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Pat Symonds n’est pas du genre à être facilement impressionné. Le stratège de l’écurie championne du monde en titre a vu éclore le talent des deux derniers champions du monde de Formule 1, Michael Schumacher et Fernando Alonso, et a collectionné deux paires de titres consécutifs avec l’Allemand (Benetton 1994/95) et l’Espagnol (Renault 2005/06).
On pensait Michael et Fernando fait du même métal, mais voir l’Asturien globalement dominé par un néophyte n’est pas sans surprendre un responsable du calibre de Pat. « Celui qui prétendrait avoir anticipé que Lewis donnerait du fil à retordre à Fernando serait très courageux mais probablement pas très honnête ! » a déclaré Pat Symonds sur le site officiel de l’écurie au losange, directeur de l’ingénierie Renault, qui connaît Alonso, ses méthodes de travail et ses qualités sportives et humaines pour avoir formé l’Asturien chez Renault et l’avoir accompagné au firmament de la F1.
« Personnellement je n’aurais pas pu voir venir la chose et c’est une grande surprise. Nous pensions tous qu’il était excellent, nous l’avions vu rouler en GP2 et nous savions que Ron Dennis avait foi en lui. Il devait avoir quelque chose de spécial. Chez Renault, nous connaissons bien Fernando. Nous savons quelle opposition Lewis doit affronter et qu’il puisse se montrer l’égal de Fernando est franchement époustouflant. »
Le problème d’Alonso est double : l’exploitation des pneus Bridgestone alors qu’il était habitué en 2006 au confort de Michelin, qui faisait tout pour coller à ses desiderata, et la gestion d’un équipier ultra-rapide. En 2004 lorsqu’il était dominé par Trulli chez Renault, Alonso avait montré des signes d’énervement – notamment à Monaco où il était entré en collision avec Ralf Schumacher à la suite d’une manœuvre précipitée et motivée par le cavalier seul de Jarno en tête de la course. Mais il n’était pas encore champion du monde. Depuis il a mûri et a beaucoup appris de cet épisode Trulli. Il n’a laissé transparaître aucun signe d’irritation. Fernando doit aujourd’hui relever l’un des plus grands défis de sa carrière. En cas de succès en ressortira grandi. Rares sont les champions du monde à accepter une confrontation aussi rude avec un équipier. Fernando ne l’avait pas vue venir, mais il n’a plus d’autre choix que d’élever son niveau de jeu. |