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1 Août - 16:25
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Hongrie – Course : Le bon, la brute et le truand

Mark Webber a remporté un succès inattendu sur le Hungaroring qui fait de lui le leader du championnat et le détenteur de deux fois plus de victoires que ses plus sérieux rivaux, Vettel, Hamilton, Button et Alonso. L’Australien était aujourd’hui l’acteur chanceux et opportuniste d’un scénario qui aurait pu s’appeler Le Bon la Brute et le Truand…

 

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Le Grand-Prix de Hongrie a accouché du scénario catastrophe qu'Automoto365 évoquait au soir des qualifications. Une comédie dramatique pour Sebastian vettel, un semblant de thriller pour le GP de Hongrie qui a ainsi échappé au navet et un happy end pour Mark Webber.

 

La tête d'affiche du film Magyar ? Sebastian Vettel et sa doublure, Red Bull Racing. Lorsque l'un ne bredouille pas au moment de jouer son rôle, l'autre prend le relais ! Le tandem n'a converti qu'une seule de ses 7 pole positions en victoire, en Europe. A Bahreïn et Melbourne, le taureau rouge a raté sa sortie des planches (ennui mécanique). En Chine, l’Allemand et l’écurie Autrichienne ont concomitamment glissé sur une scène détrempée. En Grande-Bretagne et en Allemagne, Vettel et Red Bull Racing ont raté leur envol vers les Oscars de la course en oubliant que le mieux est l’ennemi du bien : un embrayage trop agressif – dont Webber s’est soigneusement tenu à l’écart – et Vettel a bégayé son texte. Rajoutez à cela le GP de Turquie, où la star de Red Bull Racing (qui ne partait pas de la pole position) s’est frottée de trop près au second rôle qui sent son ego et son ambition monter en flèche au fur et à mesure que les grand-Prix passent, et vous obtenez ce que Sebastian serait pardonné de considérer comme une gigantesque erreur de casting du championnat du monde 2010.

 

Lui, l’homme qui déclame les répliques plus rapidement que son ombre en qualifications – l’exercice qui par essence souligne la rapidité intrinsèque des pilotes qui affectionnent ce défi à nul autre pareil –, lui qui a la préférence du Producteur du grand film de la F1, Bernie Ecclestone, lui qui est porté par son impresario, Red Bull, lui qui a avalé le plus grand nombre de kilomètres en tête cette année, comment peut-il se faire voler la vedette par Webber, Hamilton et Button au box office des stars ?

 
En Hongrie, le manque de fiabilité chronique est venu de Vettel et de son ingénieur, avec un petit coup de pouce des commissaires de course du Grand-Prix de Hongrie. Le ‘bide’ s’est joué au re-start d’une course que Sebastian avait dominée de la tête et des épaules jusqu’à la neutralisation du 14è tour (un débris du museau de la Force India de Liuzzi avait motivé la mise en action de la voiture de sécurité). L’interruption de l’épreuve a annihilé ses efforts alors qu’il prenait une seconde au tour au tandem Alonso/Webber. L’Espagnol avait comme prévu pris un meilleur départ depuis le côté propre de la piste et déroulait sa feuille de route à la lettre : il temporisait pour préserver ses pneus et attaquer au moment des pit stops en espérant rester devant l’Australien au sortir des stands. Derrière le trio de tête, le petit train s’était mis en place.

 

Webber n’a pas effectué son pit stop par choix de l’écurie qui ne voulait pas mettre ses œufs dans le même panier. L’Australien s’est retrouvé en tête de la course et devait tailler la route pour espérer ressortir de son pit stop en 2è position derrière Vettel. Ce dernier, logiquement concentré sur Alonso tant Webber ne pouvait pas être une menace réelle, a laissé une quinzaine de mètres entre son équipier et lui au sortir du dernier virage avant la reprise du Grand-Prix. Il n’y avait aucune malice ni calcul dans le geste de Vettel qui n’essayait certainement pas de faire un cadeau à son équipier. Le Collège des Commissaires en a décidé autrement et a appliqué la loi à la lettre en ignorant son esprit. La ‘Brute’ était passée par là. Dura lex sed lex ! Aucun concurrent ne doit laisser l’équivalent de plus de 10 longueurs de voiture entre lui et le concurrent qui le précède, stipule la réglementation sportive qui est entrée en vigueur depuis le Grand-Prix de Grande-Bretagne. L’ingénieur de Vettel – auquel il appartient d’être en alerte et au fait de tous les points du règlement – aurait dû prévenir son pilote. Il n’en a rien été.

 

Vettel a écopé d’une pénalité drive through dont il n’avait toujours pas compris les tenants et les aboutissants en montant sur le podium. « Je n’ai rien entendu à la radio après avoir brièvement perdu le contact. Je chauffais mes pneus et j’étais sûr que la voiture de sécurité ferait un autre tour » a expliqué Vettel.

 

Bloqué derrière Alonso après avoir observé sa sanction, l’Allemand n’a jamais pu trouver l’ouverture sur un circuit réfractaire aux dépassements et au volant de F1 qui perdent appuis et adhérence lorsqu’elles reniflent de trop près une collègue. « La nature du tracé nous a aidés car il est clair que sur un circuit normal, il aurait été impossible de conserver la 2è place » avoue Alonso.

 

Le ‘Bon’ du film Hongrois ? Webber. Bon dans le sens sportif du terme. Mark a joué son rôle à la perfection à tout instant de la course, y compris au départ où il n’avait pas les atouts pour lutter contre le côté impair de la piste mais où il n’a pas paniqué. « Nous savions qu’au départ ce serait difficile » consent le vainqueur de son 4è Grand-Prix de l’année. Propre au départ, formidablement sûr pendant son long relais en pneus tendres puis agressif à souhait après son pit stop tardif. Un vrai bon qui prend la tête du championnat et marque des points mathématiques mais aussi psychologiques avant la pause estivale. « Je savais que je roulerai en pneus durs alors que les autres les auraient depuis déjà 20 tours. C’était dans la poche ! Ce fut un cadeau pour nous, mais je n’en ai pas eus énormément. »

 
Le rôle du ‘Truand’ du Grand-Prix de Hongrie revient haut la main à Michael Schumacher. Fidèle à ses pratiques d’antan, le septuple champion du monde a tassé Rubens Barrichello contre le mur des stands en frôlant le point de rupture, puis dans l’herbe. « C’était horrible ! » a hurlé Barrichello à la radio. La Brute du film Hongrois s’est penchée sur le cas du Truand. Son résultat au GP de Belgique (il peut encourir un recul de 10 places sur la grille du prochain GP) sera-t-il pendu haut et court ? Réponse dans les minutes qui viennent.

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