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En offrant à l’écurie Newman/Haas/Lanigan son premier doublé de la saison, Sébastien Bourdais et Graham Rahal ont envoyé un message fort à leurs adversaires : non, la nouvelle mouture du Champ Car (Châssis Panoz DP01) n’a pas rebattu totalement les cartes et l’écurie qui a régné sur la discipline ces dernières années sait s’adapter au mieux aux nouvelles conditions.
L’autre message fort du 3è week-end de course du Champ Car, plus personnel, est celui adressé par Bourdais à Power et au Team Australia. La guerre des mots déclarée à l’issue des qualifications où le Français avait été dépossédé de la pole position à la suite d’une plainte jugée abusive par bon nombre d’observateurs, a connu son épilogue de la plus belle manière qui soit, à savoir sur la piste. Pendant que Sébastien volait vers un 2è succès consécutif, Will enchaînait les approximations et les bévues, pour finir par dégringoler dans le classement à la suite d’un accrochage avec Mario Dominguez.
Le poleman n’aura conservé le leadership que le temps de s’élancer en course. Au premier freinage, Bourdais, côte à côte avec Power, coupait la chicane pour ne pas risquer l’accrochage, et se portait en tête par une pirouette condamnable et rapidement condamnée par les commissaires de course. Sébastien laissait passait son plus proche poursuivant… qui n’était alors plus Power, mais Wilson, particulièrement incisif en début d’épreuve.
Au 14è passage, le triple champion reprenait son bien et se mettait en devoir de creuser l’écart, méthodiquement, en faisant une meilleure exploitation de ses gommes tendres que ses adversaires. Après 30 minutes de course, l’avance de Sébastien s’élevait à 6 secondes sur Wilson et 7 sur Power qui devançait d’un souffle un petit train composé de Servia, Rahal, Jani et Doonrbos.
La sortie de piste de Dalziel provoquait la première neutralisation, qui tombait au bon moment puisque dans la fenêtre des ravitaillements. La hiérarchie n’était pas bouleversée à l’issue du premier ballet dans les stands, hormis la perte de 3 places de Power qui rencontrait un problème avec le coupleur du tuyau de ravitaillement. Mais le premier véritable coup de théâtre intervenait 14 tours plus tard. Le vétéran mais toujours vert Roberto Moreno – remplaçant Alex Figge chez Pacific Coast Motorsport – partait en tête-à-queue et calait. Logiquement, aucun des leaders ne ravitaillait, mais sous régime de drapeaux jaunes certains voyaient rouge. Power harponnait Wilson par derrière, déchirait son museau et la roue arrière du Britannique. Les deux hommes repassaient par les stands et réintégraient le peloton dans les profondeurs du classement à une cinquantaine de secondes de Bourdais, solide leader devant Servia, Rahal, Jani, Doornbos et Pagenaud. Power remettait une couche d’approximation
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Au 87è tour, Oriol Servia ouvrait la salve des seconds pit stops, mais perdait une poignée de secondes dans une opération que Forsythe ne menait pas rondement. L’Espagnol était en effet contraint d’attendre que son équipier, Mario Dominguez, vienne s’immobiliser à son stand pour ravitailler, avant de pouvoir arracher sa Panoz de son emplacement. Rahal n’en demandait pas tant mais saisissait l’aubaine de venir sucer la roue de son leader chez Newman/Haas/Lanigan. Bourdais n’avait cependant pas la piste libre devant lui puisque, outre le safety car, Tristan Gommendy s’était faufiler en tête de la course !
Le pilote de Sartrouville, encouragé par sa tactique de Long Beach, remettait le couvert au Texas : une stratégie décalée basée sur l’économie de carburant lors des neutralisations, et l’impasse du dernier pit stop. Si le pilote PKV avait eu la présence d’esprit de ravitailler dans les derniers kilomètres de course en Californie, son entêtement coupable à Houston l’a laissé sur le carreau, à 300 mètres de l’entrée des stands, en panne sèche ! A 7 tours du but, terminer l’épreuve sans un ‘splash and dash’ (ravitaillement éclair) était utopique et voué à l’échec et Gommendy n’aura finalement fait qu’illusion. Un seul évènement de course aurait pu venir à sa rescousse, que Sébastien redoutait… « J’avais simplement peur qu’il y ait une neutralisation en fin de course lorsque j’étais derrière Tristan ! » avouait le vainqueur du jour et nouveau leader du championnat. « Le week-end a été assez étrange, mais il est très agréable d’être de nouveau au sommet ici. Après une belle fin de semaine à Long Beach, ce doublé avec Graham est le premier depuis longtemps pour l’écurie et il récompense le travail de tous les instants des membres de l’équipe. »
« Sébastien était de toute évidence l’homme à battre ce week-end ; c’était clair depuis la première séance d’essais. Pour moi l’essentiel était de continuer d’apprendre et d’engranger de l’expérience grâce à lui » explique Graham, qui manie aussi bien l’humour que le volant, « Mon père était présent lors de la première course, ça s’était très mal passé. Ici nous sommes enfin à notre place… il serait peut-être mieux qu’il ne vienne plus m’encourager ! »
Meilleur rookie à Houston, Graham ne l’est pas au classement provisoire au championnat. Robert Doornbos trouve une belle récompense à sa constance et à son opiniâtreté, même si le Batave fait jusqu’à présent rarement preuve de génie. Son podium de Houston lui permet néanmoins de donner des couleurs au nouveau défi Minardi Team USA (ex HVM).
Classement de la course :
1. Sébastien Bourdais 1:45:32.136
2. Graham Rahal 1:45:36.955
3. Robert Doornbos 1:45:39.197
4. Oriol Servia 1:45:40.886
5. Simon Pagenaud 1:45:41.590
6. Mario Dominguez 1:45:51.215
7. Bruno Junqueira 1:45:51.917
8. Ryan Dalziel 1:45:52.465
9. Alex Tagliani 1:45:57.199
10. Justin Wilson 1:46:00.676
Positions au championnat :
1 Sébastien Bourdais 74
2 Will Power 69
3 Robert Doornbos (R) 61
4 Alex Tagliani 57
5 Bruno Junqueira 53
6 Oriol Servia 51
7 Graham Rahal (R) 46
8 Justin Wilson 41
9 Tristan Gommendy (R) 39
10 Simon Pagenaud (R) 38
11 Ryan Dalziel (R) 38
12 Mario Dominguez 36
13 Katherine Legge 35
14 Neel Jani (R) 34
15 Paul Tracy 26
16 Alex Figge (R) 21
17 Dan Clarke 19
18 Matt Halliday (R) 18
19 Roberto Moreno 9
(R) : Rookie |