|
Lewis Hamilton a mené le Grand-Prix de Singapour de bout en bout et sans jamais être réellement inquiété. Les deux seuls pilotes qui pouvaient lui disputer la victoire, Rosberg et Vettel, se sont auto-éliminés en s’infligeant une pénalité drive through. 5è devant Barrichello, Button fait la bonne opération au championnat et Renault tourne la page Briatore de la plus belle manière qui soit avec son 1er podium de la saison qui tombe à point nommé. Webber ne peut officiellement plus coiffer la couronne mondiale.
Météo : Ciel dégagé
Air : 29-30°C
Piste : 28-33°C
Vent : 1,2-4,5 m/s
Humidité : 64-79%
Brillant de mille feux sous les lumières artificielles de quelques 1200 projecteurs de 2000 watts, le formidable écrin du Grand-Prix de Singapour contenait une breloque. Le circuit de la Marina Bay a confirmé sa réputation d’ennemi des dépassements et d’ami des processions. Seul le premier tour où, après avoir mis une roue sur un vibreur, Alonso s’est fait croquer par Webber puis Glock a donné un peu d’éclat à une course nocturne terne qui a vainement tenté d’allumer l’intérêt des spectateurs grâce à une poussière noire, celle des freins en carbone martyrisés sur les 4 monoplaces appartenant à Red Bull ainsi que sur les Brawn GP.
Lewis Hamilton n’a pas ruiné les bookmakers Londoniens en s’arrachant impeccablement de l’emplacement de la pole position pendant que, comme prévu par l’ensemble du paddock et des parieurs, Vettel glissait des 4 pneus et derrière Rosberg car cherchant désespérément l’adhérence du côté sale de la piste. La course se décantait lentement mais sûrement et le seul fait notable apparent était le dépassement d’Alonso sur Webber, grâce à une erreur de l’Australien qui bouclait le 6è tour en 1:57.527 alors que les leaders tournaient dans la fenêtre des 1:48. Dix places plus loin, Alguersuari rentrait dans un rythme à peine meilleur, sans commettre de faute, ce qui avait pour don de stimuler les velléités de dépassement du petit train qui se formait derrière lui. Sutil tentait de faire sauter le tortillard Espagnol mais partait en toupie et se faisait percuter par Heidfeld. La voiture de sécurité entrait en scène pour une neutralisation de 3 tours. Le re-start n’était salué par aucun dépassement mais les ravitaillements se chargeaient de remplir l’agenda des bouleversements de course.
Nico Rosberg coupait la ligne blanche en sortant des stands au 18è passage (la FW31 se dérobait sur la trajectoire sale qui failli piéger Barrichello, Fisichella et Liuzzi) et 23 tours plus tard Vettel grillait le radar et ses chances de victoire dans le même Boulevard de la République aménagé en stands. Tous deux pénalisés d’un drive through, ils chutaient dans le classement avec des fortunes diverses. Nico devait respecter ses travaux forcés après le re-start et repartait 14è derrière Fisichella alors que Vettel perdait 5 places. Sebastian forçait l’allure et parvenait au 4è rang et ainsi à entretenir l’espoir mathématique de faire barrage à Jenson Button dans la course au titre mondial. Longtemps englué dans le peloton, le Britannique a su faire parler la poudre pour dynamiter la course de Barrichello (Button alignait 3 tours rapides et sortait des stands devant son équipier) peu avant qu’une poudre d’un autre genre ne menace de faire exploser ses disques de frein. Webber avait été victime du bris de son disque au 45è tour et l’alerte était donnée au sein de Brawn GP mais Jenson avait fait l’essentiel du travail. Pour Webber, cette poudre réduisait en poussière ses espoirs de titre mondial. L’Australien ne peut mathématiquement plus être l’héritier d’Alan Jones, dernier champion du monde venu des Antipodes (1980).
Les malheurs de Vettel et de Rosberg faisaient le bonheur d’Alonso et de Glock qui retrouvaient les joies du podium. L’accessit ne pouvait pas mieux intervenir pour Renault qui conclut en beauté une semaine qui s’était ouverte sur la hideuse affaire du Singapour-gate. « C’est un résultat fantastique pour nous car c’est le 1er podium de la saison. Le premier tour était un peu chaotique mais une fois repassé devant Mark Webber je pense que nous avons fait du très bon travail » se réjouit le double champion du monde Espagnol, « Un podium est bien mieux que tout ce que nous pouvions espérer » rappelle Fernando qui avait modestement pronostiqué un top 5 au soir des qualifications. Alonso a renoué avec le champagne sans un regard pour son ancien équipier et vainqueur du jour, Lewis Hamilton. Les deux hommes se sont superbement ignorés lors des libations d’après course, mais le Britannique était bien ivre de bonheur. « C’était une course très difficile et je pense que je peux parler au nom de chacun de nous ! » expliquait le pilote McLaren Mercedes, qui détient désormais le 2è plus grand nombre de victoires après Button, mais n’est que 6è au classement général, « Cela dit, la course était assez limpide. J’ai simplement dû creuser l’écart car je savais que mes relais étaient plus longs que ceux de mes adversaires et je pense que j’ai très bien contrôlé la course. J’ai eu un problème de KERS au début et j’ai dû le désactiver puis l’enclencher de nouveau, c’était un peu compliqué mais ça a marché ! Après ça, j’ai pris mon pied. »
Au championnat, Barrichello accuse 15 points de retard sur Button et Vettel 25. L’Allemand doit compter sur un miracle pour déborder les 2 pilotes Brawn GP. Rubens voit quant à lui ses chances de couronnement se réduire comme peau de chagrin. Les deux sociétaires des monoplaces blanches ne sont séparés de plus d’une place qu’en de très rares occasions lorsqu’ils voient le drapeau à damiers et le Pauliste doit donc espérer que Button connaisse les affres de l’abandon pour se relancer dans la course au titre. Au championnat Constructeurs, Renault dépasse BMW Sauber et McLaren Mercedes s’apprête à croquer le cheval cabré dont les pensées, les deniers, les pilotes et les derniers développements n’étaient pas à bord de la F60 aujourd’hui… |