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Lewis Hamilton se rebiffe. Etre le protégé de Ron Dennis et lui devoir certaines facilités pour grimper les échelons de la hiérarchie mondiale du sport automobile n’autorise pas le patron de l’écurie de Woking a faire avaler à Lewis toutes les couleuvres de la F1.
Lewis Hamilton fut le premier surpris à pouvoir se montrer l’égal d’un double champion du monde dès ses premières apparitions en compétition officielle. En début d’année, Lewis goutait le bonheur de débuter dans l’Olympe du sport automobile en bousculant les Dieux établis. Il a accepté d’être défavorisé par rapport à Fernando Alonso. Ses qualifications sont invariablement interdites de pole position puisque enrichies de 10kg de carburant par rapport à la flèche d’argent de l’Espagnol. Alonso méritait sa victoire à Monaco. Rapide dès les essais libres, il n'a pas commis la moindre faute du week-end, contrairement à Hamilton, mais le fait que McLaren distribue un atout maître dans le jeu d'Alonso entâche inutilement les excellentes prestations de l'Asturien.
Les résultats venant, Lewis apprécie modérément de devoir perpétuellement s’effacer devant l’impérativité de résultats de son équipier. Le seul champion du monde en activité ne devrait pas avoir besoin de l’aide de son employeur pour mettre au pas Hamilton. Quitte à devoir attendre l’année prochaine pour avoir une chance de terrasser Alonso – une chance purement hypothétique puisque personne ne sait de quoi demain sera fait – Lewis a pris le partie de ne plus jeter un voile pudique sur la vérité. « Je suis un débutant, j’en suis à ma 5è course en F1 et je dois donc être heureux de mon sort. Je dois apprendre à vivre avec : j’ai le même rythme que Fernando, mais j’ai le numéro 2 sur ma voiture et je suis le pilote numéro 2 » a expliqué Lewis à la presse Britannique.
Une intervention qui a le mérite de la clarté, à l’image du pilotage de Lewis. Mais le mal pourrait commencer à ronger Hamilton s’il devait voir Alonso le distancer au championnat et en piste sur des artifices savamment orchestrés par son propre employeur. « J’étais assez surpris de devoir m’arrêter aux stands aussi rapidement car j’avais de l’essence pour faire 5 ou 6 tours de plus que Fernando ; or je n’en ai fait que trois de plus. C’est malheureux mais c’est ainsi » constate Hamilton, dont la course a été amputée d’une phase cruciale : l’enchaînement des tours de qualifications au meilleure de la forme de sa monoplace, avant le pit stop, pour avoir une chance de déborder un pilote dans le ballet des ravitaillements. La manœuvre est gravée dans le marbre, elle est le seul avantage d’une stratégie dont le revers de la médaille est de participer aux qualifications avec une surcharge en carburant.
Alonso affirme pour sa part qu'il a pu économiser du carburant avant le premier pit stop. Le fait s'avèrerait exact : 3,2kg en diminuant le régime moteur du bloc frappé de l'étoile du constructeur Stuttgart de 19.000 à 18.500. |