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Lewis Hamilton a tourné la page du Hungaroring avec brio. Le Britannique a renoué avec la victoire ainsi qu’avec la tête du championnat pendant que 3 de ses principaux adversaires (Alonso, Vettel, Button) buvaient la tasse sur un Spa-Francorchamps mi-sec mi-humide. Deuxième, Webber fait l’autre bonne opération du jour et possède 28 points d’avance sur Sebastian Vettel, victime d’un énième problème de fiabilité dont il est cette fois-ci le responsable. Robert Kubica a longtemps convoité cette deuxième place mais le Polonais s’est emmêlé les puces électroniques au moment de son pit stop ; il repart de Belgique avec son 3è podium en poche et se rapproche à 5 longueurs de Massa au championnat Conducteurs.
Météo : Soleil, nuages et pluie
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Hamilton en rêvait, Lewis l’a fait
Vainqueur dans les rues de Monaco, devant son public à Silverstone, dans la chaleur d’Istanbul, sur le tourniquet du Hungaroring, sur le prestigieux Brickyard d’Indianapolis, en nocturne à Singapour et au pied de la muraille de Chine, Lewis Hamilton rêvait d’une victoire sur le juge de paix de la saison de Formule Un, Spa-Francorchamps. Lewis a exaucé son vœu cet après-midi en alliant l’art et la manière. Il faut dire que le Britannique avait un contentieux avec le tracé des Ardennes dont le toboggan s’était dérobé sous ses roues l’année de son sacre, lorsque la Fédération Internationale de l’Automobile lui avait confisqué une victoire chèrement acquise sous le déluge.
« Je voulais vraiment gagner ici. Et oui, absolument, ça compense 2008 » sourit le vainqueur du jour en conférence de presse après être venu à bout des intempéries, des neutralisations et de ses adversaires. Le premier qu’il fît tomber ? Mark Webber, à l’extinction de la rampe des feux. Lewis n’a eu qu’à donner la pichenette nécessaire pour faire chuter le poleman de son fil tant il était mentalement et techniquement fortement déséquilibré. « Le régime de mon moteur à brutalement et énormément chuté pendant le tour de formation » révèle l’Australien, « J’avais des soucis techniques et au moment du départ la procédure était forcément plus difficile à gérer. Lorsque c’est le cas, on se déconcentre un peu… ça m’a affaibli par rapport aux autres ». Chute de régime et chute au classement : de la 1ère à la 7è place avant la fin du premier tour !
Lewis a rapidement eu affaire avec son deuxième ennemi du jour, la pluie. En cas d’averse, le leader d’une course est toujours fragilisé par rapport à ses adversaires. En arrivant en vue de la Source, Hamilton n’a pas voulu boire de son eau mais il a bien dû se résoudre à boire la tasse. Un bref écart à l’arrêt d’autobus et repart. Alertés, ses poursuivants n’ont pas fait mieux. Et même pire dans le cas de Barrichello qui a harponné Alonso après un freinage manqué. « J’ai à peine touché les freins et j’ai perdu le contrôle. L’adhérence était très faible. Malgré tout mon expérience je n’ai pas pu maîtriser la situation » grimace le recordman du nombre de départs en course (298 aujourd’hui). Miraculé, Alonso a pu regagner les stands voisins pour faire changer ses pneus. L’impact de la Williams sur la Ferrari s’est fait dans l’axe de l’essieu arrière, au niveau de la roue contre la jante, et n’a pas tordu la suspension ni provoqué une crevaison.
Troisième piège à déjouer pour Lewis, la neutralisation est sortie des coulisses où elle restait tapie, dans les starting blocks. Encore une fois, Hamilton n’a pas tremblé malgré l’imminence du danger et l’avantage que procure un re-start au chasseur par rapport au chassé : prendre l’aspiration dans le Raidillon puis dans la ligne droite de Kemmel pour déboîter au freinage des Combes est un grand classique de Spa, moult fois aperçu encore cette année. Pire, Hamilton avait l’assurance que le chasseur, son équipier Jenson Button qui avait pris le meilleur sur Kubica à la suite d’un écart du Polonais dans l’Eau rouge dans le 1er tour, ne se priverait pas de porter une attaque s’il en avait la possibilité. En jeu, le pouvoir au sein de McLaren, qui a généreusement choisi le côté de la balance de Lewis depuis le GP d’Espagne. Hamilton a parfaitement contourné le piège et a creusé un écart conséquent à raison d’une seconde au tour jusqu’au 17è tour.
Vettel, bis repetita NON placent
Hier soir, Sebastian Vettel affirmait avec aplomb que seule la malchance pourrait priver Red Bull Racing d’un sacre mondial (lire notre article 'Seule la malchance peut nous empêcher d’être champions, assure Vettel'). L’Allemand catalogue-t-il sa collision avec Jenson Button dans celle de la malchance ? Sa victime non. « Je faisais du bon travail et j’avais le sentiment de trouver plus d’adhérence que les autres. Je ne sais pas ce qu’il a voulu faire, j’ai entendu un grand bruit… Du point de vue du championnat, c’est un coup très rude ! » se renfrogne Button.
