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Avec le retrait de BMW de la Formule Un à la fin de la présente saison s’est brutalement volatilisée la meilleure opportunité de Nick Heidfeld de conserver sa place sur l’Olympe du sport automobile. Le natif de Mönchengladbach doit aujourd’hui combattre son pire ennemi : lui-même !
Nick n’a jamais su se vendre et a souvent donné l’image d’un pilote transparent et d’une personnalité sans relief. Sans BMW, la carrière d’Heidfeld aurait probablement pris des chemins de traverse qui l’auraient amené à exercer sa profession ailleurs qu’en F1. Le constructeur Bavarois a misé sur lui lorsqu’il s’est associé à Williams, puis a conservé ses services quand il s’est porté acquéreur de Sauber. En 2010, Heidfeld ne pourra plus compter sur son seul admirateur du paddock, aussi se fait-il violence en faisant son éloge et en rappelant ses hauts fait d’arme.
« Il est bien évidemment satisfaisant de savoir que j’ai battu des pilotes comme Felipe (Massa), Kimi (Räikkönen) et Mark (Webber) avec des voitures identiques et qu’ils se sont battus pour le titre ou l’ont même obtenu » explique Heidfeld dans une interview accordée à Motorsport, « Mais il est pénible de n’avoir jamais eu la chance de piloter la bonne voiture. »
Les chiffres ne font pas mentir Heidfeld. En 2002, il a mathématiquement dominé Räikkönen (12-9). L’année suivante, ce fut au tour de Massa de subir sa loi (7-4). Nick oublie simplement de préciser que Kimi comme Felipe était des néophytes. En revanche il a bien pris le dessus sur Webber, chez Williams en 2005, avant de se fracturer l’épaule et de faire l’impasse sur les 5 derniers Grand-Prix. Avant son accident de vélo, Nick comptait 28 points et 3 podiums, contre 24 points et 1 podium pour l’Australien.
Depuis qu’il se frotte à Kubica, Heidfeld a connu des fortunes diverses qui ont souvent été dictées par l’adaptation des deux pilotes – au styles très différents – aux spécificités de la monoplace de Hinwil. 2007 a vu Heidfeld mettre le Polonais sous l’éteignoir (61 à 39) lorsque le pilote de Cracovie ne parvenait pas à tirer la quintessence de ses gommes. Robert a inversé la tendance l’année suivante (75 à 60) quand BMW a conçu une monoplace flattant mieux ses qualités. En 2009, à la veille du Grand-Prix de Belgique, Heidfeld totalise 6 points – le double de Kubica – et il a devancé son équipier à 8 reprises sur 11 tentatives en qualifications. « La constance et la capacité à voir le drapeau à damiers sont des facteurs importants. En fait, c’est même un paramètre décisif si vous pilotez une voiture compétitive et que vous êtes un prétendant au titre » avance Heidfeld en espérant attirer l’attention d’un patron d’une écurie phare du moment, « J’aimerais devenir champion du monde un jour et tout ce que je fais y est consacré. » |