|
Lewis Hamilton dresse le bilan d’une saison 2009 qui l’aura vu passer par les deux extrêmes : des affres de la qualification en fond de grille à la victoire. Adepte de l’adage « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort », le champion du monde 2008 estime que la saison écoulée lui aura permis de construire sa personnalité et de ressortir de l’épreuve plus fort mentalement, et mieux armé pour l’avenir.
Personne ne semblait pouvoir vous arrêté le Samedi à Abou Dhabi, mais la course vous a réservé votre 1ère casse mécanique de votre carrière F1. C’était un week-end mitigé, non ?
Pas vraiment. Bien sûr, c’est décevant de ne pas terminer la course, surtout lorsque vous êtes au commandement, mais il faut être réaliste : avoir effectué 3 saisons et n’être stoppé par la mécanique seulement maintenant pour la 1ère fois est une statistique incroyable. On considère que la fiabilité est une chose acquise de nos jours et il est donc étrange de se retrouver debout dans le garage à regarder la course plutôt que d’y participer. Mais je pense qu’on peut être fiers de ce qu’on a fait cette année. On a débuté avec l’auto la moins rapide et le samedi à Abou Dhabi elle était la plus rapide.
Revenons sur la saison – elle a été faite de hauts et de bas, mais quel est le fait marquant que vous retenez ?
Je pense qu’il y a plusieurs instants qui resteront gravés dans ma mémoire. Le premier est Silverstone, lorsque je suis arrivé là-bas en sachant que je ne pourrai pas me battre pour la victoire alors que j’étais touché par le soutien reçu sur place. Je n’aurais jamais pensé que ça puisse être un week-end aussi positif et qui ‘aurait inspiré pour la suite, même si nos résultats n’étaient pas bon. En piste, l’un des plus grands moments à été l’Allemagne, lorsque nous avons essayé le nouveau package pour la 1ère fois. Je n’avais jamais piloté la voiture dans cette configuration et j’ai pu me rendre compte que c’était un pas de géant que nous venions d’effectuer. Nous avions complètement changé l’aileron avant, le soubassement et la carrosserie, on avait la pression car il ne fallait pas se planter et tout avait l’air bon, l’auto semblait fantastique. Il ne m’a fallu que quelques tours pour réaliser que les progrès étaient incroyables. Enfin, après plusieurs mois passés à batailler je pouvais tourner comme je voulais, être agressif avec la puissance et me reposer sur l’adhérence pour sortir des courbes. En sortant de l’épingle du Nürburgring pour entrer dans les esses rapides, j’avais accidentellement laissé ma radio ouverte et tout l’équipe pouvait m’entendre crier, l’auto était tellement bonne ! J’étais un peu gêné après, surtout lorsque Martin [Whitmarsh, directeur de McLaren Mercedes] m’a dit qu’il avait repassé l’enregistrement à toute l’équipe ! Mais aujourd’hui j’ai compris que c’était très important pour le moral de chacun.
L’autre temps fort est la victoire en Hongrie. J’avais toujours dit que gagner une course cette année aurait été le sentiment le plus agréable de tout ce que nous avons réussi car elle aurait été la conclusion d’un travail gigantesque. En Hongrie, un rêve s’est concrétisé.
Inversement, quel a été le pire moment à traverser ?
Il y en a eu quelques uns. La première difficulté à laquelle nous avons dû faire face cette année était durant les essais hivernaux : nous savions que la voiture n’était pas assez rapide, mais aux essais de Barcelone dans la semaine 11, il est clairement apparu que nous aurions du mal et que nous n’étions pas aussi rapides que les meilleurs. Je me souviens avoir téléphoné à Ron et Martin [Dennis et Whitmarsh] et leur avoir expliqué que nous avions du pain sur la planche pour faire de la MP4-24 une voiture gagnante. C’était rude mais Ron et Martin m’ont soutenu et nous avons immédiatement mis un plan de sauvetage sur pied – sans attendre. C’était une expérience difficile au début, mais finalement bénéfique.
L’autre moment difficile est intervenu peu après, à Melbourne et en Malaisie. C’était difficile d’un point de vue personnel, mais je croyais dur comme fer que j’utiliserai cette expérience pour mûrir et pour en ressortir encore plus fort. Je crois que toute expérience, même les mauvaises, vous aide à construire votre personnalité.
Quel fut votre circuit préféré cette année ?
Abou Dhabi est un endroit incroyable, mais le plus beau circuit que j’aie visité ces dernières années est Suzuka. Monaco a toujours une place à part dans mon cœur – c’est unique – mais Suzuka est la plus belle piste au monde.
Je ne peux pas ne pas mentionner Silverstone. Les circuits les plus anciens du calendrier ont ce caractère incroyable. Des endroits comme Silverstone, Monaco, Spa, Monza. Ce sont les meilleurs circuits sur lesquels nous allons, nous avons besoin d’eux, il faut qu’ils restent au calendrier. Je sais que Silverstone n’est pas encore confirmé, mais il doit absolument être au calendrier, je n’imagine pas courir en F1 sans y aller.
Et votre course favorite ?
Monza était fun, mais je préfère probablement Suzuka ou le Brésil. J’ai tout donné à Suzuka, ma bagarre avec Jarno dans le premier relais était très rude, c’était comme faire 20 tours de qualifications d’affilée. Mais le Brésil était encore plus fou. L’auto était probablement au meilleure de sa forme et je n’ai pas arrêté d’attaquer, du 1er au dernier virage. C’était probablement ma meilleure course, et mon meilleur pilotage de l’année.
Le moment dont vous êtes le plus fier ?
Ramener l’équipe sur la 1ère marche du podium en Hongrie. Puis avoir 4 semaines avant la prochaine course pour rester sur cette sensation ! C’est notre plus grand résultat de la saison. Je suis fier de tous ceux qui y ont participé ; croyez-moi, on le méritait.
Que retiendrez-vous de cette saison ?
J’ai beaucoup appris sur l’implication, la motivation, les efforts à fournir : des choses comme considèrent comme acquise lorsque l’on est aux avant-postes mais qui reprennent de l’importance lorsque vous vous battez à l’arrière. J’ai mûri en tant qu’homme et que pilote. J’ai dû franchir de plus grands obstacles que les 2 années précédentes et je pense savoir comment faire face désormais, bien mieux qu’il y a un an.
Je pense également que notre groupe est plus solidaire maintenant. Nous nous connaissons depuis plus d’une saison et les liens sont plus forts. Nous avons traversé la tempête ensemble et nous nous connaissons mieux désormais. Je pense que c’est quelque chose qui fera que nous serons une équipe plus forte dan la bataille l’année prochaine.
Qu’est-ce qui attend Lewis Hamilton dans l'immédiat ?
Je suis à Brooklands ce week-end, pour un évènement organisé par Mercedes-Benz. J’y serai avec Heikki et nous conduirons la MP4-23. Après ça, je commencerai l’entraînement sérieusement : je veux débuter la saison en meilleure forme que jamais. Je travaille avec le médecin de notre équipe pour être sûr d’être mieux préparé. Je m’entraînerai dur, chez moi à Genève, et en Finlande.
Après ça je ferai une courte pause pour Noël. Je ne prévois pas d’aller quelque part, mais probablement de passer du temps en famille. Après ça nous retournerons au travail – les réunions avec les ingénieurs, le lancement et les essais de la nouvelle voiture, qui a l’air fantastique.
Honnêtement, je suis prêt à courir la semaine prochaine ! A l’heure actuelle, je peux dire sans peur de me tromper que je suis encore plus amoureux de la F1 qu’avant, et je suis impatient d’y retourner ! |