Au freinage de l’arrêt d’autobus, Vettel – qui s’était débarrassé de Kubica au re-start – s’est laissé surprendre par une petite perte d’adhérence consécutive aux gouttes d’eau soulevée par la McLaren et à la privation en air de son aileron avant dans le sillage de la McLaren. Le taureau rouge à esquissé une embardée vers l’extérieur de la piste puis s’est ravisée et a proprement encorné la MP4-25. Comble de malchance – cette fois-ci c’en est une ! – le collège des commissaires a estimé que Vettel méritait une pénalité drive through pour avoir provoqué une collision. « Tu as changé de trajectoire deux fois » lui a expliqué son ingénieur. Aussi cruel soit-il pour Button, l’accident n’était qu’un incident de course provoqué avant tout par les conditions de piste et non pas une imprudence coupable.
Le 3è podium de Kubica
Button et Vettel hors jeu, Kubica a retrouvé sa place dans la course au podium. Devant le Polonais, Hamilton taillait la route, derrière lui Webber n’était pas une menace directe. Mieux, la 1ère place fut virtuellement à sa portée lorsqu’une nouvelle averse vint tremper le tarmac de Spa. Les 4 leaders ont boudé les stands et Hamilton est sorti dans les graviers peu de temps après avoir prévenu son équipe que la situation s’aggravait. McLaren avait prévenu son pilote, « On ne changera de pneus que lorsque les intermédiaires s’imposeront ! ». Bientôt, ce sont les Bridgestone Pluie qui ont semblé la meilleure option à Liuzzi, Hülkenberg et Vettel. « C’était une décision très difficile à prendre, une décision d’équipe » avance Lewis en prenant le soin de ne pas accabler son équipe, « On ne sait jamais quelle quantité d’eau va tomber ! Il fallait faire un choix délicat mais ça s’est très bien passé. A la fin l’adhérence était vraiment faible et il fallait à tout prix voir l’arrivée » souligne Hamilton comme pour mieux tourner le couteau dans la plaie de Button, Vettel et Alonso.
« Lorsque Lewis est sorti, je le rattrapais depuis quelques tours. Mais en rentrant aux stands, je faisais des changements sur mon volant pour me préparer à chausser les pneus intermédiaires. J’étais occupé à faire ces ajustements et j’ai freiné trop tard. J’ai dépassé mon emplacement et j’ai heurté un mécanicien. J’espère qu’il va bien ! Ma faute nous a coûté une place… » regrette Kubica. Son passage par les stands a duré 27,9 secondes soit 5 de trop. Webber en a profité pour se hisser en 2è position.
Une nouvelle neutralisation provoquée par la sortie de piste d’Alonso dans Malmedy ne permettra pas à Kubica de reprendre son bien. Robert a perdu 3 points qui aurait pu être précieux dans la chasse que Renault mène derrière Mercedes au championnat Constructeurs personne ne lui en tiendra rigueur au regard de sa saison exceptionnelle. Aussi Robert préfère-t-il voir le côté positif et se projeter dans l’avenir, « Notre F-duct fonctionne très bien. A Monza, ce sera difficile, c’est très différent et il est dur de faire des prévisions car il faut rouler avec très peu d’appuis. Le plus important est de continuer à progresser et à trouver de bonnes solutions pour la voiture de 2011. »
Vivement Monza !
Webber ne pense pas à 2011. L’Australien est dans le présent et il était à la fois heureux du passé et d’une 2è place inespéré, et bougon de constater qu’il a perdu la tête du championnat et que la RB6 n’est pas automatiquement l’auto la plus efficace. « J’ai combattu avec Adrian, avec Felipe, j’ai eu quelques problèmes lorsque la voiture de sécurité entrait en piste. La course fut vraiment difficile pour moi. Ma 7è était trop courte, je touchais le limiteur dans la ligne droite. Je suis donc très heureux de prendre la 2è place. Il fallait absolument marquer de gros points et c’est fait » conclut Webber, complice de Lewis sur l’instant, comme pour remuer le couteau dans la plaie de qui vous savez.
Les écarts au championnat se creusent et l’on imagine facilement les tempêtes qui commencent à se déclencher sous les casques. Avec 35 points de retard que Hamilton, Button peut-il encore espérer que son écurie le laissera courir à sa guise ? Vettel doit-il s’inquiéter d’avoir l’équivalent de plus d’une victoire de retard sur Webber ? Alonso est-il sûr d’avoir le potentiel pour combler un déficit de plus de 40 points ? Il en reste 150 à distribuer aux 6 vainqueurs des dernières courses. Monza sera décisif pour l’attribution des rôles au sein de chacune des écuries de pointe. |