|
Fernando Alonso a signé le meilleur temps de la seconde séance d’essais libres du Grand-Prix d’Allemagne. Plus généralement, c’est la Scuderia Ferrari qui tient en respect l’écurie phare du championnat, Red Bull Racing. Mais la recherche de la performance n’a pas toujours été facile dans des conditions légèrement changeantes et les écuries se sont avant tout concentrées sur la recherche d’un bon équilibre dans des conditions de course. Pénalisé par sa sortie de piste de la matinée, Lewis Hamilton n’a pu boucler qu’une dizaine de tours et Jenson Button tâtonne encore. Mercedes GP est plus fringante avec un beau tir groupé de Rosberg et Schumacher aux 5è et 6è places.
Météo : Nuageux, quelques gouttes de pluie
Air : 20-21°C
Piste : 22-25°C
Vent : 0 ?3-2,1 m/s
Humidité : 70-82%
Lorsque les feux de l’allée des stands d’Hockenheim passent au vert, à 14h heure locale, les écuries sont confiantes de ne pas avoir à composer avec la pluie pendant au moins une demi-heure. Les pilotes ne tardent donc pas à s’élancer en pneus slicks sur une piste majoritairement sèche mais recélant encore de nombreuses plaques d’humidité qui sont autant de pièges pour les 23 pilotes de la seconde séance d’essais de la journée. 23 et non 24 car Lewis Hamilton, qui a sérieusement endommagé sa MP4-25 ce matin, prend son mal en patience pendant que son équipe tente de panser les blessures de sa monture à temps pour permettre au leader du championnat d’effectuer quelques tours de reconnaissance à la fois pour vérifier que sa monoplace est bien équilibrée, que le diffuseur soufflé est un bénéfice et pour prendre ses marques sur un tarmac sec.
L’homme fort de la matinée est aussi celui du début de séance. Adrian Sutil tourne en 1:20.911 puis descend sous la barrière des 1:20 (1:19.031). Hélas, l’assèchement de la piste est une mauvaise nouvelle pour le funambule Allemand. Le nivellement des valeurs des F1 par la pluie n’a plus cours après 20 minutes de roulage et le pilote de la modeste Force India voit Alonso (1:18.307) puis Massa (1:18.760), Button (1:18.833) et Schumacher (1:18.791) le repousser au 5è rang de la hiérarchie des premiers runs.
Au sein de Red Bull Racing, Webber et Vettel connaissent des fortunes différentes. Mark teste très tôt la stabilité et l’efficacité de sa RB6 avec beaucoup d’essence à bord (1:20.260) tandis que Sebastian fait enfin rugir son moteur au moment où quelques gouttes de pluie viennent s’écraser sur sa visière. « Reste en piste si tu peux, car ça risque d’être pire après » lui conseille son ingénieur. Sebastian s’exécute mais rentre aux stands après 6 tours et une alerte en déboulant dans le stadium où il met une roue sur une bande blanche et tire tout droit en direction des graviers. Le héros local rebondit brutalement, évite de peu le mur de pneus et rentre aux stands penaud et sans grande information sur le comportement de sa voiture équipée de pneus durs. Il boit le calice jusqu’à la lie en contemplant son équipier, Mark Webber, signer un probant 1:16.585 à mi-séance alors que sa RB6 est confiée aux mécaniciens de Red Bull Racing. L’Allemand est encore plus dépité lorsqu’il constate que le crachin cesse instantanément et que la piste redevient propice aux performances. Le duo de pilotes de la Scuderia Ferrari en profite pour prendre Webber en tenaille (Alonso 1:16.265, Massa 1:16.874). Chaussé de pneus ultra-tendres, Vettel retrouve enfin son rang et revient sur les talons d’Alonso (1:16.294). L’exploitation des gommes les plus tendres de la gamme Bridgestone n’est pas une sinécure pour les pilotes qui 1) Peinent à les faire montée dans la fenêtre de température optimale, 2) Souffrent de graining à l’image de Michael Schumacher.
De fait, les pneus cerclés de vert ne chamboulent pas la feuille des temps en fin de séance. La majeure partie des pilotes se concentrent sur des relais longs avec une certaine quantité d’essence à bord et la hiérarchie évolue peu. Vettel et Webber tournent avec une belle constance dans la fenêtre des 1:20, Alonso et Rosberg en 1:21, Button dans le haut de la fourchette des 1:21. Lewis Hamilton croque quant à lui à belles dents dans les 20 dernières minutes de la session et progresse vite et bien. Mais les 10 tours bouclés par Lewis sont loin d’être suffisants pour lui permettre de passer au crible le comportement des deux spécifications de pneus (il n’a pas testé les ultra-tendres) et de définir les réglages optimums.
Comme bien souvent depuis trois Grand-Prix, les deux Williams intègrent le top 10 dont disparaissent les Force India. Dans la seconde partie du tableau, la surprise vient du regain de forme de Virgin Racing qui domine Lotus. Le tandem Hispania Racing Team (Senna/Yamamoto) est le seul à enregistrer des performances supérieures à 107% du meilleur chrono du jour.
|