France FFSA a pris un envol parfait à l’extinction des feux pour virer en tête dans la première courbe de la 9è manche du championnat F3 Euro Series.
L’envol s’est rapidement transformé en mise sur orbite. Romain n’est devenu plus qu’un petit point dans la ligne de mire de son équipier chez ASM, Kamui Kobayashi, également bien parti depuis la 4è place sur la grille de départ, mais ne pouvant soutenir le même rythme que le Français.
Romain s’est détaché à raison de près d’une seconde par tour pour franchir la ligne d’arrivée avec une avance mammouth de plus de 16 secondes sur son plus proche poursuivant – le reste du top 8 synonyme de points s’inscrit dans une fenêtre de 10 secondes à peine ! Un petit exploit dans une formule quasiment monotype et aussi disputée. « Je pense que ce week-end est à marquer d’une pierre blanche dans ma jeune carrière. J’aurais difficilement pu espérer un meilleur résultat global même si je pense qu’il s’en est fallu de très peu pour que je fasse la totale » sourit Romain.
Le succès de Grosjean s’est construit de façon atypique, Romain fermant de justesse le top 10 lors des deux premières séances d’essais libres. Ses adversaires endormis à l’issue des premiers essais, ont eu un réveil douloureux à la lecture de la feuille des temps des qualifications puis de la course 1. « Nous avons bien travaillé sur le fond le Jeudi. Nous étions loin du compte en performance, mais nous avons balayé toute une palette de réglages et de paramètres essentiels pour les qualifications et la course » décrypte Romain. « Du coup, les qualifications ont été plutôt faciles » s’excuse presque le pilote ASM, « Je n’ai passé que deux trains de pneus neufs contre trois pour mes adversaires, et j’ai signé la pole position en ayant pourtant été gêné dans ce qui aurait dû être mon tour le plus rapide. »
Sur le tracé long de 5245m, la feuille de route de Romain était somme toute banale – creuser un écart minimum et suffisant en début de course pour se mettre à l’abri des bousculades et des velléités de ses rivaux. Mais dès le 2è tour il est clairement apparu que Romain était le général 5 étoiles de la campagne italienne du championnat F3 Euro Series. « Je ne pensais vraiment pas pouvoir creuser une telle avance en course. J’étais d’autant plus surpris que je n’étais pas sur le fil du rasoir car je devais respecter un compromis entre performance et usure des pneus. »
Sur un circuit du Mugello plombé par une chaleur étouffante (36°C dans l’air) le Dimanche, il fallait avant tout conserver la tête froide pour espérer un bon résultat dans la 2è course du meeting transalpin, la 10è du championnat F3 Euro Series. Mais à la canicule se sont greffées les manœuvres bouillantes d’un Dani Clos qui aura fait souffrir tous les hommes de tête, à commencer par Romain Grosjean, auteur d’un départ fulgurant qui l’a propulsé de la 8è à la 4è place au premier virage. Finalement, Romain peut remercier Clos pour son jusqu’auboutisme, qui aura permis au nouveau leader du championnat d’effectuer le plus beau dépassement de la saison à ce jour, à l’extérieur de la première courbe et en mystifiant deux adversaires d’un coup ! « Oui merci à Dani finalement ! » s’amuse Romain, « Mais je pense qu’il ne manquait pas grand-chose pour que j’aille chercher la victoire dans la 2è course » semble regretter le Français qui se découvre un appétit d’ogre.
Désormais leader du championnat, Romain ne veut pas entendre parler de cap franchi autre que celui des 50 points. « D’accord j’ai démontré ce que j’étais capable de faire au Mugello. Mais je ne pense pas avoir fait le plus dur. Nous ne sommes qu’à la mi-saison et le championnat peut encore nous réserver des surprises. Le plus satisfaisant est de savoir que je suis de plus en plus à l’aise dans la voiture et que je travaille en synergie et en parfaite osmose avec mon ingénieur » souligne le pilote EDF.
La pression de gérer un championnat n’effraie pas plus l’homme fort du championnat F3 Euro Series, et s’il ne veut pas s’autoriser à rêver à la succession d’un certain Lewis Hamilton ou de Paul Di Resta, d’autres le font pour lui. « Gérer un championnat ne me pose pas de problème. J’y suis parvenu en 2005 lorsque j’étais devenu champion de France et je n’avais pas ressenti de pression particulièrement délétère » rappelle Romain. « La prochaine étape nous emmène à Zandvoort, le circuit du championnat pour lequel j’ai un petit faible. Je n’aurai qu’un seul objectif : podium et victoire. On reparlera de comptes le 30 Septembre au soir de Nogaro, avant la finale d’Hockenheim. » |