|
Lewis Hamilton et Jenson Button ont assuré le spectacle en Turquie en offrant quelques passes d’armes au public d’Istanbul. Les deux Britanniques ont roulé de conserve du départ à l’arrivée et ont été confrontés aux mêmes problèmes et aux mêmes choix. Respectivement 2e et 4e à l’extinction des feux, les champion du monde 2008 et 2009 ont glissé d’un cran derrière Vettel et Schumacher qui bénéficiaient du côté propre de la piste et donc d’une même adhérence. Ils ont tous deux repris leurs biens dans les plus brefs délais.
Hamilton a perdu de nouveau la 2e place par la faute d’une roue arrière récalcitrante pendant le pit stop. Puis, Lewis et Jenson ont rempli les rétroviseurs des Red Bull Racing sans jamais pouvoir porter une attaque décisive. Hamilton a tenté de faire l’extérieur à Vettel au freinage du 12e virage mais il s’est rapidement rendu compte de son erreur. Comme Button, il s’est vu intimer l’ordre d’économiser son carburant dans les 15 derniers tours. Le parallèle entre les deux hommes fut à son paroxysme lorsqu’ils ont coupé la ligne de chronométrage du 48e tour avec un écart de 0 seconde… Leur duel, propre et serein, a jeté une lumière crue sur celui, fratricide des pilotes Red Bull Racing. Lewis et Jenson n’ont jamais mis en péril l’intérêt de leur employeur et offre à McLaren son 2e doublé de la saison ainsi que la 1ère place au championnat Constructeurs. Leur sagesse est récompensée sur le plan individuel puisqu’ils pointent aux 2e et 3e places du championnat Conducteurs.
Le parallèle entre les deux équipiers s’est arrêté au 48e tour lorsque Lewis a eu la surprise de voir Jenson l’attaquer. 5 tours plus tôt, il lui avait été demandé d’économiser son carburant, et précisé que la situation était la même pour les 2 MP4-25. Lewis en a déduit un peu trop vite qu’il n’avait pas à craindre une attaque de son partenaire…
Si la MP4-25 a fait jeu égal avec la RB6 en course, l’écurie de Woking ne doit pas oublier que le point fort de Red Bull Racing, les qualifications, continuera d’être une arme redoutable contre laquelle il est difficile de lutter comme l’a démontré le GP de Turquie. De plus et contrairement à la RB6 dont la compétitivité est indépendante des circuits, la MP4-25 trouve sa meilleure efficacité sur les circuits rapides et devra devenir multitâche pour prétendre aux couronnes mondiales. Mais McLaren a eu le mot juste en expliquant « Nous les avons mis sous pression et ils ont craqué ! ». La fiabilité et la force mentale seront deux atouts décisifs dans la course au titre.
Lewis Hamilton (Vainqueur) :
Ce fut une course pleine de rebondissements. Je n’ai pas pris un bon départ alors qu’il me semblait que j’avais une meilleure traction que Mark Webber, mais l’auto ne voulait pas avancer. J’étais soulagé d’avoir pu passer Sebastian dans le 3e virage puis j’ai longtemps défié Mark avant de perdre une place au pit stop lorsque mon pneu arrière droit a mis plus longtemps que normalement pour être retiré de son emplacement. Après ça, je me battais contre 2 Red Bull Racing et non plus une seule. En doubler 1 était difficile alors 2… mais l’aspect positif est que j’avais la vitesse pour rester avec elles. Après leur collision, j’étais confiant de pouvoir faire un doublé avec l’équipe et nous prenions garde à nos pneus et à notre consommation d’essence. Les temps au tour que l’écurie m’a demandés de faire étaient peut-être un peu trop lents que ce qu’elle voulait dire et Jenson a soudainement été dans mes échappements. Je me suis bien battu avec lui et je suis content de l’avoir passé car cette bataille était un peu une surprise. Nous sommes autorisés à nous battre mais nous devons être sensés. Nous voulons gagner le titre Conducteurs mais nous ne sommes pas stupides, je ne ferai rien de dangereux pour toucher Jenson et vice-versa. La victoire n’est pas aussi douce que d’habitude car le pilote que je suis veut doubler pour conquérir une victoire et pas voir les autres se crasher.
Jenson Button (2e à 2,6 secondes) :
Quelle course folle ! J’ai pris un bon départ mais j’étais bloqué derrière Lewis dans le 1er virage et Michael a pu me dépasser par l’extérieur. Je l’ai repassé dans le 12e virage ce qui était une belle revanche après Barcelone. Après c’était une bataille à 4. Il était difficile de se rapprocher pour dépasser. Il nous a été demandé à tous les deux d’économiser le carburant, même si je le faisais depuis 30 tours environ, car nous n’avions jamais imaginé que la cadence de la course serait aussi élevée. J’ai pris l’aspiration de Lewis dans le 8e virage. Je ne sais pas pourquoi il était un peu lent, mais j’ai eu une opportunité de passer dans le 12e virage et j’y suis parvenu. Nous nous sommes battus mais j’étais mal placé dans le dernier virage et j’en suis mal sorti ce qu’il a fait qu’il a pu me passer dans la ligne droite des stands. Après ça, on m’a demandé d’économiser encore plus mon essence car la situation devenait critique. |