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Lewis Hamilton a laissé passer une chance unique de s’offrir un aller/retour avec la locomotive de tête du championnat du monde de F1 2010, le week-end dernier à Monaco. Sa gestuelle en disait long sur le désespoir qui l’a envahi alors qu’il venait de s’extirper de sa monture blessée à mort dans la première phase des qualifications du Grand-Prix de Monaco. A cet instant précis, Lewis a senti le sol se dérober sous ses pieds. Lui qui chérit Monaco plus que n’importe quel autre pilote du plateau, lui qui savait que sa seule chance de briller dans cette première moitié de championnat résidait justement dans ce rendez-vous avec son circuit fétiche, il venait de tout perdre en cherchant à signer le meilleur tour des Q1 alors qu’il était potentiellement à l’abri du besoin (16è millièmes de seconde le séparaient de la sélection pour les Q2, malgré un seul tour chronométré).
Le tracé de Monaco, exempt de grandes courbes rapides, nécessite les appuis aérodynamiques les plus forts de la saison ; mais c’est paradoxalement sur le Rocher que le MP4-24 pouvait masquer ses carences dans le domaine de l’aérodynamisme. Appuis maximums oui, mais dans des virages serrés et des enchaînements courts où le grip mécanique est primordial. « Les ingénieurs ont quelques atouts dans leurs manches et ils parlent des prochaines courses avec optimisme. Ils parlent de nouveautés pour Monaco et la Turquie. J’adorerais me battre aux avant-postes à Monaco » expliquait Lewis avant l’ouverture des débats, Jeudi dernier. Les premiers essais libres (3è le matin, le champion du monde grimpait d’un cran après la pause déjeuner) l’ont définitivement rassuré sur son potentiel et sur celui de sa machine à Monaco. On sait ce qu’il advint. En Turquie, Hamilton s’attend à un brutal retour à la normal. A savoir à une lutte de tous les instants dans le ventre mou du peloton, avec un mince espoir d’incrémenter son total d’un petit point. « On aurait tort de surestimer notre rythme de Monaco. A Istanbul nous ne nourrirons pas de grands espoirs. Une course encore plus difficile nous attendra » explique le champion du monde avec fatalisme, « Il y a beaucoup de courbes rapides là-bas, et elles ne conviennent pas à notre voiture. Je pense que la situation sera semblable à celle de Barcelone. »
A Barcelone, Hamilton s’était qualifié au 14è rang et avait bouclé son calvaire Catalan en dehors des points, à 1 tour du vainqueur, Jenson Button. |